Des saints politiques ?…

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Il est toujours amusant de constater que les pires casseroles d’un candidat de nos républiques ripoubliks « exemplaires » sont mises à jour un à deux mois avant l’échéance fatidique de l’élection programmée.

Les élections municipales de Paris n’ont pas dérogé à la règle… Dessein politique ? Oooooh quel affreux complotiste je fais !

Il est formidable tout de même de constater qu’il n’y a jamais de répit avec les génies qui sont sensés nous diriger et qui semblent s’évertuer à toujours trouver une nouvelle imbécilité à nous proposer tous les deux jours… Il faut croire qu’ils ont une énergie inépuisable pour ne pas décevoir, une imagination débordante, une sorte de puits sans fond de la stupidité et de l’amoralité.

En ce qui concerne le fourbe et hypocrite Benjamin Griveaux, cet idiot ne fait que récolter ce qu’il a semé et paye aujourd’hui, pour beaucoup d’autres, un comportement irresponsable et décadent.

J’ai donc appris la nouvelle au réveil sur FranceInfo (hé oui… ma femme écoute cette radio…), en ce jour de Saint-Valentin 2020, alors qu’Olivia Grégoire, députée LREM de Paris, vice-présidente de la Commission des finances de l’Assemblée nationale, s’est dite sur FranceInfo « vraiment très inquiète«  car, selon elle, « ce qui se passe est grave sur le plan de la démocratie« . Cette porte-parole de la campagne Griveaux à Paris n’est pas inquiète que sa tête de liste pour tenter de devenir le futur édile de la capitale, soit un menteur (comme dans l’affaire de son vote contre la création d’une police municipale à Paris alors qu’il était absent de l’hémicycle lors du vote à main levée ! cf. France Inter du 13 janvier 2020), soit fautif d’adultère, soit exhibitionniste sur l’espace numérique (même
privé) ou soit un habitué de l’absentéisme à l’Assemblée Nationale (ne respectant pas, par
là même, ses engagements et ses électeurs… mais le méritent-ils ?…) !…

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D’ailleurs, Didier Maïsto, le patron de Sud Radio, le pointait du doigt début février sur Twitter :« Payé par les contribuables pour faire le pitre et une campagne électorale. N’a pas mis les pieds à l’Assemblée Nationale depuis des lustres, ni en séance ni en commission. Ne fait : RIEN. 12 000 € mensuels, ça fait cher la grimace » (cf. Gala du 11 février 2020)…

Non, cette gourde d’Olivia Grégoire prend la posture habituelle de toutes les vermines républicaines qui veulent protéger leur intérêts financiers et/ou leurs avantages divers et variés, en jouant la carte du « danger pour la démocratie », de l’inquiétude pour le régime ripoublikain obligatoire. L’autiste Villani a réagi de la même manière : « Je prends acte de sa décision difficile. L’attaque indigne qu’il subit est une menace grave pour notre démocratie« . Mais quel cinéma ! Quelle outrance ! Cette andouille de Grégoire de rajouter : « Il nous a parlé en capitaine. En capitaine, il a décidé de laisser le navire avancer par gros temps« …. ne sait-elle pas qu’un capitaine digne de ce nom ne quitte jamais le navire ?!!…

Bon… recentrons-nous sur le crétin Griveaux qui a été démasqué par le site Pornopolitique, créé par Piotr Pavlenski. Cet inconditionnel de performances stupides, cet histrion qui s’est réfugié en France en obtenant l’asile politique le 4 mai 2017, a eu finalement une initiative enfin intéressante : montrer au grand jour l’hypocrisie des politiciens, mettre à jour les paradoxes d’un défenseur de la famille qui s’avère être un coureur de jupon, adepte de l’adultère et de l’exhibition.

Faut-il ne rien avoir dans le ciboulot pour se filmer en train de se masturber (deux

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1ère capture d’écran floutée : paluchage matinal; 2nd floutage : autre paluchage  cette fois-ci dans sa salle de bain (images tirées du site Pornopolitique qui n’existe déjà plus !!!… comme c’est bizarre…)

vidéos, une pour le matin alors qu’il est dans son lit conjugal (sic) et une dans une salle d’eau où il se manipule la chose en faisant un gros plan sur elle en allant jusqu’à ses deux ballotins plutôt asséchés…) et envoyer le tout par sms à une damoiselle, en échangeant au passage quelques mots sans équivoque, plantant ainsi un sacré coup de canif dans le contrat moral le liant par son mariage à Julia Minkowski (avocate ayant défendu Thomas Thévenoud et sa « phobie administrative »… c’est dire, ayant planché sur une partie du programme justice d’Emmanuel Macron au sein du groupe En Marche et, accessoirement, petite fille du professeur de médecine Alexandre Minkowski… je ne veux aucun commentaire nauséabond sur ses ascendances familiales, sur le lobby qui n’existe pas, car nous savons tous qu’ils ne sont d’aucun milieux influents !…).

En même temps, les hormones sont d’une influence évidente chez certains !… Il faut dire qu’il a été à bonne école… comme son copain Stanislas Guerini…

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Sur FranceInfo, après Olivia Grégoire, j’ai aussi entendu Sébastien Chenu (RN) nous expliquer : « On ne cherche pas à élire un saint, on cherche à élire un maire de Paris. Que Benjamin Griveaux ait la vie privée qu’il veut, tout cela ne me regarde pas. Je n’ai aucun jugement moral sur Benjamin Griveaux, je combats un homme politique« … Sérieusement, comment peut-on sortir une telle absurdité ? avec un tel aplomb ?… Il est évidemment plus que nécessaire d’avoir un jugement moral sur nos élus, qu’il parait évident que le maire que je vais élire sera à l’image de l’homme de la sphère privée ! Mais peut-être ne faut-il pas trop fouiller dans la vie privée de l’inverti Chenu…

Guerini qui ose dire qu’amener des preuves et démasquer une pourriture républicaine, consiste en une démarche n’étant pas digne de la démocratie !!!… Mais croit-il sincèrement qu’ils sont dignes, lui et tous ses petits camarades parasites de la société occidentale depuis 230 ans ??!!!… Comme disait l’autre, « Les cons ça ose tout, c’est même à ça qu’on les r’connaît » !

Un autre parlementaire, Bruno Questel, a réagi (cf. « La majorité fait bloc autour de Benjamin Griveaux après son renoncement aux municipales » FranceInfo du 14 février 2020) : « Les vidéos, quelles qu’en soient la nature, la véracité, ont un caractère intime. Cela ne regarde personne. On a voulu jeter son honneur en pâture sur les réseaux sociaux« . Oui, des vidéos d’un couple (même si cette pratique semble bizarre, tordue !) relèvent de l’intime mais pas celles contrevenant à la congruence des valeurs défendues par un élu qui se doit d’être exemplaire. Dans ce cas là, les citoyens doivent savoir à quel type de personnage ils ont donné (ou ils vont donner) leur confiance, leurs espoirs. Surtout, comme dans le cas présent, si ce méprisable individu publique s’est déshonoré en se laissant aller à tant de bassesse, à tant de manque de maîtrise de ses pulsions; lui qui n’était pas du tout dérangé de déballer sa vie privée lorsque cela servait son image, ses intérêts d’un point de vue politique (cf. Paris Match du 25 mai 2019 avec sa femme enceinte et une image instagram du doudou de sa fille) . Ce félon qui osait proclamer le 13 janvier 2020 sur France Inter« Ce n’est pas sérieux, c’est de la com’ et moi j’en ai assez d’avoir une maire qui fait de la communication »… lui qui n’a fait que cela depuis qu’il est en campagne pour les municipales 2020 !… Formidable de culot !

De plus, dans le numéro de Paris Match sus-cité, Julia Minkowski déclarait à propos des critiques sur l’arrogance de son mari : «C’est tellement loin de ce qu’il est vraiment. Son tort, c’est peut-être de dire les choses franchement dans un monde politique où il y a beaucoup d’hypocrisie»… À l’aune des faits d’hier, cette phrase prend une saveur particulière et la plaidoirie de la donzelle devient plus que précaire !

Pour en revenir à l’illustre inconnu Bruno Questel, ce dernier s’est emporté sur le plateau de LCP, en ce 14 février 2020, en s’exclamant dans un langage bien grossier (« salopard », « connerie »), digne d’un représentant politique : « Déjà qu’on foute se mec dehors ! […] S’il y a une 1ère chose à faire c’est de le mettre dans un avion direction la Russie […] !« .

« Un comportement adapté dans une société éclairée« … (sic)… Nous sommes là à mille lieux de ce qu’à pu perpétrer le Griveaux lorsqu’il se filme en se branlant et en envoyant cela à une maîtresse, tout en faisant en façade la promotion de la famille, de la franchise. Et concernant le retour en charter, aurait-il la même proposition pour tous les délinquants maghrébins bi-nationaux ou tous les migrants en délicatesse avec la justice française ??!!!… Quel bouffon ! Un beau spécimen illustrant à merveille la schizophrénie des bien-pensants progressistes !

Et comme l’écrit justement un certain Agasias sur twitter ce 14 février 2020, en réponse à cet extrait vidéo :

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Pour résumer, nous aurions pu nous attendre dans un moment de faiblesse, de naïveté, à un sursaut général, de ses colistiers, de ses adversaires voire de l’ensemble des républicains, pour dénoncer les manipulations multiples, les mensonges et fourberies de Benjamin Griveaux … Mais non ! Voyons… Ils ont tous pris parti pour l’apostat Griveaux dans un même élan corporatiste (cf. « La classe politique s’indigne de la diffusion des vidéos attribuées à Benjamin Griveaux« , FranceInfo du 14 février 2020) car ils savent toutes et tous qu’ils ont moultes casseroles au derrière, qu’ils trempent tous dans des histoires plus ou moins glauques avec des vies plus ou moins dissolues et qu’il ne faudrait surtout pas être la cible d’un grand nettoyage qui empêcherait de profiter de la poule aux oeufs d’or !

Pour ma part, je reste convaincu que l’on est dans la vie privée comme l’on est dans sa vie professionnelle ou dans sa vie associative. Si l’on est un tordu pervers avec les siens, si l’on est indigne de la confiance de ses proches alors on aura les mêmes comportements, les mêmes habitudes en-dehors de notre vie privée, les répercutant ainsi dans le milieu professionnel ou politique !

L’ordre moral n’est pas qu’une horrible contrainte comme le dénonce les gauchistes et autres dégénérés, il est un fil conducteur dans nos vies, il nous transcende pour être meilleur encore en évitant d’être malsain avec les autres, de les impacter dans leur vie sociale, affective. La droiture, l’honneur, la fidélité, la moralité sont quelques-unes des valeurs fondamentales que nous devons promouvoir et défendre coûte que coûte, d’autant plus si l’on est un responsable politique, si l’on est un dirigeant qui devant être exemplaire pour sa communauté, son peuple.

Oui, il faut absolument des saints en politique ! Tous ces ratés de la Ripoublik du Frankistan sont un conglomérat d’opportunistes inutiles et décadents, tendance démoniaque.

Oui, je crois en la vertu, cette force morale de l’orthodoxie, cette valeur essentielle qui fut l’objet de ma première citation du blog en décembre 2012, citation de Sénèque.

Cette vertu, celle « des petits peuples » (en opposition au grands ensembles tels que les mégapoles ou l’UE), du « petit nombre » (en opposition à la masse endoctrinée et aveuglée) comme l’écrivait André Gide, est un Saint-Graal, le sacro-saint objectif de tout homme voulant une vie heureuse… Il faut croire que « le monde sera sauvé par quelques-uns » !

Le peuple et les masses

« Qu’est-ce qui caractérise notre époque par rapport aux précédentes ? L’excès de natalité. Les masses pèsent lourdement sur la terre depuis soixante-dix ans. Leur poids écrase la civilisation.

On peut faire toutes sortes de choses pour le peuple : le nourrir, l’instruire, lui donner du travail, lui enseigner le civisme, lui inculquer l’horreur de l’ivrognerie, accoutumer son oeil aux oeuvres d’art et son coeur aux sentiments généreux.

Pour les masses, on ne peut faire que deux choses : les loger ou les tuer.

De là la transformation singulière de deux activités humaines : la guerre et l’architecture. Les guerres du passé étaient des parties d’échecs, assez meurtrières quelquefois, mais jouées par des artistes. C’était le général le plus intelligent ou le plus hardi qui gagnait. À présent, ce sont d’énormes hécatombes. les vainqueurs ne sont plus des joueurs plus ou moins habiles. ce sont les pions eux-mêmes. Une masse en écrabouille une autre.

[…] Autre aspect de la guerre : elle est devenue morale, c’est-à dire sans pitié. Les rois se battaient pour gagner des provinces. Les masses refuseraient de se battre pour des buts aussi pratiques. Alors on se mobilise pour les idées. Quand la guerre est finie, le parti vainqueur décrète qu’il est le parti du Bien et que le parti vaincu est celui du Mal. Les idées ne composent pas. Une idée victorieuse anéantit ou réduit au désespoir l’idée vaincue. Les masses aiment cette justice en noir et blanc.

[…] En effet, ce n’est pas les crimes de guerre que l’on a sanctionné à Nuremberg – les crimes de guerre existent depuis le commencement de l’humanité, et ils restent traditonnellement impunis – c’est le crime de pensée. Celui qui s’est servi de l’idéologie périt par l’idéologie. ».

Jean DutourdLes ravages de la morale (revue La Nouvelle École, n°29, Éd. Copernic, p. 31) – juin 1976

Écrits prémonitoires ?…

« Parce que la Démocratie – je m’égosille à l’annoncer ! – est morte. Bouchez-vous les oreilles,fermez les yeux, refusez de voir et d’entendre, mais elle est morte.

Idéologiquement, elle est hors-jeu.

Mythiquement, elle est ridicule.

Politiquement, elle liquide les affaires courantes.

Elle n’était possible, en vérité, que lorsqu’elle n’existait pas. Lorsqu’elle n’était que le miroir qu’une société se tendait à elle-même. Le fils obéissait au père et la femme eu mari et le disciple au professeur et le peuple à Dieu, et etc.

Sur ce socle briqueté par des « féodalismes » (par des hiérarchies, des fascismes et tout ce que vous voudrez…) la Démocratie pouvait croire en son être, mais elle n’était pas.

Du jour où elle prétend cesser d’être formelle et manifeste sa volonté de s’insérer dans la pratique des rapports sociaux et humains, elle se désagrège.

On s’apercevra demain que la Démocratie au collège – que l’égalitarisme intersexes – est une colossale et fatale plaisanterie.

Sans doute y a-t-il encore des seuils et l’égalitarisme doit-il descendre encore quelques degrés avant que, dans la cave, ses utopies explosent.

Mais cela, en vérité, je le proclame, arrivera. »

Jean CauLes écuries de l’Occident, Traité de morale (Éd. La Table Ronde, Paris, p. 74 et 75) – 1973

L’aristocratie, source de civilisation

« On peut dire que jusqu’aux approches de la Révolution française, la littérature en exercice est, en gros, une littérature de consentement.

À partir du moment où la société bourgeoise, issue de la révolution, est stabilisée, se développe au contraire une littérature de révolte.

Les valeurs officielles sont alors niées, chez nous pas exemple, soit par les porteurs de valeurs révolutionnaires, des romantiques à Rimbaud, soit par les mainteneurs de valeurs aristocratiques, dont Vigny et Balzac sont de bons exemples.

Dans les deux cas, peuple et aristocratie, qui sont les deux sources de toute civilisation, s’inscrivent contre la société factice de leurs temps. »

Albert CamusDiscours de Suède (Éd. Gallimard, coll. nrf, Paris, p. 38) – 1958

La République, un système bien ficelé…

« Les gouvernements sont fort habiles. Ils agissent avec méthode, avec suite, sur un plan bien combiné et constamment perfectionné par la tradition et l’expérience. Ils étudient les hommes et leurs passions. S’ils reconnaissent, par exemple, qu’ils ont l’instinct de la guerre, ils attisent, ils excitent ce funeste penchant. Ils environnent la nation de dangers par l’action de la diplomatie, et tout naturellement ensuite, ils lui demandent des soldats, des marins, des arsenaux, des fortifications : souvent même ils n’ont que la peine de les laisser offrir ; alors ils ont des grades, des pensions et des places à distribuer. Pour cela, il faut beaucoup d’argent ; les impôts et les emprunts sont là.

Si la nation est généreuse, ils s’offrent à guérir tous les maux de l’humanité. Ils relèveront, disent-ils, le commerce, feront prospérer l’agriculture, développeront les fabriques, encourageront les lettres et les arts, extirperont la misère, etc., etc. Il ne s’agit que de créer des fonctions et payer des fonctionnaires.

En un mot, la tactique consiste à présenter comme services effectifs ce qui n’est qu’entraves ; alors la nation paie non pour être servie, mais desservie. Les gouvernements, prenant des proportions gigantesques, finissent par absorber la moitié de tous les revenus. Et le peuple s’étonne de travailler autant, d’entendre annoncer des inventions merveilleuses qui doivent multiplier à l’infini les produits et… d’être toujours Gros-Jean comme devant.

C’est que, pendant que le gouvernement déploie tant d’habileté, le peuple n’en montre guère. Ainsi, appelé à choisir ses chargés de pouvoirs, ceux qui doivent déterminer la sphère et la rémunération de l’action gouvernementale, qui choisit-il ? Les agents du gouvernement. Il charge le pouvoir exécutif de fixer lui-même la limite de son activité et de ses exigences. Il fait comme le Bourgeois gentilhomme, qui, pour le choix et le nombre de ses habits, s’en remet… à son tailleur. »

Frédéric BastiatSophismes économiques (Éd. Guillaumin & Cie, tome IV) – 1848 [1873]

Le premier bien public

Maurras citant un écrit de l’anglais Charles Morgan dans le Times Littéraire…

« […] dès que les directeurs de la politique étrangère ne font plus ce qu’ils doivent, dans un pays donné, ses portes s’ouvrent, son rempart s’ébranle et l’invasion y passe : l’envahisseur supplante les premiers habitants, les met à la porte de leurs immeubles, déménage leurs biens immobiliers, dignes fruits des travaux et des salaires que rien n’a plus défendu.

Toutes les conditions de la vie en sont bouleversées, recouvertes et emportées.

La politique étrangère avec tous ses effets de mise en défense militaire est donc ce qui s’oppose essentiellement au pire des maux.

C’est d’elle que dépend le premier bien public : n’être pas envahi.

Le premier intérêt commun à toute nation est de ne pas subir ce qui la déferait; entre les intérêts nationaux, c’est le premier dans l’ordre du temps comme dans celui des valeurs.

Cette vérité générale s’applique inégalement : elle vise les Français beaucoup plus que tout autre peuple. »

Charles MaurrasVotre bel Ajourd’hui (Éd.La Librairie Arthème Fayard, Paris, p. 223) – 1953

Expansion mondiale du moche

« D’où vient le mauvais goût ? Pourquoi y a–t-il du lino plutôt que rien ? Comment le kitch  s’est-il emparé du monde ?

La ruée des peuples vers le laid fut le principal phénomène de la mondialisation.

Pour s’en convaincre, il suffit de circuler dans une ville chinoise, d’observer les nouveaux codes de décoration de La Poste française ou la tenue des touristes.

Le mauvais gout est le dénominateur commun de l’humanité. »

Sylvain TessonDans les forêts de Sibérie (Éd. Gallimard, nrf, p.30) – 2011

Le petit garçon d’Haarlem

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Le petit garçon hollandais, dessin inspiré de cette histoire…

« Hans Brinker était un petit garçon des belles étendues de Hollande, habitant dans la commune de Spaarndam. Amoureux de ce « pays » que l’on a qualifié de « bas » en raison de son souci constant du niveau des eaux, il vivait comme beaucoup de ses camarades et compatriotes proche d’une digue. Et c’est naturellement qu’il empruntait chaque soir le chemin qui la longeait afin de rentrer chez lui. Rien de bien particulier ne s’y passait. Pourtant un soir, alors qu’il revenait à la maison à vélo, fredonnant un air avec insouciance, un bruit inattendu attira son attention. De quoi pouvait-il bien s’agir ? Hans jeta un œil en bas de la digue et un frisson le gagna. Une toute petite brèche laissait passer un filet d’eau. Ô quiconque ne connaît pas la puissance de l’eau, et sa capacité à renverser tous les obstacles placés sur sa route, n’y aurait sans doute pas prêté attention. Mais Hans, comme tout un chacun ici, était un vrai connaisseur des dégâts qu’elle peut occasionner et il se précipita donc au bas de la digue. Que faire ? Personne aux environs… Aucune possibilité de colmater cette petite brèche. Il n’hésita pas plus longtemps et glissa son doigt dans l’interstice d’où s’échappait l’eau. Le « bouchon » fonctionna à merveille. Jusqu’à quand ? Il était soudain prisonnier de la digue mais il savait que c’était son devoir de se comporter ainsi. Alors Hans patienta, et nul ne vint davantage durant l’heure qui s’écoula qui lui parut désespérément longue. Son doigt était enflé à présent, et une douleur communiquée à travers le bras gagnait tout son corps. Le regard perdu au loin à la recherche d’une aide providentielle, Hans savait que la nuit bientôt viendrait. Ce qu’elle fit, inéluctablement. Et de longues et interminables heures, à moins que ce ne soit des siècles, se succédèrent. Au petit matin, le premier passant, un pasteur dit-on le retrouva, transi de douleur, grelottant de froid. Hans avait sauvé le village. Et il devint naturellement un héros. Si vous passez par Haarlem, ne manquez pas de faire un détour par sa statue qui se dresse sur l’une des écluses entrecoupant la digue de Spaarndam. »

Mary Mapes DodgeLes Patins d’Argent – 1865

Certains se donnent corps et âmes pour sauver une digue dont la destruction entraînerait un drame pour leur peuple, d’autres facilitent cet effondrement.

Droits débilitants

« La conception originelle, fondatrice, de l’État moderne liait étroitement la considération des droits individuels et celle du pouvoir, ou de la puissance publique.

Aujourd’hui, les droits ont envahi tout le champ de la réflexion et pour ainsi dire de la conscience. Ils ont rompu leur alliance avec la puissance, dont ils sont même devenus les ennemis implacables.

De l’alliance entre droit et pouvoir, nous sommes passés à la réclamation d’un pouvoir du droit dont le « pouvoir des juges »ne serait en somme que la manifestation empirique ou « phénoménale ».

Cette élévation du droit aux dépens du pouvoir – ici, du pouvoir politique légitime – constitue assurément un facteur de plus en plus déterminant et débilitant de la vie politique des nations européennes. »

Pierre ManentLa raison des nations, Réflexions sur la démocratie en Europe (Éd. L’Esprit de la Cité, Gallimard, p.27 et 28) – 2006