La folie du progrès

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« Un homme sensé, même s’il a un peu chaud, n’ouvre pas l’outre d’Éole pour se procurer un léger zéphyr.

Le premier bienfait d’une société policée est dans la stabilité qu’elle assure à tous, de sorte qu’il n’est pas un de ses membres, même parmi les moins défavorisés, qui dans le présent, ne se trouve le maître d’un peu d’avenir.

Cette stabilité s’oppose à la folie du progrès, puisqu’elle substitue la jouissance d’un bien réel à la poursuite d’un bien imaginaire, mais loin d’être contraire aux améliorations véritables, elle seule les permet. »

Abel BonnardLe drame du présent, Les Modérés (Éd. Bernard Grasset, Paris, 25e édition,  p. 24) – 1936

L’aristocratie, source de civilisation

« On peut dire que jusqu’aux approches de la Révolution française, la littérature en exercice est, en gros, une littérature de consentement.

À partir du moment où la société bourgeoise, issue de la révolution, est stabilisée, se développe au contraire une littérature de révolte.

Les valeurs officielles sont alors niées, chez nous pas exemple, soit par les porteurs de valeurs révolutionnaires, des romantiques à Rimbaud, soit par les mainteneurs de valeurs aristocratiques, dont Vigny et Balzac sont de bons exemples.

Dans les deux cas, peuple et aristocratie, qui sont les deux sources de toute civilisation, s’inscrivent contre la société factice de leurs temps. »

Albert CamusDiscours de Suède (Éd. Gallimard, coll. nrf, Paris, p. 38) – 1958

L’effronté

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Il faut le lire pour le croire ou alors être un proche du « président » normal, un habitué du cerveau foutraque de Flamby 1er; mais la dernière sortie fracassante de ce qui nous sert de locataire élyséen montre bien qu’il est sans vergogne, sans amour propre.

Le Figaro du 1er mars 2017 nous signale que Toutmou a déclaré dans un communiqué de l’Elysée : « En tant que garant de l’indépendance de l’autorité judiciaire, je tiens à m’élever solennellement contre toute mise en cause des magistrats dans les enquêtes et les instructions qu’ils mènent dans le respect de l’Etat de droit », a déclaré le chef de l’Etat dans un communiqué de l’Elysée. » et de rajouter, au cas où nous serions passés à côté de son hallucinant culot, que : « une candidature à l’élection présidentielle n’autorise pas à jeter la suspicion sur le travail des policiers et des juges, à créer un climat de défiance incompatible avec l’esprit de responsabilité et, pire encore, à lancer des accusations extrêmement graves contre la justice et plus largement nos institutions ».

Il fallait bien déclarer une bricole pour tenter de prouver que l’on est un poil concerné par ce qui se passe en France, pour timidement montrer que l’on est toujours là et, si possible, savonner un peu plus la jolie planche très glissante que Fillon s’est lui-même fabriquée. Encore une autre tête de vainqueur ce Fillon….

Mais alors là… constater un tel mépris des français (qui le mérite sûrement…) et un tel mépris de sa propre parole !

Et dire que cet olibrius socialiste ne s’était pas gêné il y a quatre mois pour fustiger 418kdkvldwl-_sx322_bo1204203200_ces mêmes magistrats et pour accuser la magistrature d’être «une institution de lâcheté (…). C’est quand même ça, tous ces procureurs, tous ces hauts magistrats, on se planque, on joue les vertueux… On n’aime pas le politique» (cf.  le livre « Un président ne devrait pas dire ça » de Gérard Davet et Fabrice Lhomme).

Cette déclaration, bien évidemment sortie de son contexte, avait tout de même fait grand bruit. Pour le coup, il n’avait pas vraiment tort mais ce que je trouvais, et que je trouve encore aujourd’hui, insupportable, c’est que ce « moins que rien », loin d’être exemplaire en terme de gestion de la France, de représentativité de la fonction, en terme de bonne éducation envers les femmes et de gestion de sa vie d’homme (pas foutu de rester avec la mère de ses enfants puis agissant comme un goujat avec ses autres compagnes),… vienne faire la leçon aux gens.

Ce charlot des plus cyniques ne manque pas de toupet !

Face à une attitude aussi détestable, Bertrand Louvel, premier président de la Cour de cassation, s’indignait dans Le Figaro du 13 octobre 2016 (cf. article de Paule Gonzales, intitulé « Traités de «lâches» par Hollande, les magistrats se disent «humiliés» ») que «ces outrances renouvelées à l’encontre du corps judiciaire (…) posent un problème institutionnel», a-t-il déclaré. «Il n’est pas concevable que la charge de président de la République (…) puisse être utilisée par son titulaire pour contribuer à diffuser parmi les Français une vision aussi dégradante de leur justice.».

En même temps, au cours de son mandat, il n’a fait que nuire à la fonction présidentielle et à la France donc un peu plus ou un peu moins…

De plus, à l’époque de cette polémique, Toutmou ne s’était pas gêné pour bien montrer qu’il se moquait royalement de l’esprit de responsabilité et de jeter la suspicion sur le travail des juges comme l’attesta le témoignage de Jean-Claude Marin, le procureur général de la Cour de cassation : «Notre entretien d’hier avec le président de la République n’a pas atténué le sentiment que la magistrature en général et les magistrats en particulier ont ressenti face à une nouvelle humiliation. (…)» Derrière ces mots, l’idée brûlante que le président de la République n’a visiblement pas jugé bon, lors de cette rencontre de 20 minutes mercredi soir à l’Élysée, de trouver aucune excuse ou rétractation à ses propos, confirmant ainsi sa pensée profonde sur l’institution judiciaire. ».

Franchement, ce Hollande est tout de même remarquable pour dire tout et n’importe quoi, une sommité dans le genre !

Ce baltringue d’envergure internationale est finalement un sacré effronté !

Bonne nouvelle, il est définitivement hors-jeu !!

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Force à la loi pour détruire notre monde

« Notre temps se protège à merveille du danger qu’il y aurait pour lui à voir arpenter par quelques esprits nourris de cette forme suprême de sens critique qu’est le don de pitrerie, ce territoire du concret qu’il pense avoir définitivement enseveli sous le catéchisme du Bien.

Ce Bien lui-même, tandis qu’il opère ses ravages (le plus souvent sous les auspices d' »avancées législatives » plus délectables les unes que les autres), doit passer pour allant de soi.

Nul ne doit être à même de se demander qui sont ceux et celles qui oeuvrent sans se lasser à produire de telles merveilles; et nul ne doit non plus se demander d’où leur vient qu’ils ne se lassent jamais de telles entreprises.

Toute la démolition de ce qui reste du monde glisse ainsi, jour après jour, comme une lettre à la poste; et de considérables métamorphoses échappent de cette manière au libre examen.

Mais ce sont d’abord les agents de ces métamorphoses qui sont préservés de tomber sous la « juridiction de la comédie » dont parlait Balzac et qui est la meilleure définition de toute entreprise littéraire digne de ce nom. »

Philippe MurayExorcismes spirituels III (Éd. Les Belles Lettres,essais, Paris, p.217- – 2002

Principe révolutionnaire

« Quand un homme désire avoir de l’argent et qu’il est courageux , actif et entreprenant, il travaille de toute sa force.

Quand il est avide et paresseux, il se déclare révolutionnaire. Il veut changer le sort de l’humanité, parce qu’il n’est pas capable de changer le sien. »

Abel Bonnard L’Argent ( Éd. Librairie Hachette, p.49) – 1928

Décomposition occidentale

« […] nous ne vivons pas aujourd’hui une krisis au vrai sens du terme, à savoir un moment de décision.

[…] Nous vivons une phase de décomposition.

Dans une crise il y a les éléments opposés qui se combattent- alors que ce qui caractérise précisément la société contemporaine est la disparition du conflit social et politique.

Les gens découvrent maintenant […] que l’opposition droite/gauche n’a plus aucun sens : les partis politiques officiels disent la même chose, Balladur fait aujourd’hui ce que Bérégovoy faisait hier.

[…] la décomposition se voit surtout dans la disparition des significations, l’évanescence presque complète des valeurs. Et celle-ci est, à terme, menaçante pour la survie du système lui-même.

Lorsque, comme c’est le cas dans toutes les sociétés occidentales, on proclame ouvertement (et ce sont les socialistes en France à qui revient la gloire de l’avoir fait comme la droite n’avait  pas osé le faire) que la seule valeur est l’argent, le profit, que l’idéal sublime de la vie sociale est l’enrichissez-vous, peut-on concevoir qu’une société peut continuer à fonctionner et à se reproduire sur cette unique base ? »

Cornelius CastoriadisLa montée de l’insignifiance (Éd. du Seuil, coll. Points Essais, p.106 et 107) – 1996