Questions quodlibétiques (Partie 9)

Les opinions des philosophes

XIII

Ex nihilo nihil fit, ou : contre l’hédonisme de tout temps

 w-champaigne

Prolégomènes :

Si comme le disait le vieux Parménide, « l’être est, le non-être n’est pas », il semble que nous pourrions en conclure qu’à proprement parler, le nihilisme est impossible, au moins parce qu’il ne peut pas ne pas nous apparaître que le non-être ne peut pas être, ou parce que l’être est nécessairement. L’être est est l’évidence première, le fond de tous nos jugements, quelque soit la doctrine que nous nous forgeons, (et c’est pourquoi nous ne pouvons forger de doctrine qui ne soit en quelque manière une doctrine sur l’être, en définitive). Nous pouvons, certes, ignorerl’être, c’est-à-dire l’ignorer délibérément, pour des raisons variables et de rationalité variable, et établir des doctrines telles qu’elles se construisent sur une telle ignorance. Ce-faisant, d’ailleurs, nous faisons beaucoup…

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France, ma patrie (2)

« Discours à ses officiers », extrait de la préface.

« Notre Patrie à nous, c’est nos villages, nos autels, nos tombeaux, tout ce que nos pères ont aimé avant nous. Notre Patrie, c’est notre Foi, notre Terre, notre Roi.

Mais leur Patrie à eux, qu’est-ce que c’est ? Vous le comprenez, vous ? Ils veulent détruire les coutumes, l’ordre, la tradition. Alors, qu’est-ce que cette Patrie narguante du passé, sans fidélité, sans amour ? Cette Patrie de billebaude et d’irréligion ?

Pour eux, la Patrie semble n’être qu’une idée, pour nous, elle est une terre. Ils l’ont dans le cerveau ; nous, nous l’avons sous les pieds, c’est plus solide !

Et il est vieux comme le diab’ leur monde qu’ils disent nouveau et qu’ils veulent fonder dans l’absence de Dieu… On nous dit que nous sommes les suppôts des vieilles superstitions… Faut rire ! Mais en face de ces démons qui renaissent de siècle en siècle, sommes une jeunesse, Messieurs ! Sommes la jeunesse de Dieu. La jeunesse de fidélité !

Et cette jeunesse veut préserver pour elle et pour ces fils, la créance humaine, la liberté de l’homme intérieur. »

Michel de Saint-PierreMonsieur de Charette, Chevalier du Roi (Éd. Table Ronde, Paris, p. 13) – 1977

(merci à Emmanuel, livre commandé)

Le premier bien public

Maurras citant un écrit de l’anglais Charles Morgan dans le Times Littéraire…

« […] dès que les directeurs de la politique étrangère ne font plus ce qu’ils doivent, dans un pays donné, ses portes s’ouvrent, son rempart s’ébranle et l’invasion y passe : l’envahisseur supplante les premiers habitants, les met à la porte de leurs immeubles, déménage leurs biens immobiliers, dignes fruits des travaux et des salaires que rien n’a plus défendu.

Toutes les conditions de la vie en sont bouleversées, recouvertes et emportées.

La politique étrangère avec tous ses effets de mise en défense militaire est donc ce qui s’oppose essentiellement au pire des maux.

C’est d’elle que dépend le premier bien public : n’être pas envahi.

Le premier intérêt commun à toute nation est de ne pas subir ce qui la déferait; entre les intérêts nationaux, c’est le premier dans l’ordre du temps comme dans celui des valeurs.

Cette vérité générale s’applique inégalement : elle vise les Français beaucoup plus que tout autre peuple. »

Charles MaurrasVotre bel Ajourd’hui (Éd.La Librairie Arthème Fayard, Paris, p. 223) – 1953

Le retour d’ascenseur

J’ai découvert cela sur le très bon blog d’Olivier Demeulenaere et comme j’avais quelques histoires encore fraîches en tête, je me suis dit qu’à rebloguer son billet, j’allais m’être DdeC à contribution.

Copinage : Quand François Hollande reloge Jack Lang dans un hôtel somptueux — Olivier Demeulenaere – Regards sur l’économie

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“Le “Canard enchaîné” a révélé mercredi que l’ancien ministre de la Culture avait reçu de la part du président de nouveaux bureaux dans un palais de la République. L’ancien ministre de la Culture est décidément bien choyé par le pouvoir en place. Nommé en 2013 à la tête de l’Institut du monde arabe (avec un salaire de 10 000 euros par mois), […]
via Copinage : Quand François Hollande reloge Jack Lang dans un hôtel somptueux — Olivier Demeulenaere – Regards sur l’économie

On ne sait plus si l’ascenseur remonte ou s’il descend tant les aller-retours dans ce milieu endommagent plus vite que prévu les câbles qui parfois leur pètent en pleine gueule… et là, on se délecte !

On se souvient des polémiques estivales à propos de logements sociaux octroyés gracieusement à des copains/copines républicain(e)s attachés aux valeurs de la corruption-que-reproche-t-on-au-prefet-alain-garderegueuse (et surtout aux valeurs fiduciaires…) comme la raclure de préfet Alain Gardère à qui « il est reproché à ce haut fonctionnaire proche de la Sarkozie de bénéficier d’un logement social à Puteaux, qui lui a été attribué sans qu’il en ait légalement le droit. Il est haut fonctionnaire, multipropriétaire, déclare plus de 190 000 euros revenus annuels… Et profite d’un logement social. Le préfet de police Alain Gardère est rattrapé par une nouvelle polémique. Il habite dans un HLM à Puteaux qui lui a été attribué dans des conditions douteuses. » révèle L’Express du 9 juillet 2016 (cf. article « Logé en HLM à Puteaux, le préfet Alain Gardère au coeur d’une nouvelle polémique ») ou cette crevure du clan socialope comme Michèle Sabban pointée du doigt par Marianne le 18 juin 2014 dans un 983596-1165896article de Pascale Tournier : « La vice-présidente socialiste de la région Ile-de-France occupe, depuis dix ans, un logement social d’une surface de près de 70 m2 dans le XIIIe arrondissement de Paris contre un loyer mensuel de 1 218 euros. Le comble : c’est elle qui, aujourd’hui, transmet les dossiers des demandeurs de logements sociaux aux bailleurs franciliens car la Région possède un droit réservataire sur quelque 9 700 HLM… ». Elle a depuis quitté son modeste logement… comme nous l’explique L’Express du 25 juin 2014 (cf. article « Paris: la PS Michèle Sabban renonce à son logement social ») : « Adieu l' »atelier d’artiste cosy », tel que le décrivait Libération. Michèle Sabban, vice-présidente PS de la région Ile-de-France, a finalement renoncé au logement social dont elle bénéficiait, a-t-elle annoncé mardi soir au Parisien. L’affaire avait été révélée par Marianne la semaine dernière: son logement social de 70m2, situé dans le XIIIe arrondissement de Paris près de la Bibliothèque François Mitterrand, correspondait à un loyer mensuel de 1218 euros depuis dix ans. »

La bande des délinquants en cols blancs (ou décolletés blancs, comme vous voulez…) voit son effectif provenant de la Sarkozie comme de la Hollandie.

Ce qui est rageant, c’est que les révélations de tels abus n’entraînent ni des changements dans les habitudes des pourritures de la politique, ni des modifications dans le fonctionnement des institutions.

En effet, l’article sur le préfet Gardère nous précise aussi que « Ce n’est pas le premier démêlé pour ce préfet proche de Nicolas Sarkozy, également ancien directeur de cabinet adjoint de Claude Guéant au ministère de l’Intérieur. L’histoire d’Alain Gardère est déjà entachée par une mise en examen pour « corruption passive », « prise illégale d’intérêt » et « détournement de fonds publics ». Il loge aujourd’hui dans un appartement flambant neuf, un trois pièces de 75m2, dans le quartier du théâtre à Puteaux et dont le loyer mensuel grimpe à 2000 euros. » et un autre article de Marianne plus récent, « Le nouveau scandale des HLM de Paris » de Perrine Cherchève et Arnaud Bouillin du 2 juin 2016, nous explique que : «  »Marianne » a enquêté sur les graves dysfonctionnements internes de Paris Habitat, le premier bailleur social de Paris (avec 111.000 logements) et d’Ile-de-France. Fausses factures, passe-droits, absence de contrôle sur les travaux : l’office public censé appliquer la politique de la mairie de Paris en matière de logements sociaux cumule les casseroles. ».

Comme nous pouvons le constater, tous les partis de cette vénérable ripoublique aux irréprochables valeurs sont impliqués dans ces trafics, ces copinages. Gauche, droite, tout le monde en profite à partir du moment que l’on a les rênes en main.

Même des personnalités non-élues (mais bénéficiant de relations comme le chanter Charles Trenet), comme le cadre-dirigeant Alain Riou de la Fédération Française de Tennis, profite des largesses d’un système corrompu et bénéficie de passe-droits grâce à un carnet d’adresses rentable. Ainsi, Le Parisien dans l’article « Municipales à Paris : un logement HLM créé la polémique dans le IIIe » de Philippe Baverel du 21 février 2014 s’interroge : « Comment un cadre dirigeant disposant d’un salaire mensuel de plus de 9 000 EUR a-t-il pu se voir attribuer en 2004 un appartement de la Ville de Paris de 99 m 2 dans le Marais pour un loyer de 1 360 EUR, charges comprises ? Mystère, mystère…

Depuis que « le Figaro » a révélé hier matin sur son site que l’actuel directeur adjoint de la Fédération française de tennis, Alain Riou, occupe depuis dix ans un loft avec mezzanine, rue du Parc-Royal (III e), dont le loyer est aujourd’hui de 1 680 EUR, Pierre Aidenbaum (PS), maire du III e depuis 1995, et Yves Contassot (Europe Ecologie-les Verts), son adjoint au logement de 1995 à 2008, se renvoient la balle. ».

Tiens ?… Le Figaro, cette feuille de choux réac, qui dénonce la magouille d’un cadre, d’un riche citoyen… certains vont être interloqués et éberlués !

Mais pour revenir à cet article du Parisien, on y trouve en bas de page une image interactive sur laquelle ont été placés les visages de 15 élus et candidats parisiens épinglés !! Rien que cela ! Sans compter ceux qui sont passés au travers des mailles du filet, mailles souvent assez larges pour n’attraper que les plus idiots ou ayant le plus d’ennemis.
Il y a 8 politicards de gauche dont l’ineffable Alexis Corbière (j’ai été très surpris de le elus-candidats-epinglestrouver là, lui le soldat vertueux…) plus prompt à donner des leçons d’histoire à Lorànt Deutsch en 2012 que de faire correctement ses comptes et d’être un véritable honnête citoyen respectueux des sans-logis, 4 brigands de l’ex-UMP comme Jack-Yves Bohbot (il porte bien son nom celui-là !) et 3 du centre comme Fadila Mehal (j’ai des quotas de diversité à respecter…).

Il y a donc Jean-Jacques Giannesini, Alexis Corbière, Carine Petit, Claudine elus-candidats-epinglesBouygues (avec un nom pareil, elle est socialo ??! à bas les étiquettes !), Didier Guillot, Édith Gallois, Fadila Mehal, Geoffroy Boulard, Gérard d’Aboville, Jack-Yves Bohbot, Jean Vuillermoz, Liliane Capelle, Michèle Blumenthal (là, le Brebis ou LHDDT devrait débouler… ;-)), Pierre Mansat et Valérie Nahmias.

Bon à part la Fadila, que des blancs autochtones comme quoi, on a déjà pas mal de boulot avec les locaux alors on ne va pas s’emmerder en plus avec les trafiquants et délinquants allogènes !

Je ne m’attarderais même pas sur la promotion du réserviste Placé au grade de Colonel… chez les para (bérets rouges) !!… ha là là !! sérieusement, cette outre à saké (je sais, il est coréen !)… honteux !(cf. article de Jean-Dominique Merchet du 24 mai 2016 dans l’Opinion.fr intitulé « Jean-Vincent Placé, bientôt colonel au 13ème RDP »)

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La liste de tous ceux qui sont impliqués peu ou prou dans ces favoritismes injustes est bien évidemment longue . On ne peut faire une énumération exhaustive tant les exemples sont nombreux (battu aux régionales, Laurent Beauvais (PS) est nommé à la Cour des comptes ou Jean-Paul Huchon recasé par son « ami » Manuel Valls avec une mission de conseil pour re-booster l’attractivité touristique de la France)…

Le népotisme a encore un bel avenir devant lui à moins d’une profonde révolution nationale et une refonte de notre système politique.

Il est juste dommage que tous ces retours d’ascenseurs ne soient pas pour l’échafaud !

« J’ai des relations mondaines,
J’ai des relations.
J’connais la baronne du Maine,
Son fils Absalon. … »

Charles Trenet – Les relations mondaines – 1959 [Chansons d’aujourd’hui]

L’ennui cordicole

« Quand les choses, les événements renvoient les uns aux autres et à leur concept indifférencié, alors l’équivalence du monde rencontre et annule l’indifférence de la pensée _ et c’est l’ennui. Même plus d’altercation, même plus d’enjeu. C’est le partage des eaux mortes.

(…) L’ennui formel que secrète cette pensée idéaliste des valeurs, ou cette pensée volontariste de la culture, est le signe secret de son désespoir non par rapport au monde, mais par rapport à son propre discours.

C’est là qu’est la véritable pensée dépressive, chez ceux qui ne parlent que de dépassement et de transformation du monde, alors qu’ils sont incapables de transfigurer leur propre langue. »

Jean BaudrillardLa pensée radicale (éd. Sens&Tonka) – 2005