Corde sensible

Je suis tombé par hasard sur un reportage évoquant une expérience sociologique qui s’est déroulée à l’Université du Québec à Montréal (UQAM) concernant la liberté d’expression et la liberté académique qui seraient en danger selon certains.

Aux États-Unis et en Angleterre, de nombreux cas de conférences annulées, même de professeurs réprimandés, ont été constatés après que les étudiants aient trouvé leurs propos offensants. De tels évènements sont aussi survenus en France comme à Sciences Po en novembre 2016 avec l’annulation d’une conférence du Front National par des étudiants qui ont empêché la venue de Florian Philippot (cf. article de Marion Pignot du 23 novembre 2016 dans 20 minutes).

On retrouve toujours les mêmes allumés du bocal des communautés LGBT, féministes,…  (Clark Pignedoli, Stéphanie Gingras-Dubé : rien qu’à voir leur dégaine, on comprend vite leur engagement pour ce genre de collectif) qui assument complément l’aspect totalitaire de leur démarche sous couvert de sécuriser des espaces publics pour des minorités soi-disant oppressées, stigmatisées, injuriées.

La partie du reportage à partir de 3:20 à propos du pouvoir du collectif AFESH-UQAM sur les décisions de ce qui est bon ou pas pour les 42800 étudiants est édifiante (lors d’une AG, seulement 50 personnes de ce collectif sur ses 5000 membres étaient présents et ont adopté des mandats pour la totalité des étudiants !).

Les interventions du professeur que l’on découvre en début de reportage sont vraiment intéressantes notamment lorsqu’il évoque « une espèce de posture de supériorité morale qu’on se donne à peu de frais tient lieu d’argumentaire ».

Mais quelle différence entre cette posture des minorités et celle que les mouvements dits réactionnaires ont eux aussi vis-à-vis des idées progressistes ?

Pour ma part, elle est limpide : les minorités imposent leurs points de vues qui ne sont que des dogmes récents du XIX e et du XXe siècles alors que ceux des réactionnaires sont issus d’une évolution des idées, des moeurs, des pratiques sociales,… ayant fait leurs preuves depuis des siècles. Il me semble que notre argumentaire est étayé par le bon sens et par la longue histoire humaine.

À propos de diversité d’opinions tant vantée par tout gauchiste qui se respecte et tant valorisée par les enseignants, les incohérences soulevées dans cette vidéo me font penser à une citation de Thomas Sowell (parfaitement transposable en France) : « La prochaine fois qu’un universitaire vous dit à quel point la « diversité » est importante, demandez-lui combien il a de Républicains dans son département de sociologie. ».

Tellement vrai ! Et on se demande comment peut-on encore trouver des gugusses pouvant suivre ce genre d’universitaire ou d’intellectuel, et adhérer à leurs discours ?!!…

Paradis grossier

« Dans les écoles dont s’enorgueillissait tellement le XIXe siècle, on n’a pas pu faire autre chose que d’enseigner aux masses les techniques de la vie moderne; on n’a pas réussi à les éduquer.

On leur a donné des instruments pour vivre intensément, mais pas de sensibilité pour les grands devoirs historiques.

On leur a inoculé violemment l’orgueil et le pouvoir des moyens modernes, mais non l’esprit.

Aussi ne veulent-elles rien avoir de commun avec l’esprit; les nouvelles générations se disposent à prendre la direction du monde, comme si le monde était un paradis sans traces anciennes, sans problèmes traditionnels et complexes. »

José Ortega y GassetLa révolte des masses (Éd. Les Belles Lettres, coll. Bibliothèque classique de la Liberté, p. 123) – 2011 [1929]

Éducation industrielle

« L’éducation de masse, qui se promettait de démocratiser la culture, jadis réservée aux classes privilégiées, a fini par abrutir les privilégiés eux-mêmes.

la société moderne, qui a réussi à créer un niveau sans précédent d’éducation formelle, a également produit de nouvelles formes d’ignorance.

Il devient de plus en plus difficile aux gens de manier leur langue avec aisance et précision, de se rappeler les faits fondamentaux de l’histoire de leurs pays, de faire des déductions logiques, de comprendre des textes écrits autres que rudimentaires. »

Christopher LaschLa culture du Narcissisme (Éd. Climats, Paris, p.169) – 2000

Quand Georges et Beboper s’énervent…

Vos concerts emmerdent

Georges de la Fuly se fait le relais d’une pétition lancée sur Change.org par Jérôme Vallet (qui est peut-être le même individu…) pour que cesse la nuisance que constitue depuis 34 ans la « fête de a musique » instaurée par l’allumé de service Jack Lang.

Ce dernier est d’ailleurs le parrain (involontaire) d’un excellent blog où là aussi, il est question de la quantité musicale, de l’overdose, du trop plein : le CGB où sévit entre autres Beboper, auteur de ce billet (et où j’ai pompé le drôlatique cliché d’en-tête) auquel je souscrits mais pas dans sa totalité.

Beboper y dénonce à juste titre : « L’envahissement du temps de cerveau humain disponible (TCHD) par toutes les formes de musique imaginables ne soulève ni réprobation, ni enquête, ni condamnation, ni loi préventive liberticide, ni envolées lyriques. Autour de lui, le raffut musical fait le silence. ».

Il y fait aussi un parallèle judicieux et très réaliste : « Comme l’obésité classique, l’obésité sonore produit des effets dont le plaisir, qu’elle fournit au départ, ne donne pas idée. Le gros mangeur prend son pied autour des plats sans imaginer les souffrances que son diabète lui promet. De son côté, le drogué musical jouit d’écouter ses nouveautés sans cesse renouvelées, sans comprendre qu’il en est devenu dépendant, sans voir qu’il n’a plus les moyens de discerner la qualité de la merdasse, sans réaliser même que le silence (s’il en rencontrait un véritable) le plongerait illico dans l’angoisse. Comme l’abus d’images, l’abus de musique contrecarre les efforts de concentration, que l’on masque désormais derrière de fausses activités trépidantes (mettre à jour son statut Fitzbouk, découvrir en avant-première la vidéo des évolutions de la version 28 d’un fartphone californien réservé à l’élite pour quatre cents cinquante euros, ou touwitter une impression géniale en sortant des gogues). »

Mais revenons au billet de Georges… Il s’intitule : Pour en finir avec la Fête de la Musique et en voici un extrait dans lequel il fait référence à ce cher Philippe Muray (Beboper lui faisant aussi un clin d’oeil avec son Homo vacarmus) :

« La Fête de la musique, le 21 juin de chaque année, est sans aucun doute l’une des nuisances les plus graves que les Français (et les Européens) ont à supporter depuis trente-quatre ans. La musique a besoin de silence, elle n’a pas besoin de fête, et surtout pas de cette « fête » sale, bruyante et laide, qui à elle seule illustre parfaitement la prolétarisation et l’orwellisation effrénées de notre société. Que ce beau mot de « musique » ait changé de sens à ce point et qu’en son nom soit commis chaque année cet attentat contre la tranquillité, le silence, la quiétude, et l’urbanité, montre assez dans quel état d’hébétude et d’imbécillité est tombé le peuple de France, qui tambourine quand on lui dit de tambouriner, qui s’agite quand on lui demande de s’agiter, qui agresse sans vergogne ceux qui ne sont pas assez veules et soumis pour marcher à la baguette. Quelle humiliation, cette atroce journée des incivilités encouragées et du débraillé subventionné qui porte le nom du plus noble de tous les arts, quelle démonstration du mépris de notre civilisation et du sens que de faire d’une apothéose du bruit une « fête de la musique » !
Nous demandons à ce que soit mis fin au plus tôt à ce que Philippe Muray a si bien décrit dans ses ouvrages, le festivisme débile, encouragé par une classe politique qui veut avant tout avilir et ridiculiser ceux à qui elle devrait au contraire proposer la beauté et la culture. »

Le reste est ici.

Allez signer la pétition contre la Fête de la musique !

L’état thérapeutique

« La démocratie pluraliste devait aboutir à la formation, dans la culture, d’un modèle de la personnalité démocratique, à situer en contraste avec ce que l’École de Francfort nommait la personnalité autoritaire, ce qui veut dire qu’à travers sa mutation thérapeutique, l’État diversitaire entend faire naître un nouveau type d’homme.

La démocratie ne sera véritablement légitime que lorsqu’elle aura accouché d’un nouveau peuple qui lui, sera digne d’exercer la souveraineté, car il sera purgé de l’identité du peuple ancien.

En fait, la société, devenue laboratoire de l’utopie, est absolument absorbée par l’État, qui a travers son dispositif technocratique et juridique en vient à s’emparer de tous les processus de socialisation.

L’État diversitaire renoue ainsi avec la fabrique de l’homme nouveau : il entend en fait fabriquer le type d’homme nécessaire à son projet politique.

Ce n’est pas le moindre paradoxe de la culture libertaire qui a pris forme avec les radical sixties qu’elle ne peut se diffuser qu’à travers une reconstruction autoritaire de la société. »

Mathieu Bock-CôtéLe multiculturalisme comme religion politique (Éd. du Cerf, Paris, p. 220) – 2016

Élite naturelle

« En réalité, l’enseignement pédagogique est fait pour les paresseux, pour les esprits sans curiosité, pour les individus qui resteraient complètement ignares si on ne leur apprenait pas quelque chose de force, pour ainsi dire.

II n’y a que l’élite qui compte, et l’élite ne se constitue pas avec des diplômes.

Elle tient à la nature même de certains individus, supérieurs aux autres de naissance, et qui développent cette supériorité par eux-mêmes, sans avoir besoin de l’aide d’aucuns pédagogues, gens, le plus souvent, fort bornés et fort nuisibles. »

Paul LéautaudPasse-temps (Éd. Mercure de France, Paris) – 1929