Paradis grossier

« Dans les écoles dont s’enorgueillissait tellement le XIXe siècle, on n’a pas pu faire autre chose que d’enseigner aux masses les techniques de la vie moderne; on n’a pas réussi à les éduquer.

On leur a donné des instruments pour vivre intensément, mais pas de sensibilité pour les grands devoirs historiques.

On leur a inoculé violemment l’orgueil et le pouvoir des moyens modernes, mais non l’esprit.

Aussi ne veulent-elles rien avoir de commun avec l’esprit; les nouvelles générations se disposent à prendre la direction du monde, comme si le monde était un paradis sans traces anciennes, sans problèmes traditionnels et complexes. »

José Ortega y GassetLa révolte des masses (Éd. Les Belles Lettres, coll. Bibliothèque classique de la Liberté, p. 123) – 2011 [1929]

Éducation industrielle

« L’éducation de masse, qui se promettait de démocratiser la culture, jadis réservée aux classes privilégiées, a fini par abrutir les privilégiés eux-mêmes.

la société moderne, qui a réussi à créer un niveau sans précédent d’éducation formelle, a également produit de nouvelles formes d’ignorance.

Il devient de plus en plus difficile aux gens de manier leur langue avec aisance et précision, de se rappeler les faits fondamentaux de l’histoire de leurs pays, de faire des déductions logiques, de comprendre des textes écrits autres que rudimentaires. »

Christopher LaschLa culture du Narcissisme (Éd. Climats, Paris, p.169) – 2000

Quand Georges et Beboper s’énervent…

Vos concerts emmerdent

Georges de la Fuly se fait le relais d’une pétition lancée sur Change.org par Jérôme Vallet (qui est peut-être le même individu…) pour que cesse la nuisance que constitue depuis 34 ans la « fête de a musique » instaurée par l’allumé de service Jack Lang.

Ce dernier est d’ailleurs le parrain (involontaire) d’un excellent blog où là aussi, il est question de la quantité musicale, de l’overdose, du trop plein : le CGB où sévit entre autres Beboper, auteur de ce billet (et où j’ai pompé le drôlatique cliché d’en-tête) auquel je souscrits mais pas dans sa totalité.

Beboper y dénonce à juste titre : « L’envahissement du temps de cerveau humain disponible (TCHD) par toutes les formes de musique imaginables ne soulève ni réprobation, ni enquête, ni condamnation, ni loi préventive liberticide, ni envolées lyriques. Autour de lui, le raffut musical fait le silence. ».

Il y fait aussi un parallèle judicieux et très réaliste : « Comme l’obésité classique, l’obésité sonore produit des effets dont le plaisir, qu’elle fournit au départ, ne donne pas idée. Le gros mangeur prend son pied autour des plats sans imaginer les souffrances que son diabète lui promet. De son côté, le drogué musical jouit d’écouter ses nouveautés sans cesse renouvelées, sans comprendre qu’il en est devenu dépendant, sans voir qu’il n’a plus les moyens de discerner la qualité de la merdasse, sans réaliser même que le silence (s’il en rencontrait un véritable) le plongerait illico dans l’angoisse. Comme l’abus d’images, l’abus de musique contrecarre les efforts de concentration, que l’on masque désormais derrière de fausses activités trépidantes (mettre à jour son statut Fitzbouk, découvrir en avant-première la vidéo des évolutions de la version 28 d’un fartphone californien réservé à l’élite pour quatre cents cinquante euros, ou touwitter une impression géniale en sortant des gogues). »

Mais revenons au billet de Georges… Il s’intitule : Pour en finir avec la Fête de la Musique et en voici un extrait dans lequel il fait référence à ce cher Philippe Muray (Beboper lui faisant aussi un clin d’oeil avec son Homo vacarmus) :

« La Fête de la musique, le 21 juin de chaque année, est sans aucun doute l’une des nuisances les plus graves que les Français (et les Européens) ont à supporter depuis trente-quatre ans. La musique a besoin de silence, elle n’a pas besoin de fête, et surtout pas de cette « fête » sale, bruyante et laide, qui à elle seule illustre parfaitement la prolétarisation et l’orwellisation effrénées de notre société. Que ce beau mot de « musique » ait changé de sens à ce point et qu’en son nom soit commis chaque année cet attentat contre la tranquillité, le silence, la quiétude, et l’urbanité, montre assez dans quel état d’hébétude et d’imbécillité est tombé le peuple de France, qui tambourine quand on lui dit de tambouriner, qui s’agite quand on lui demande de s’agiter, qui agresse sans vergogne ceux qui ne sont pas assez veules et soumis pour marcher à la baguette. Quelle humiliation, cette atroce journée des incivilités encouragées et du débraillé subventionné qui porte le nom du plus noble de tous les arts, quelle démonstration du mépris de notre civilisation et du sens que de faire d’une apothéose du bruit une « fête de la musique » !
Nous demandons à ce que soit mis fin au plus tôt à ce que Philippe Muray a si bien décrit dans ses ouvrages, le festivisme débile, encouragé par une classe politique qui veut avant tout avilir et ridiculiser ceux à qui elle devrait au contraire proposer la beauté et la culture. »

Le reste est ici.

Allez signer la pétition contre la Fête de la musique !

L’état thérapeutique

« La démocratie pluraliste devait aboutir à la formation, dans la culture, d’un modèle de la personnalité démocratique, à situer en contraste avec ce que l’École de Francfort nommait la personnalité autoritaire, ce qui veut dire qu’à travers sa mutation thérapeutique, l’État diversitaire entend faire naître un nouveau type d’homme.

La démocratie ne sera véritablement légitime que lorsqu’elle aura accouché d’un nouveau peuple qui lui, sera digne d’exercer la souveraineté, car il sera purgé de l’identité du peuple ancien.

En fait, la société, devenue laboratoire de l’utopie, est absolument absorbée par l’État, qui a travers son dispositif technocratique et juridique en vient à s’emparer de tous les processus de socialisation.

L’État diversitaire renoue ainsi avec la fabrique de l’homme nouveau : il entend en fait fabriquer le type d’homme nécessaire à son projet politique.

Ce n’est pas le moindre paradoxe de la culture libertaire qui a pris forme avec les radical sixties qu’elle ne peut se diffuser qu’à travers une reconstruction autoritaire de la société. »

Mathieu Bock-CôtéLe multiculturalisme comme religion politique (Éd. du Cerf, Paris, p. 220) – 2016

Élite naturelle

« En réalité, l’enseignement pédagogique est fait pour les paresseux, pour les esprits sans curiosité, pour les individus qui resteraient complètement ignares si on ne leur apprenait pas quelque chose de force, pour ainsi dire.

II n’y a que l’élite qui compte, et l’élite ne se constitue pas avec des diplômes.

Elle tient à la nature même de certains individus, supérieurs aux autres de naissance, et qui développent cette supériorité par eux-mêmes, sans avoir besoin de l’aide d’aucuns pédagogues, gens, le plus souvent, fort bornés et fort nuisibles. »

Paul LéautaudPasse-temps (Éd. Mercure de France, Paris) – 1929

Supercalifragilisticexpialidocious

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Lu sur lengadoc-info.com 2PMi-rDsle 22 décembre 2014 à propos des fameux rythmes scolaires mis en place en début d’année.

Il s’agit d’une énième réforme, véritable poudre de perlimpinpin, afin de justifier les salaires des hauts fonctionnaires affectés à la gestion d’un ministère de la « déséducation » navigant à vue et déconnecté des réalités depuis belle lurette. Cette nouvelle arnaque permet de désengager un peu plus l’État dans la prise en charge économique des structures responsables de l’avenir de la nation. Cette réforme est une usine à gaz comme les précédentes et les aberrations qu’elle génère se multiplient. P1010555-660x330 Testée en 2013 par Vincent Peillon et généralisée à la dernière rentrée par Benoît Hamon, la réforme des rythmes scolaires pour les écoles maternelles et primaires, fait régulièrement parler d’elle par l’hostilité qu’elle soulève aussi bien chez les parents que chez les enseignants. Lengadoc Info a rencontré une enseignante de la région montpelliéraine qui a accepté de témoigner anonymement car elle pourrait être sanctionnée par sa hiérarchie. Pour elle, ce qui est choquant, ce sont les Temps d’Activités Périscolaires (TAP) mis en place par cette réforme. Dans son établissement, chaque jour, à partir de 16h, les enfants sont pris en charge par des agents municipaux pour faire des activités diverses ( anglais, poterie, sport, musique, etc) et ce jusqu’à 18h30. Désormais ces activités ont même lieu le midi. Le résultat ne s’est pas fait attendre, « on ne voit que des petits qui pleurent, qui n’en peuvent plus. On les prend par la main, on les pousse, on les tire. Ils sont fracassés de fatigue, ils n’ont qu’une envie, c’est qu’on les laisse tranquilles ». Les temps de repos qu’ils devraient avoir sont finalement pris sur les heures de classe. Ainsi l’après-midi, comme il est impossible pour l’enseignant de faire travailler les élèves, ces heures sont consacrées à la sieste. De même, à partir de 16h, l’enseignant est obligé de quitter sa classe pour laisser la place à des animateurs que l’on ne connaît pas et qui changent tout le temps. « Les enseignants sont relégués au second plan, ce n’est plus l’école qui prime, on ne veut plus de nous». Lire la fin ici. La dernière phrase de cet entretien plaira à Skandal et aux autres fâcheux : « Quant aux syndicats, « on ne les comprend plus, ils sont à la solde du gouvernement »… sûrement un témoignage d’une prof essstrêêême-drouaaate !!!…. images Il y a ensuite, dans les commentaires, un autre témoignage tout à fait intéressant à mes yeux car il fait écho à ce que je peux attendre dans la salle des professeurs de mon lycée, chez de très nombreux parents de l’école primaire de mon village et au sein même des équipes éducatives de plusieurs autres écoles y compris la nôtre (ma femme y est professeur des écoles !). « Il y a un monde entre les gens qui rédigent ce genre de décrets stupides avec la complicité honteuse de syndicats enseignants et d’associations de parents majoritaires mais finalement très peu représentatifs, et le monde réel dans lequel les enseignants, les parents, les collectivités et surtout les pauvres enfants se débattent pour tenter d’y coller » au mieux »! Si au moins, comme vous l’affirmez, tout le monde avait réellement le choix, entre TAP et garderie, entre récupérer son enfant plus tôt ou le laisser bénéficier de ces si enrichissantes activités ! Et que dire du décret Hamon, qui regroupe les activités sur un après-midi sans raccourcir aucunement les autres journées, ni celle-là d’ailleurs ? Et laissez-moi également vous dire que pour ce qui est des enfants détendus, c’est loupé.dormir.2 Je suis moi aussi enseignante et je peux vous dire que pour gagner une matinée d’apprentissage, vous perdez le jeudi et le vendredi complets. Sachant que le lundi, la plupart des enfants sont également peu disponibles, je vous laisse faire le calcul tout seul… Cette propagande du ministère pour faire accepter cette réforme est purement scandaleuse de même que le muselage de tous ceux qui ont tenté de parler pour s’y opposer. Je ne pense pas être trop loin de la vérité en affirmant que les objectifs de ce remaniement du temps scolaire sous couvert de « l’intérêt de l’enfant » cache des objectifs beaucoup moins louables, notamment économiques. En effet, plus les enfants seront gardés à l’ecole et pas chez des nounous le mercredi et même les autres jours, moins cela coûtera d’argent à l’État. Qui se moque bien de savoir que les enfants sont bien souvent moins en securite que ce soit physique ou morale. J’entends bien s’exprimer certains « animateurs » recrutés par défaut et qui d’ailleurs sont une insulte à une profession déjà trop peu reconnue, et j’ai même vu des enfants courir sur le toit de mon école. Sur le plan des apprentissages, cela ne fonctionnera pas, nous les enseignants nous le savons déjà. Comme nous savons aussi que l’on nous rejettera la responsabilité de cet échec. Alors que la magnifique « école inclusive » de notre chère ministre en fait rêver certains, dont vous peut-être, nous nous attendons au pire car accueillir tous ces enfants différents sans moyens supplémentaires (car oui soyons honnêtes, si l’école s’en donnait RÉELLEMENT les moyens le budget serait colossal), c’est juste plomber définitivement l’école publique. C’est l’objectif, inavoué car peu glorieux. Et oui, l’école coûte cher, trop cher. Ce qui est urgent, Serra, c’est d’écouter les gens qui sont sur le terrain, ce qui urgent , c’est que les gens se réveillent pour ne pas laisser faire ça. Il n’y a que la rue pour faire reculer le gouvernement, mais pour cela il faudrait que chacun se sente vraiment concerné, et ne pas attendre que d’autres bougent à notre place. » Pour le recrutement, l’Éducation Nazionale lance une campagne publicitaire à la télévision plutôt pathétique avec son quota d’handicapé, de diversité parmi une grande majorité de « petits blancos » (comme dirait le matador Valls). Mais qui va-t-on voir postuler ? S’il n’y a pas de personnel qualifié demandeur par vocation, que faire d’une réforme sur les rythmes scolaires, sur les contenus,… (si l’on a que des « animateurs » non qualifiés en magasin) ??!!… http://www.dailymotion.com/video/x2dmuhs_l-ecole-change-avec-vous-video-campagne-web-2015_school