L’Occident, le voilà !

Wolfgang Amadeus Mozart –  Messe de requiem en ré mineur – 1791 [2006]

Choeur de l’Orchestre de Paris en la Cathédrale de Chartres, ensemble orchestral Prométhée, dirigé par Pierre-Michel Durand.

N.B. : vous noterez l’extrême diversité raciale des acteurs de ce sublime concert… comme quoi, la diversité ethnique est primordiale pour nous enrichir et produire du beau !

Le merle blanc

« […] il me semble que la démocratie est une forme politique qui est en train de crever et que nous allons inéluctablement vers des ordres. Ils seront noirs, ils seront rouges, ils seront blancs, je n’en vois pas bien la couleur, mais je crois que nous sommes condamnés à l’ordre. Ce n’est pas un souhait que j’émets, c’est un diagnostic. Je suis persuadé que, demain, la démocratie devra passer la main. Évidemment, il y a des ordres de mon choix et d’autres qui le sont moins. Il va de soi que je préfère une France gaulliste telle que nous l’avons connue pendant dix ans avec cette espèce de Don Quichotte monarchique qui s’appelait le général de Gaulle à la France d’un quelconque Georges Marchais. Je suis pour le despote éclairé, si vous voulez savoir mon idéal de gouvernement. Et le gaullisme a réussi ce miracle. De Gaulle gouvernait absolument seul, impunément, mais, coup de chance, ce n’était pas une terreur. Mais souhaiter des despotes éclairés dans une Europe en pleine déliquescence, c’est espérer la venue d’un merle blanc. Il se trouve que la France a été gouvernée pendant dix ans par un merle blanc qui portait un képi de général et que je suis heureux d’avoir connu cette époque. Qui aurait dit que nous aurions un nouveau roi dans la France de 58, républicaine, IIIe République, IVe République, cette affreuse république, radicale, socialiste, amateur de congrès, de banquets, de cassoulet et de bannières tricolores tendues sur les bedaines, avec ces espèces de marionnettes qu’étaient les présidents du Conseil. Pourtant nous l’avons eu, notre nouveau roi. Parce que la France est monarchiste, tiens. La France n’est pas démocrate et la France n’est pas républicaine. »

Jean Cauentretien avec Jacques Vanden Bemden (revue Vouloir, n°105-108, archives Eroe) – 1993

La fabrication des zombis

« Que voulaient les communistes d’autrefois ? Ils voulaient la mise en commun des richesses de l’humanité et une gestion rationnelle assurant à tous abondance et paix. Ils voulaient aussi la création d’un homme nouveau, capable de désirer ces bienfaits, un homme rationnel et universel, délivré de toutes entraves que sont des racines, une nature et une culture. Ils voulaient enfin assouvir leur haine des hommes concrets, porteurs de différences, leur haine également de la vieille Europe, multiple et tragique.

Et l’Occident américain, que veut-il ? Eh bien, la même chose. La différence porte sur les méthodes. Récusant la planification par la contrainte, le système américain voit dans le marché le facteur principal de la rationalité économique et des changements. D’où le nom de communisme de marché que lui donne Flora Montcorbier.

Le communisme de marché, autre nom du mondialisme, ne partage pas seulement avec son ex-frère ennemi soviétique la vision radieuse du but final. Pour changer le monde, lui aussi doit changer l’homme, fabriquer l’homo oeconomicus de l’avenir, le zombi, l’homme du nihilisme, vidé de contenu, possédé par l’esprit du marché et de l’Humanité universelle. »

Dominique VennerHistoire et tradition des Européens, 30 000 ans d’identité (Éd. du Rocher,  p. 220) – 2004

Louis Pauwels et le franc-parler visionnaire

Jacques-Bergier_et_Louis_Pauwels_au_Mesnil

Trouvé sur Délit d’images ce jour à propos de Louis Pauwels (avec Jacques Bergier au Mesnil sur la photo) qui sut défrayer les chroniques en son temps en étant l’auteur de cinglantes et impitoyables volées de bois contre le monde moderne et ses enfants atteints de « sida mental »…

Il s’agit d’un article de Bruno Lafourcade de Boulevard Voltaire.

Merci pour ce rafraîchissement !

« Il y a vingt ans que Louis Pauwels est mort. Ce nom ne dit peut-être rien aux jeunes gens d’aujourd’hui ; il disait beaucoup à ceux des années quatre-vingt – ils manifestaient contre « la loi Devaquet », les anciens de 68 les brossaient dans le sens du duvet et Pauwels, lui, « n’ayant pas de minus à courtiser », leur dit virilement qui ils étaient : « les enfants du rock débile, les écoliers de la vulgarité pédagogique, les béats de Coluche et Renaud nourris de soupe infra-idéologique cuite au show-biz, ahuris par les saturnales de “touche pas à mon pote”, et, somme toute, les produits de la culture Lang ». La suite de ce « Monôme des zombies », publié le 6 décembre 1986 dans Le Figaro Magazine, n’était pas moins fouetteur : « Ils ont reçu une imprégnation morale qui leur fait prendre le bas pour le haut. Rien ne leur paraît meilleur que n’être rien, mais tous ensemble, pour n’aller nulle part. […] C’est une jeunesse atteinte d’un sida mental. »

Cette expression en scandalisa beaucoup, en effraya certains, en secoua d’autres, arrachés à leur sommeil dogmatique, qui comprirent d’un seul coup que son auteur, à la vigueur imagée et frontale, avait raison : le style n’a jamais tort. Pauwels, dans cet article prémonitoire, arrachait de leur chemise la petite main jaune de la bonne conscience que les mitterrandiens y avaient épinglée.

Bien entendu, laisser un article, quand on en a écrit des milliers, c’est peu ; une expression, c’est moins encore, quand on est romancier ; c’est pourtant ce qui est arrivé à Pauwels, que ce « sida mental » résume, sans le déformer – qui exprime exactement sa phrase et sa morale également robustes.

À la tête de Combat à vingt-neuf ans, Pauwels fondera, plus tard, Le Figaro Magazine, où il fit entrer l’équipe de la Nouvelle Droite, avant de s’en séparer. Il s’est aussi intéressé à l’ésotérisme, écrivit avec Jacques Bergier Le Matin des magiciens, dont le succès sera suivi par la revue Planète. Il a été, enfin, un romancier très imprégné par le « réalisme fantastique », sauf pour son dernier roman, Les Orphelins, qui offre curieusement un écho à son plus célèbre article, publié dix ans plus tôt.

Nous sommes peu après Mai 68 ; Michel Cartry, un jeune gauchiste, voue à son père, Antoine, un riche industriel, une haine qui le conduit à accepter de feindre d’avoir été enlevé par les Brigades rouges : il s’agit d’obtenir une rançon. Pauwels en profite pour traduire Mai 68 en justice (« Comment tant de gens intelligents ont-ils consenti à voir un Messie dans cette jeunesse devenue folle qui brûlait sa maison afin de l’éclairer ? »), avec la génération qui, vingt ans plus tard, s’amuserait à en faire descendre d’autres dans la rue (« Michel, dit son père, aurait pu devenir un jeune homme. L’époque l’a réduit à l’état vaseux et acide des “jeunes”. Les “jeunes” : des grégaires qui se prétendent singuliers ; qui se croient naturels parce qu’ils sont informes » ; d’ailleurs, « pour ceux qui ne valent pas grand-chose, comme Michel, c’est un réconfort de crier que rien ne vaut »).

Vif et vigoureux, jamais alourdi par l’empathie, Pauwels aurait eu assez de dons, d’intuition et de jugement (« C’est deux fois vieillir que vieillir dans la laideur ») pour être le grand romancier des mœurs de son temps ; il a préféré en être le reporter. Il n’est pas exagéré de dire qu’il ne fut pas indigne de sa mission. ».IMGP0897

Tout est tellement vrai et bien vu ! Avec un franc-parler au style impeccable… un vrai plaisir.

Nous pouvons constater qu’aujourd’hui, les enfants du rock débile se sont perpétués en donnant naissance à une flopée d’enfants d’une techno débile, des immondes parades et du téléphone portable abêtissant.

Pauvre France…

Écrits prémonitoires ?…

« Parce que la Démocratie – je m’égosille à l’annoncer ! – est morte. Bouchez-vous les oreilles,fermez les yeux, refusez de voir et d’entendre, mais elle est morte.

Idéologiquement, elle est hors-jeu.

Mythiquement, elle est ridicule.

Politiquement, elle liquide les affaires courantes.

Elle n’était possible, en vérité, que lorsqu’elle n’existait pas. Lorsqu’elle n’était que le miroir qu’une société se tendait à elle-même. Le fils obéissait au père et la femme eu mari et le disciple au professeur et le peuple à Dieu, et etc.

Sur ce socle briqueté par des « féodalismes » (par des hiérarchies, des fascismes et tout ce que vous voudrez…) la Démocratie pouvait croire en son être, mais elle n’était pas.

Du jour où elle prétend cesser d’être formelle et manifeste sa volonté de s’insérer dans la pratique des rapports sociaux et humains, elle se désagrège.

On s’apercevra demain que la Démocratie au collège – que l’égalitarisme intersexes – est une colossale et fatale plaisanterie.

Sans doute y a-t-il encore des seuils et l’égalitarisme doit-il descendre encore quelques degrés avant que, dans la cave, ses utopies explosent.

Mais cela, en vérité, je le proclame, arrivera. »

Jean CauLes écuries de l’Occident, Traité de morale (Éd. La Table Ronde, Paris, p. 74 et 75) – 1973

Force à la loi pour détruire notre monde

« Notre temps se protège à merveille du danger qu’il y aurait pour lui à voir arpenter par quelques esprits nourris de cette forme suprême de sens critique qu’est le don de pitrerie, ce territoire du concret qu’il pense avoir définitivement enseveli sous le catéchisme du Bien.

Ce Bien lui-même, tandis qu’il opère ses ravages (le plus souvent sous les auspices d' »avancées législatives » plus délectables les unes que les autres), doit passer pour allant de soi.

Nul ne doit être à même de se demander qui sont ceux et celles qui oeuvrent sans se lasser à produire de telles merveilles; et nul ne doit non plus se demander d’où leur vient qu’ils ne se lassent jamais de telles entreprises.

Toute la démolition de ce qui reste du monde glisse ainsi, jour après jour, comme une lettre à la poste; et de considérables métamorphoses échappent de cette manière au libre examen.

Mais ce sont d’abord les agents de ces métamorphoses qui sont préservés de tomber sous la « juridiction de la comédie » dont parlait Balzac et qui est la meilleure définition de toute entreprise littéraire digne de ce nom. »

Philippe MurayExorcismes spirituels III (Éd. Les Belles Lettres,essais, Paris, p.217- – 2002

Procréation salvatrice pour l’Occident

« En Occident nous ne pouvons concevoir l’humain que dans cette dualité du temporel et du spirituel.

Tout l’édifice de notre prospérité mentale repose sur cette convention. Notre esprit est enraciné dans la matière et nous ne pouvons vivre que dans l’organisation savante des esprits animaux entreliés aux facultés de l’âme.

Cette loi édicte que l’homme aura la volonté de multiplier ou bien qu’il ne pourra se maintenir à l’étiage, mais que promptement il diminuera comme s’il y avait en lui la détermination de s’anéantir.

Cette loi est la promesse même faite à notre espèce, notre pacte d’alliance avec les forces du monde, la souche patriarcale de l’empire humain. »

Pierre Drieu La RochelleMesure de la France (Éd. Grasset, Les Cahiers Verts sous la direction de Daniel Halévy, 4610e exemplaire vergé bouffant, p.21 et 22) – 1922