Joyeux Noël !

De retour à la civilisation, de retour à la France d’avant Giscard, loin des centres citadins… donc chez moi, je peux enfin souhaiter, en retard, de très joyeuses fêtes de fin d’années à toutes et à tous.

Et bien qu’en retard pour la naissance du petit Jésus, j’espère que cette célébration d’une nativité-repère pour tous les européens (même pour les polythéistes) a été à la hauteur des espérances annuelles.

Donc… Joyeux Noël (décalé, ça plaira aux gauchistes…) !

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La Nativité (1420-1425) – Robert Campin – Huile sur bois, 84,1 × 69,9 cm, Musée des beaux-arts, Dijon.

Allez faire un tour du côté de Rivage de Bohème pour plus d’informations sur le Maître de Flémalle.

Estampes illustres

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Vivre en milieu rural voire en zone dépeuplée et très éloignée des grandes citées à de sérieux et indéniables avantages mais dont le prix à payer nous est rappelé à l’esprit de temps à autres comme à cette occasion d’exposition d’oeuvres picturales d’une rare beauté d’un artiste admirable.

Rien de bien grave me direz-vous au vu des immenses et innombrables avantages.

Les livres et internet ont alors une importance considérable bien que le contact visuel direct et l’émotion qu’il puisse provoquer restent irremplaçables.

Cet artiste parmi de nombreux autres me réconcilie avec l’art et la culture, si intimement liés à la grandeur d’une civilisation, mais que les progressistes émétophiles, amateurs dégénérés des productions parfois organiques d’imposteurs sans vergogne, se complaisent à brader, à dégrader, à ridiculiser au nom d’un « art » conceptuel justifiant son statut par des termes pompeux et des explications fumeuses, misérables paravents de la laideur et du vide.

Heureusement, l’humanité et les civilisations se défendent en enfantant de telles oeuvres :

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Merci monsieur Hokusai !

Exposition Hokusai du 01 Octobre 2014 au 18 Janvier 2015 dans les Galeries nationales du Grand Palais (entrée Clemenceau).

Katsushika Hokusai (1760 – 1849) est sans doute l’artiste japonais le plus célèbre dans le monde. C’est une monographie d’une ampleur tout à fait inédite que propose le Grand Palais. Les six périodes de la vie de l’artiste sont traversées, illustrées par des séries d’estampes, des livres, mais aussi de nombreuses peintures pour partie inédites, ainsi que de précieux dessins préparatoires. Au total plus de 500 pièces exceptionnelles sont présentées, dont une grande partie n’ont encore jamais été exposées hors du Japon.

Retour à Lorient

« Après sept années de guerre, sept années de bâtiment
Après sept années de guerre, sept années de bâtiment
Je reviens de Grande Terre, je reviens à Lorient
Je reviens de Grande Terre, Guerre, guerre, vente, vent

J’ai passé des nuits entières debout au gaillard d’avant
J’ai passé des nuits entières debout au gaillard d’avant
Sous bon vent,sous vent contraire, sous la brise et les brisants
Sous bon vent,sous vent contraire, Guerre, guerre, vente, vent… »

Tri Yann – Guerre, guerre, vente, vent – 1981 (An heol a zo glaz / Le soleil est vert)

Idoles culturelles

« (…) De l’éloge de la main, puis de la célébration de sa maladresse, on passera à la délectation de ses propres déchets, de tout ce qui peut tomber du corps, des rognures d’ongle aux humeurs les plus diverses.

Cette hystérisation du statut de l’artiste, jouissant d’une parfaite impunité, dont tout geste, tout mouvement, toute production, y compris et surtout les productions organiques, seront adorés par des foules immenses de spectateurs, participent de cette idolâtrie (…).

Détachées de leur origine et de leur fonction, les oeuvres de nos musées sont devenues nos idoles. »

Jean Clair – L’hiver de la culture (Café Voltaire, éd. Flammarion, p.117) – 2011

Barry le fauve

 

Franz Peter Schubert – Piano trio mi bémol majeur op. 100 D.929, andante con moto – 1827

N.B. : L’oeuvre a été utilisée dans de nombreux films comme Barry Lindon de Stanley Kubrick ou Les prédateurs de Tony Scott et dernièrement par le groupe bobo à l’affiche de tous les magazines, Fauve pour leur chanson Voyou (que j’aime bien par ailleurs… désolé… 😉  bon, j’admets que certaines paroles m’exaspèrent quand même mais bon…)

Aberration contemporaine

Alors que je suivais avec grand intérêt le match Racing-Métro vs Toulon qui s’est achevé par une belle victoire des parigots 14 à 3, je me suis mis à zapper au cours de la mi-temps, bien que les commentaires d’Éric Bayle et Thomas Lombard soient souvent efficaces et instructifs avec leur chouette palette.

Je suis tombé sur le classique Louis de Funès et « La Folie des grandeurs » de Gérard Oury CINE-CLUB+GAUMONT+LA+FOLIE+DES.. , film sorti en 1971 et diffusé depuis une quantité innombrable (ou pas…) de fois à la télévision , puis sur une tripotée d’émissions plus ou moins identiques (et merdiques sans intérêt), sur l’excellent Charlot et « Les temps modernes » (1936) Les-Temps-modernes_reference , lui aussi vu et revu, et parmi les très nombreuses fadaises des chaînes gratuites de la TNT, j’ai aperçu sur NRJ12 les mimiques débiles de Rowin Atkinson dans le non-moins débile « Bean, le film le plus catastrophe » (j’aurais plutôt employé le terme de catastrophique).

Mr Bean

Ce film a réalisé en France lors de sa sortie en 1997 environ 3 millions d’entrées… 3 millions… comment est-ce possible que des séquences aux effets « comiques » plus que discutables, aux gestuels se rapprochant plus des troubles du comportement, puissent intéresser autant de mes contemporains ???!!…

Les nombreuses scènes que j’ai pu visionner sur le net m’ont laissé plus que sceptique sur la qualité globale de ce que l’on peut, en fait, appeler un navet. Je suis à vrai dire inquiet sur l’état général des capacités d’analyse de mes concitoyens qui arrivent d’ailleurs à placer Noah ou Goldman en personnalité préférée !

Comment peut-on s’esclaffer devant la scène de l’éternuement de Bean face au tableau de James Abbott McNeill  Whistler ??…

Bean vs Whistler

En fait, si je cite cet épisode, c’est parce qu’il me rappelle l’évènement pathétique qui s’est déroulé en août 2012 à Borja (Espagne) lorsqu’une octogénaire a « restauré » l’oeuvre « Ecce homo »…

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…résultat déplorable et catastrophique que bon nombre de personnes ont salué, une pétition a circulé sur internet pour conserver cette « œuvre culte » ainsi «restaurée» en expliquant qu’il s’agissait d’ « un reflet intelligent de la situation politique et sociale de notre temps » (quelque 20 000 signatures furent récoltées), et le nombre de visites de l’église de Borja a explosé mettant en suspend le projet de réparation des dégâts (ici). Consternant !

Ceci me confirme la dégradation mentale d’un nombre de plus en plus grand de mes contemporains.

Pour en revenir à Bean, avec son faciès de demeuré forçant le trait de son personnage et donnant l’impression de s’adresser à des corniauds, je m’interroge sur son succès, sur cet engouement qui est, à mes yeux, une aberration anthropologique, au même titre qu’il m’est inexplicable qu’un grand nombre de français apprécie et rigole des sorties de l’inverti de service Laurent Ruquier.

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Ce dernier, fier de ses jeux de mots misérables sur des sujets politiques et sociétaux majeurs (soutenus par des applaudissements commandés) et exhibant ces derniers temps un anneau à sa main gauche représentant l’infamie comme une énième provocation de la France normale, rencontre auprès de nombreux français un écho favorable incompréhensible et a, au sein du service audiovisuel public, une importance injustifiée. Là encore, une aberration contemporaine…

En tous les cas, on me dira ce que l’on voudra sur l’évolution du comique au cinéma, sur le décalage de notre humour avec celui des britanniques,… il n’empêche que, sans vouloir faire le vieux con mais je le fais quand même (et je ne suis pourtant pas vieux !… « c’est dire ! » ironiseront les gauchistes qui me liront),  les Monty Python évoluaient dans les stratosphères du sarcasme en comparaison avec ce pauvre ahuri d’Atkinson. Ce dernier n’a d’ailleurs rien inventé puisque ses déplacements loufoques ne sont que la reprise des « Silly walks » (pas forcément désopilant d’ailleurs !) de l’épisode 14 de MP Flying circus (1970)…

Et lorsque l’on écoute les babillages ironiques de Ruquier, je ne puis m’empêcher de penser à cette phrase de Charles-Augustin Sainte-Beuve : « Gardons nous de l’ironie en jugeant. De toutes les dispositions de l’esprit, l’ironie est la moins intelligente« , et je me dis que cette citation prend alors tout son sens !

Après ce tour d’horizon express du programme télévisuel de ma soirée dominicale, je suis donc vite revenu aux fondamentaux, aux coups de casques de Botha et aux charges de Ducalcon, cong !… c’est tout de même d’un autre niveau…

Idées claires

« Faire résonner entre elles les cultures et les identités différentes », « favoriser les hybridations et les métissages », permettre l’ « insertion de la culture française dans un contexte international », « aller dans le sens de la globalisation », bref « brasser tous les héritages », cette rhétorique ampoulée, personne aujourd’hui n’y résiste plus, pas même l’auteur de ces citations, directeur à Rome d’une Académie prestigieuse… Les bigots de « la nouvelle Culture » ne font là que tourner les moulins à prière de la modernité. « Ces missionnaires de l’esprit nouveau », répandus dans les instituts français à l’étranger, sont à notre temps ce qu’étaient les précepteurs au siècle des lumières, transfuges « qui traînent partout leur ignorance » et qu’un Joseph de Maistre avait qualifiés de « balayures de l’Europe ». »

Jean Clair – L’hiver de la culture (Café Voltaire, éd. Flammarion, p.44) – 2011