Fallait pas faire 6% !

Chroniques désabusées

Me voilà de retour après une longue pause de blog, pour cause de lassitude. Ne vous réjouissez pas trop vite, je ne sais pas encore quel sera le rythme de publication.

Ceci posé, intéressons-nous à l’actualité du jour, à savoir la grande rencontre télévisée de ce soir, organisée par France 2, opposant Edouard  » Prime Minister  » Philippe à Jean-Luc  » Battling  » Mélenchon.

Déjà, la distribution est étonnante. On ne peut pas dire que notre Premier sinistre, désolé mais il a l’air aussi joyeux qu’une feuille d’impôt, si on en s’en tient à ses quelques prestations télévisuelles, soit taillé pour une rencontre de ce type. Car en face il y a un véritable bateleur de foire dont le bagout n’a pas à être vanté.

Ensuite, on peut se poser la question de la légitimité de la présence du guignol faussement insoumis. Si on regarde posément les chiffres, il est…

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Allez-y de ma part

Pangloss encore lui!

Cicéron a eu une vie passionnante dans une époque troublée. Il était avocat, le meilleur de son temps, dit-on, (certains disent de tous les temps) mais aussi philosophe, écrivain et homme politique. Il a vécu les derniers jours de la république romaine en croisant tous les acteurs de ce drame, en s’alliant à eux ou en les combattant.
Tiron fut son ami et secrétaire, esclave puis affranchi; il l’a accompagné dès le début de sa carrière. Il a pris note de tout, de ses plaidoiries, de ses traités philosophiques mais aussi de tous les épisodes de sa vie. Il a mis au point une méthode sténographique pour transcrire le latin (les notes tironiennes) qui fut utilisée après lui pendant des siècles.

C’est grâce à lui que l’œuvre de Cicéron nous est parvenue.

Dommage qu’il n’ait pas écrit ses mémoires ou -s’il l’a fait- qu’elles aient été perdues.

Qu’à cela ne…

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Le jeune Miguel de Unamuno

Noix Vomique

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Les vagues de l’histoire, avec leur rumeur et leur écume miroitante au soleil, roulent sur une mer massive, profonde, infiniment plus profonde que la couche qui ondule sur cette mer silencieuse dont le fond dernier n’est jamais atteint par le soleil. Tout ce que racontent quotidiennement les journaux, toute l’histoire du « moment historique présent », ce n’est que la surface de la mer; surface qui se congèle et cristallise dans les livres et les archives. Les journaux ne disent rien de la vie silencieuse des millions d’hommes sans histoire qui à chaque heure du jour et dans tous les pays du globe se lèvent sur un ordre du soleil et vont à leurs champs pour continuer l’obscure et silencieuse tâche, quotidienne et éternelle, cette tâche semblable à celle des madrépores au fond des océans et qui jette les bases sur lesquelles s’érigent les îlots de l’histoire. C’est sur le…

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La folie du progrès

Survivre_au_progres

« Un homme sensé, même s’il a un peu chaud, n’ouvre pas l’outre d’Éole pour se procurer un léger zéphyr.

Le premier bienfait d’une société policée est dans la stabilité qu’elle assure à tous, de sorte qu’il n’est pas un de ses membres, même parmi les moins défavorisés, qui dans le présent, ne se trouve le maître d’un peu d’avenir.

Cette stabilité s’oppose à la folie du progrès, puisqu’elle substitue la jouissance d’un bien réel à la poursuite d’un bien imaginaire, mais loin d’être contraire aux améliorations véritables, elle seule les permet. »

Abel BonnardLe drame du présent, Les Modérés (Éd. Bernard Grasset, Paris, 25e édition,  p. 24) – 1936

Flaubert contre la manie sociale des écrivains

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Écrivain à la mode, quel oxymore ; écrivain engagé, quelle vanité ; mais se croire écrivain alors qu’on n’en a pris que le titre – quelle pitié ! C’est ainsi que Flaubert s’élève contre la mode de son temps – la bourgeoisie triomphante sous Louis-Philippe – dans l’une de ses lettres à Louise Colet (18 septembre 1846, p.351).

« Il est facile, avec un jargon convenu, avec deux ou trois idées qui sont de cours, de se faire passer pour un écrivain socialiste, humanitaire, rénovateur et précurseur de cet avenir évangélique rêvé par les pauvres et par les fous. C’est là la manie actuelle ; on rougit de son métier. Faire tout bonnement des vers, écrire un roman, creuser du marbre, ah ! fi donc ! C’était bon autrefois quand on n’avait pas la mission sociale du poète. Il faut que chaque œuvre maintenant ait sa signification morale, son enseignement…

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Identité dynamique

Paul Fortune

Je suis passé dans une librairie que j’ai coutume de fréquenter et j’ai pu y contempler avec déplaisir la couverture du dernier ouvrage du sinistre Hervé Le Bras sur laquelle s’étalait un bandeau proclamant que « notre identité ne peut être que dynamique ». Cette phrase ne veut absolument rien dire, mais cela fait bien et impressionne le chaland. Le ton péremptoire de cette affirmation toute marketing relève d’ailleurs de l’intimidation intellectuelle dont Le Bras semble être un fervent utilisateur. On l’a entendu en effet face à Renaud Camus sur France Culture commencer son intervention en disant  « je suis polytechnicien, je suis un scientifique », manière de dire dès le départ que lui est important et que quiconque le contredira devra d’abord présenter un titre au moins aussi ronflant. Passons rapidement sur le fait qu’un homme de 74 ans qui commence par se réclamer d’un diplôme obtenu dans sa vingtaine serait tenu ailleurs…

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