Bonne fin de semaine !

« It’s good to see you again
You’re my lover, take my hand.
It’s so good to touch your skin
To grab your jeans and bite your lips again… »

Gush – Let’s burn again – 2010 [Everybody’s God]

(seul bémol : il s’agit d’un groupe français qui a fait un album uniquement avec des titres en anglais… dommage ! La pression industrielle est sans limite…)

La multitude moderne

« […] il faut ici mentionner que la multitude qui se donne toute licence – exactement comme le mégalomane dans ses rêveries -ne s’estime pas seulement détenir la sagesse infuse mais, également convaincue d’avoir pour elle la vertu, se paraît valeureuse, noble invincible, pieuse et belle; et là où ils sont en grand nombre, les hommes de ce monde ont tendance à se permettre tout ce qui leur est individuellement interdit.

Ces privilèges des multiples »Je » grandis en un « Nous » donnent aujourd’hui la nette impression que la civilisation et la domestication croissantes de l’individu doivent être compensées par un processus proportionnel de décivilisation des Nations, des États et de toutes les communautés d’esprit; évidemment, il faut y voir la manifestation d’un désordre des affects, d’un trouble de l’équilibre affectif qui bien y regarder précède même l’antagonisme du « Je » et du « Nous », et tout jugement moral. »

Robert MusilDe la bêtise (Éd. Allia, Paris, p. 21-22) – 2015 [1937, conférence à Vienne]

La fabrication des zombis

« Que voulaient les communistes d’autrefois ? Ils voulaient la mise en commun des richesses de l’humanité et une gestion rationnelle assurant à tous abondance et paix. Ils voulaient aussi la création d’un homme nouveau, capable de désirer ces bienfaits, un homme rationnel et universel, délivré de toutes entraves que sont des racines, une nature et une culture. Ils voulaient enfin assouvir leur haine des hommes concrets, porteurs de différences, leur haine également de la vieille Europe, multiple et tragique.

Et l’Occident américain, que veut-il ? Eh bien, la même chose. La différence porte sur les méthodes. Récusant la planification par la contrainte, le système américain voit dans le marché le facteur principal de la rationalité économique et des changements. D’où le nom de communisme de marché que lui donne Flora Montcorbier.

Le communisme de marché, autre nom du mondialisme, ne partage pas seulement avec son ex-frère ennemi soviétique la vision radieuse du but final. Pour changer le monde, lui aussi doit changer l’homme, fabriquer l’homo oeconomicus de l’avenir, le zombi, l’homme du nihilisme, vidé de contenu, possédé par l’esprit du marché et de l’Humanité universelle. »

Dominique VennerHistoire et tradition des Européens, 30 000 ans d’identité (Éd. du Rocher,  p. 220) – 2004

Juste une reTuche…

L’ami Paul Fortune vient d’éditer un nouveau billet, ce qu’il n’avait pas fait depuis décembre; or ce qui est rare est précieux donc courrez vite le lire. C’est par ici.

Je ne me lancerai pas dans une analyse des gags ou de l’aspect comique capture_decran_2018-01-11_a_12.19.26.pngde telle ou telle réplique ou situation de ce nouveau volet de la saga des Tuches car la seule vision de la tronche de Jean-Paul Rouve (ci-contre) avec cette tête de demeuré consanguin, et la seule écoute de leur accent exagérément débile m’insupportent et m’empêchent de regarder ce film en entier. La seule bande-annonce fut déjà un calvaire, tout comme a pu m’exaspérer le film « Les ch’tis » en son temps; ce terrible navet aux sonorités plus qu’agaçantes a été tellement plébiscité en terme d’entrées que je m’interroge sérieusement sur l’état psychologique et intellectuel de mes compatriotes qui se sont rués de manière identique, et tout aussi préoccupante, pour voir « Qu’est-ce qu’on a fait au Bon Dieu »…

Je ne retiendrai que la fin de son billet acerbe et tristement réaliste lorsqu’il nous fait partager sa pensée sur les comédies françaises actuelles, et je trouve qu’il cible parfaitement le problème essentiel de ces productions du rire en conserve devenues industrielles : l’humiliation systématique du pèquenot français de base.

« Il fut une époque où la comédie française savait être plus incisive, presque cynique parfois, et jouait sur la mise en ridicule des puissants et des pédants. Tout le comique de Louis de Funès réside dans la dérision du petit chef. Prenez les Bronzés ou le Père Noël est une ordure : on y trouve l’irrespect de ceux qui se prennent au sérieux, trait qu’on retrouve dans les comédies de Weber ou de Patrice Leconte. Toute cette veine tient à ce que la France est un pays de caste rigide et c’est bien pour cela que les comédies excellent à y ridiculiser les puissants, grands ou petits. Ce trait semble avoir progressivement disparu. On ne se moque plus que grassement du vulgaire, façon semble-t-il de dire au peuple de fermer sa gueule et de se voir con.

Il est triste que les Français adhèrent massivement à leur humiliation. Peut-être le méritent-ils, au fond. »

À l’aune des résultats des élections présidentielles de ces dernières décennies et de l’inertie du peuple français, en tout cas de ce qu’il en reste, il le mérite, c’est certain.