Réponse au vagabond…

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Il y a presque un mois, un jeune homme que je connais bien et qui est venu faire un tour dans mon établissement m’a laissé ce petit commentaire à propos du billet sur la propagande homosexualiste et les merdias :« « entre deux êtres conçus pour pénétrer et non pas pour être pénétrés »
Qui a conçu ça ? Pourquoi ? Et en quoi cela nous donne t-il un devoir ?
Je ne comprends pas l’apparition ici de la finalité, alors que le moteur d’évolution est le hasard. ».

Je lui ai promis une réponse que j’ai décidé de mettre sous la forme d’un billet…

S’agissant de la première question « Qui a conçu ça ? », je ne crois pas qu’il soit capital d’y répondre pour appréhender le concept de reproduction humaine et d’organes érectiles ou réceptacles, ainsi que l’incompatibilité originelle entre deux « prises mâles » ou l’invraisemblable normalisation de l’association d’un XY (prévu génétiquement pour rechercher un individu XX avec tout l’attirail hormonal et l’adaptation anatomique à cette mission originelle) avec… un XY !!!

Il est aussi très difficile pour moi, comme pour l’ensemble de l’humanité me semble-t-il, de donner une réponse claire, nette et définitive à cette interrogation métaphysique que tu soulèves.

Étant agnostique, je ne crois pas en une puissance divine mais je suis aussi dans l’impossibilité de dire qu’elle n’existe pas. Étant de formation scientifique et plutôt cartésien, je connais les mécanismes de création de la matière organique, les notions de « soupe originelle » et d’évolution darwinienne mais aussi celles de « mur de Planck » ou de « big crunch… mais franchement, qui peut se targuer de savoir exactement ce qu’il y a eu avant ce mur de Planck ou ce qu’est vraiment le « rien », ce qu’il y aura à la place de l’univers après le Big Crunch ?… Je m’interroge, donc…

Et si nous abordons les mécanismes physiologiques si fins et précis présents chez les êtres-vivants, ceux des réactions biochimiques complexes et pour certaines ultra-spécialisées et si bien adaptées à la création et le maintien de la vie, toute cette mécanique de l’appareil locomoteur animal si « miraculeuse » à l’image du fonctionnement des organes des sens… et bien, je t’avouerai que je suis perplexe…

Je me rends compte que la raison ne peut pas tout expliquer et comme l’énonçait si bien Blaise Pascal :  » La dernière démarche de la raison est de reconnaître qu’il y a une infinité de choses qui la surpassent ».

Ceci étant posé, et comme je l’indiquais en préambule, répondre à cette question n’est pas essentiel pour amener une explication au reste, ce n’est pas fondamental par rapport à l’histoire du contenant et du contenu, et des conséquences que cela induit chez les humains.

Ainsi, en ce qui concerne la seconde question « Et en quoi cela nous donne t-il un devoir ? », ce que je sais, c’est que toute fonction implique des responsabilités, des devoirs, que ce soit dans le vie professionnelle ou politique, ou que ce ce soit dans le milieu naturel. Nous sommes donc des êtres-vivants, certes doués de conscience, mais avant tout prédéterminés génétiquement pour effectuer une mission primordiale : la transmission de gènes en essayant d’améliorer leurs combinaisons par la recherche d’autres gènes potentiellement aussi performants voire meilleurs que les nôtres. Par essence, nous avons le devoir de nous reproduire, ordre intimé par la nature de fait, sorte d’injonction congénitale naturelle, et ceci implique donc une sexualité influencée par cela (et évidemment, il n’est pas question de ne limiter la sexualité qu’à de la reproduction mais cette dernière donne le ton…). J’aborde ici les notions de naturalisme et d’utilitarisme (un universalisme du biologique qu’il ne faut pas confondre avec l’universalisme utopique des mouvements gauchistes !).

Et là, revient l’éternel débat (affrontement ?) entre nature et culture, entre existentialisme et essentialisme, … que je ne développerai pas ici par manque de temps.

Pour finir, tu abordes les notions de « finalité, d’évolution et de hasard ». Vaste programme !

Évidemment que le moteur de l’évolution est le hasard, le tâtonnement, mais toujours dans le but d’adapter la fonction physiologique à son environnement, aux paramètres qui peuvent changer, aux conditions qui engendreraient une pression sélective forte (les stratégies expliquées par Richard Dawkins dans Le gène égoïste). Le hasard et la nécessité !

Je ne comprend pas ton argument opposant finalité et évolution… En effet, cette dernière existe afin de faire perdurer, d’améliorer les processus aboutissant à la finalité de telle ou telle fonction organique. Je n’arrive pas non plus à saisir pourquoi tu abordes la notion d’évolution lorsque j’évoque « deux êtres conçus pour pénétrés »… il n’y a aucune évolution fonctionnelle ici, seulement un cul de sac stérile entre deux organes érectiles ! Une prise mâle ne peut aller avec une autre prise mâle…

Enfin, puisqu’il est recommandé par tous les éminents spécialistes de la dissertation de conclure par une problématique à méditer, sur laquelle il serait bon de se pencher, je te laisse en compagnie de ce très cher Gilbert Keith Chesterton qui écrivit ceci dans son Orthodoxie : « Une habitude idiote s’est imposée dans le débat moderne, qui consiste à dire que telle ou telle croyance a sa raison d’être à une époque et non à une autre. Un dogme digne de foi au XIIème siècle, nous dit-on, ne l’est plus au XXème. Autant dire de telle philosophie qu’elle est plausible le lundi, mais pas le mardi. Autant dire qu’une certaine vision du cosmos convient à trois heures et demie, mais pas à quatre heures et demie. Ce qu’un homme peut croire dépend de sa philosophie et non de l’horloge du siècle. Si l’on croit que la loi naturelle est immuable, on ne peut croire à aucun miracle, quelle que soit l’époque. Si l’on croit à une volonté derrière la loi, on peut croire à tous les miracles, quelle que soit l’époque. Supposons, à titre d’exemple, que nous traitions d’un cas de guérison thaumaturgique. Un matérialiste du XIIème siècle n’y aurait pas cru davantage qu’un matérialiste du XXème siècle. Mais un scientifique chrétien du XXème siècle y croirait autant qu’un chrétien du XIIème siècle. Cela ne tient qu’à la théorie personelle que l’on met en application. C’est pourquoi, dans le cas d’une réponse historique, il ne s’agit pas de savoir si elle s’est présentée à notre époque, mais si elle nous a été donnée pour répondre à notre question. Et plus je songeais aux circonstances dans lesquelles le christianisme est venu au monde, plus je sentais qu’il était venu précisément pour répondre à cette question. ».

Il n’y a donc pas, d’après moi, des idées erronées ou valables à telle époque ou à telle autre (du genre, « tu te rends compte ? on est au XXIe siècle quand même ! »…), juste une réalité que l’idéologie gauchiste à tendance à transformer pour l’adapter à ses lubies et ses utopies.

Au plaisir de te recroiser dans la vie réelle et d’échanger à nouveau sur tout et sur rien.

Lebuchard courroucé (et de plus en plus !).

L’anticipation est mère de sûreté

« Dans cette atmosphère de maladie, des hommes réfléchis, de ces hommes qui commandent essayent de retrouver cette ancienne santé et leur ancien confort de cette ancienne assurance du lendemain qu’ils nommaient civilisation de l’Occident.

Ils font des livres et des rapports, ils prononcent des sermons, ils convoquent des conférences et des parlements et ils expliquent presque tout ce qui se passe par diverses folies guérissables et par diverses opinions fausses et redressantes des hommes

Ils pensent qu’à l’orgueil doit succéder la modestie, à la dépense l’économie.

Le désordre a renversé la sérénité et la sûreté des pouvoirs spirituels. Les pouvoirs recherchent ce bien-être perdu. »

Paul NizanLes Chiens de garde (Éd. Rieder, 5e édition, Paris, p. 204-205) – 1932

Lard comptant pour rien

montage Lard comptant pour rien

« Tous les arts sont comme des miroirs où l’homme connaît et reconnaît quelque chose de lui-même » nous disait le philosophe Alain (cf. Vingt leçons sur les Beaux-arts, éd. Gallimard, 1931, Seizième leçon, p. 225), et bien cette sorte de magma charnel informe, ce lard dégoulinant en dit long sur l’artiste et sur la société dont il est issu. Il est bien le symbole de délabrement moral et esthétique, de l’effondrement et la disparition des valeurs séculaires fondatrices de notre civilisation occidentale.

Il n’est pas une semaine sans que l’on assiste à des « performances » de gugusses autoproclamés artistes, que l’on nous impose à la vue de façon totalitaire des structures, « sculptures » ou « tableaux » ignobles, insensés, inutilement provocateurs dans des lieux publics, financés par nos impôts sans nous avoir concertés au préalable,… bref, nous sommes assommés par cette production industrielle de déchets artistiques.

Cet art contemporain, déjà bien descendu en flèche par ce cher Jean Clair que j’ai évoqué plusieurs fois sur ce blog, se fait étriller par Annie Le Brun qui vient de sortir un livre intitulé « Ce qui n’a pas de prix », et cette dernière s’est entretenue à ce sujet avec le journaliste Paul Sugy dans Le Figaro du 30 juin 2018.

en-tête article Annie LebrunC’est l’occasion d’analyser la supercherie moderne de cette expression artistique décadente et dégénérée, une des plus grandes arnaques de ces dernières décennies.

Ainsi l’article explique qu’« avec «Ce qui n’a pas de prix», l’écrivain Annie Le Brun dénonce la collusion entre l’art contemporain et la finance. Selon elle, quand l’oeuvre devient marchandise et que la valeur l’emporte sur la beauté, la sensibilité est lentement anesthésiée. »

Voici donc de nombreux extraits du Figaro qui sont des plus instructifs et des plus pertinents (pour la totalité de l’article, c’est ici).

Bonne lecture !

FIGAROVOX.- Votre livre s’ouvre sur ces mots: «s’il est une caractéristique du siècle commençant, c’est bien le jetable». Selon vous, le monde est en train de s’enlaidir sous le poids d’une culture du déchet?9782234085985-001-T

Annie LE BRUN.- Voilà cinq ou six ans que j’ai commencé à constater combien le monde s’enlaidissait, alors qu’on se préoccupait de culture et d’esthétique comme jamais encore. Incontestablement quelque chose avait changé depuis mon essai écrit en 2000, Du trop de réalité, où j’analysais quel excès de marchandises, d’images, d’informations re-conditionnait nos vies. En fait, nous étions passés de ce «trop de réalité» à un trop de déchets, c’est-à-dire à un monde que son propre fonctionnement conduisait à sa perte, ne pouvant plus ni réguler ni contrôler les nuisances qu’il produisait dans tous les domaines, qu’il s’agisse du dérèglement climatique, de la dérégulation économique et des désastres humains qui en résultent…

D’autant qu’aux formes d’enlaidissement repérées s’ajoutaient celles d’une esthétisation intensive servant à nous tromper sur ce que nous vivons comme à nous faire accepter, tout en la déniant, la marchandisation de tout comme seule réponse à une situation catastrophique.

L’art contemporain marque selon vous une anesthésie de la sensibilité. Pourquoi?

Depuis la collusion qui s’est faite dans les années 90 entre l’art dit contemporain et la finance, celui-ci s’est peu à peu trouvé investi de la mission de nous faire assister au spectacle de la transformation de l’art en marchandise et de la marchandise en art, autrement dit de la violence de l’argent travaillant à liquider la nuit de l’incalculable. Jouant la sensation contre la sensibilité, le gigantisme des œuvres présentées n’est pas un hasard, Il s’agit d’une reconfiguration de la perception, au cours de laquelle la sidération qui s’ensuit favorise la disparition de tout esprit critique comme l’instauration d’un nouveau mode de servitude par insensibilité mimétique. N’est-il pas étonnant que Charles Saatchi, l’artisan de la victoire de Magaret Thatcher, l’inventrice de la fameuse formule: «There ‘s no alternative» soit devenu l’un des plus grands promoteurs de l’art dit contemporain?

[…]

D’un autre côté, le beau et le laid ne sont pas toujours aisés à définir…

Il serait ridicule de prétendre définir la beauté. Diderot ne s’y trompe pas en précisant au début de son article de l’Encyclopédie «Comment se fait-il que presque tous les hommes soient d’accord qu’il y a un beau ; qu’il y en ait tant entre eux qui le sentent vivement où il est, et que si peu sachent ce que c’est?». Pourtant Victor Hugo, en évoquant la beauté comme «l’infini contenu dans un contour», dit de quoi il retourne et laisse à penser que la laideur est tout ce qui empêche le surgissement de cet infini sans parler l’appel d’air qui va avec.

Or, n’est-ce pas justement ce à quoi travaille l’actuelle marchandisation du monde, en substituant la multitude de ses produits à l’ouverture de toute perspective qui lui échappe? Et c’est précisément là que se mène la guerre dont je parle et dont, sans le savoir, chacun de nous est l’objet. Il s’agit d’une guerre implacable contre tout ce dont l’on ne peut extraire de la valeur, et du coup c’est la totalité de notre vie sensible qui s’en trouve menacée. Car je pourrais tout autant parler d’une guerre contre le silence, d’une guerre contre l’attention comme d’une guerre contre le sommeil, ou encore d’une guerre contre l’ennui, d’une guerre contre la rêverie… C’est sans doute pourquoi il a été misé sur l’art contemporain, fort de tous les moyens symboliques pour induire à la fois ce qui concerne l’objet, le corps ou l’espace. Il serait pourtant trop facile d’en conclure à une guerre de la représentation, alors que ce n’est là qu’un des aspects d’un combat protéiforme, dont l’étendue et la complexité parviennent paradoxalement à en dissimuler l’existence dans tous les domaines, qu’il s’agisse de l’art, de la santé, de l’enseignement… c’est toujours la même guerre contre ce qui n’a pas de prix.

[…]

Cette incorporation du discours dans l’œuvre elle-même ne rend-elle pas impossible toute critique de l’œuvre?

Non, il est essentiellement cynique, induisant un ensemble de protocoles, de conduites, de postures, qui autorisent une attitude de surplomb, permettant d’avancer une chose et son contraire, à la seule fin que surtout rien ne change. Il s’agit de l’art officiel de la globalisation, c’est pourquoi, en référence au «réalisme socialiste», j’ai parlé de «réalisme globaliste», qui a la supériorité de ne pas sembler servir une idéologie avec ses thèmes et ses mots d’ordre précis mais d’agir en profondeur pour instaurer un système de servitude volontaire mais aussi involontaire sinon inconsciente.

[…]

N’y a-t-il rien à sauver dans l’art contemporain? Existe-t-il des artistes que vous continuez d’apprécier?

Il ne s’agit malheureusement pas d’un problème esthétique. À cet égard, rien n’est à sauver, quand la question est de trouver comment s’opposer au cours catastrophique que prennent les choses. Il faut se souvenir de ce qu’annonçait Arthur Cravan en 1912: «Dans la rue, on ne verra bientôt plus que des artistes, et on aura toutes les peines du monde à y découvrir un homme».

Je trouve la référence finale excellente et tellement visionnaire. Dans cette société du futile, du spectacle permanent, de la gesticulation inutile, chaque unité de la multitude humaine de notre Occident malade se prend pour un artiste; chacun fait tout pour avoir son « quart d’heure de célébrité mondiale », dixit le dégénéré d’Andy Warhol.ob_954dd3_annie-le-brun-pm

Grâce aux réseaux sociaux, à internet, aux merdias, n’importe quel imbécile peut avoir une renommée soudaine et très souvent furtive mais qui dénote bien de l’abaissement du niveau intellectuel général, du manque de discernement et de valeurs du troupeau de citoyens décérébrés par les écrans et un système éducatif à la dérive gangréné par des adeptes de la religion du laid, de déplorable et du déchet.

Je souhaite tellement que le réveil des peuples européens s’accompagne d’une mise au ban de tout ce système, de toute cette nébuleuse de l’art comptant pour rien. Il s’agit en tous les cas d’une véritable guerre (terme employé sur le verso du livre d’Annie Le Brun).

Cette guerre idéologique, cet affrontement culturel auraient tendance à plutôt virer en notre faveur mais rien n’est encore fait.

L’avenir nous le dira, évidemment, mais allez savoir pourquoi, pour le coup, je suis assez optimiste !

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La conspiration expliquée…

« […] le système et les médias « éduquent » – à savoir déforment systématiquement – les gens de sorte qu’ils ne puissent pas finalement s’intéresser à quelque chose qui dépasse quelques secondes ou à la rigueur quelques minutes.

Il y a là une conspiration, non pas au sens policier, mais au sens étymologique : tout cela « respire ensemble », souffle dans la même direction, d’une société dans laquelle toute critique perd son efficacité. »

Cornelius CastoriadisLa montée de l’insignifiance (Éd. du Seuil, Les Carrefours du Labyrinthe 4, Paris,  p. 103) – 1996

L’Occident, le voilà !

Wolfgang Amadeus Mozart –  Messe de requiem en ré mineur – 1791 [2006]

Choeur de l’Orchestre de Paris en la Cathédrale de Chartres, ensemble orchestral Prométhée, dirigé par Pierre-Michel Durand.

N.B. : vous noterez l’extrême diversité raciale des acteurs de ce sublime concert… comme quoi, la diversité ethnique est primordiale pour nous enrichir et produire du beau !