Choc des cultures

« L’une des grandes inventions du XIXe siècle fut que « l’hérédité physiologique nous garantit l’hérédité psychologique ». Cela ne signifiait pas pour Hippolyte Taine qu’un individu héritait seulement de son père ou de sa mère, mais d’un vaste « magasin » comprenant tous ses ascendants « en remontant à l’infini ».

Les conséquences, ajoutait-il, étaient considérables et permettaient de prendre des vues à longue portée sur l’histoire humaine puisque l’on savait désormais que « la persistance des aptitudes et des tendances léguées » y jouait un rôle prépondérant :  » La ténacité du caractère héréditaire et transmis  explique les obstacles qui empêchent telle civilisation, telle religion, tel groupe d’habitudes mentales et morales de se greffer sur une souche différente ou sauvage. ».

Ainsi s’expliquait que les styles ne fussent transmissibles que par leur reproduction au sein d’une même souche ». Ainsi s’expliquait encore le principe de l’imperméabilité des cultures qu’avait déjà défendu Herder; et si, comme l’ajoutait le XIXe siècle, chaque culture était l’émanation d’une race, les chocs des cultures étaient nécessairement des chocs de races. »

Éric MichaudLes invasions barbares, une généalogie de l’histoire de l’art (Éd. Gallimard, nrf essais, p. 24 et 25) – 2015

C’est encore la faute de « la communication »…

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La campagne de financement participatif de Paris 2024 fait un flop.

Les organisateurs espéraient récolter 12 millions d’euros mais ils n’auront réussi à en rassembler que 630.000 à cause d’une communication trop discrète et d’un format trop contraint.

C’est ce qu’on appelle un bide. Le comité d’organisation de la candidature de Paris pour les jeux olympiques de 2024 a clos en toute discrétion la campagne de financement participatif qu’il avait lancé en grande pompe en septembre dernier. Et pour cause: au lieu des quelque 12  millions d’euros escomptés, ce sont seulement 630.000 euros qui ont été récoltés. […]

[…]Paris avait également misé sur un format particulier pour cette levée de fonds participative. En effet, l’idée était d’attirer 2024 donateurs qui devaient verser 2024 euros par an pendant trois ans, en référence à la date des jeux olympiques. Une somme qui n’était pas à la portée de toutes les bourses. Autres opérations étonnantes: l’envoi des SMS…

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Synchronisation

« Je laisse aux experts le soin de décider s’il faut choisir, pour les nouveaux arrivants, la voie de l’intégration ou celle de l’assimilation.

Tout ce que je sais, c’est que les habitants d’un même territoire ne peuvent vivre ensemble que si leurs montres indiquent la même heure. La synchronisation s’impose. Et elle est incompatible avec la poursuite, au rythme actuel, de l’immigration de peuplement.

Pour Philosophie magazine, Michel Eltchaninoff est allé à La Villeneuve, ce quartier des environs de Grenoble qui avait été conçu à l’origine comme « un modèle d’ouverture à autrui et à la mixité » et qui est devenu peu à peu ethniquement homogène.

Pourquoi ce fiasco ? Parce que, selon un militant associatif resté sur les lieux, « La Villeneuve est une utopie du Nord peuplée avec des gens du Sud. On n’a jamais appris la vie urbaine à ces populations issues de la ruralité. C’est ce qui explique que tant de personnes jettent leurs ordures par les fenêtres. Dans ces pays, les espaces publics sont dégoûtants alors que l’espace privé est impeccable ».

Nul n’est par essence ou par fatalité étranger à l’urbanité française. Mais, pour que tous deviennent contemporains, il ne faut pas qu’augmentent indéfiniment le nombre de ceux qui ne le sont pas au départ.

Ou alors, une autre synchronisation risque d’advenir, celle dont le pape François donne d’ores et déjà l’exemple en alignant sans avoir l’air d’y toucher la morale chrétienne sur le coup de boule de Zinedine Zidane : »Si un ami parle mal de ma mère, il faut s’attendre à un ramponneau. On ne peut provoquer, insulter la foi des autres. »

Alain FinkielkrautLa seule exactitude (Éd. Stock, Paris, p.242) – 2015

Une démocratie pour spectateurs

« Lippmann [Walter Lippmann, journaliste des années 20], qui avait pris part aux commissions de propagande, en avait reconnu l’impact.

Ce qu’il appelait « une révolution dans l’art d’exercer la démocratie » devait pouvoir,disait-il, être utilisé pour « fabriquer le consentement », c’est-à-dire pour obtenir l’adhésion de la population à des mesures dont elle ne veut pas, grâce à l’application des nouvelles techniques de propagande. »

Noam Chomsky, Robert W. McChesneyPropagande, médias et démocratie (Éd. écosociété, Montréal, p.21)- 2004 [1997]

Les fêtes de Cordicopolis

« Si la fête est représentation didactique de la puissance en marche, elle est également une compensation.

Éclipsant le souvenir de foules idolâtres ou révolutionnaires, ce désordre est destiné à en éviter de plus dangereux.

En ce sens, le projet ressort d’une préoccupation éminemment politique.

Il s’agit d’abolir la prééminence sociale de la rue pour empêcher la mise en oeuvre d’une violence insurrectionnelle. »

Olivier IhlLa fête républicaine (nrf, Éd. Gallimard, Bibliothèque des Histoires, p.338) – 1996