Bartolone, Hidalgo,… lisez Pound !

« Il est très difficile de faire comprendre aux gens cette indignation impersonnelle qui vous prend à l’idée du déclin de la littérature, de ce que cela implique et de ce que cela produit en fin de compte.

Il est à peu près impossible d’exprimer, à quelque degré que ce soit, cette indignation, sans qu’aussitôt l’on vous traite « d’aigri » ou de quelque autre chose du même genre.

Néanmoins « l’homme d’état ne peut gouverner, le savant ne peut communiquer ses découvertes, les hommes ne peuvent se mettre d’accord sur ce qu’il convient de faire, sans le langage » et toutes leurs actions, toutes les conditions de leur vie sont affectées par les défauts ou les qualités  de leur langue. »

Ezra PoundA.B.C. de la lecture (Éd. de L’Herne,  p. 35) – 1966

Paradis gauchiste multiculti

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Voilà un bel exemple paradisiaque du résultat épatant d’un grand remplacement de natifs indiens par une nourrissante et enrichissante soupe multiculti agrémentée par des années d’élans progressistes gauchistes…

L’ancien footballeur brésilien international239582-rivaldo  Rivaldo Vitor Borba Ferreira, champion du monde 2002, ballon d’or 1999,… témoigne (cf. L’essentiel du 9 mai 2016) à propos de son pays où il fait bon vivre ensemble : «Je conseille à tous ceux qui envisagent de visiter le Brésil, ou de venir aux Jeux Olympiques de Rio, de rester chez eux», affirme l’ancien joueur du FC Barcelone et de l’AC Milan sur Instagram. «Au Brésil, votre vie sera en danger. Sans parler des hôpitaux publics qui sont incompétents, et du désordre grandissant en politique. Seul Dieu peut changer la situation de notre pays».

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Le Brésil est un des pays les plus violents au monde avec une sécurité plus qu’aléatoire lorsqu’on se ballade en ville (fléau des balles perdues à Rio selon RFI du 31 janvier 2015) et avec une criminalité qui explose ces dernières années (1 assassinat toutes les 30 minutes en ville selon 24h du 1er octobre 2015).

D’après l’Étude globale sur l’homicide, publiée en 2011 par l’Office des Nations unies contre la drogue et le crime (UNODC), et relatée par Le Monde America Latina du 28 mai 2014, le Brésil enregistrait 43 909 homicides pour l’année 2009, soit pratiquement un meurtre sur dix parmi ceux commis dans le monde.

« Les 56 337 meurtres de 2012 équivalent à un taux de 29 homicides pour 100 000 habitants. De ce point de vue, des petits pays d’Amérique centrale, le Honduras et le Salvador, restent les plus meurtriers, mais le volume de victimes n’est absolument pas comparable. La plupart des homicides commis par les Brésiliens ne résultent pas de l’action de trafiquants ou du crime organisé, mais de ce que les experts appellent des motifs « futiles » : rixes de voisinage ou de famille, bagarres provoquées par l’alcool, disputes qui dégénèrent. Les victimes sont surtout des jeunes hommes Noirs ou métis… »

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(source Mapa da violencia 2014 – FLACSO Brasil)

Pour couronner le tout, la corruption gangrène cette nation, comme beaucoup d’autres, mais ce qui relève ici de l’incroyable, de l’inimaginable, c’est qu’une partie de cette corruption concerne les chevaliers blancs du progrès, les gauchistes Lula et Rousseff (cf. 20 minutes du 17 mars 2016), réélus deux fois chacun dans un élan d’optimisme naïf surprenant (pour ensuite faire des manifestations monstres comme l’indique France24 du 14 mars 2016… les brésiliens sont des veaux auraient pu dire le Général !).

Sans parler selon diplomatie.gouv.fr d’une croissance de -4% en 2015 (après celle de 0,2% en 2014 soit…une bricole…), d’un inflation à 10% (6,4% en 2014), d’un taux de chômage de 7,5% (4,8% en 2014),… pourtant, après des années de social-démocratie et de gouvernants gauchistes, le paradis devrait être là !…

Bref… « que du bonheur » selon l’expression consacrée à tout et n’importe quoi d’un progressiste de mon entourage !

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Égalité à toutes les sauces

« La république est alors un régime d’homogénéité entre les institutions de l’État et les moeurs de la société.

La tradition républicaine, en ce sens, ne remonte ni à Rousseau ni à Machiavel. Elle remonte proprement à la politeia platonicienne. Or celle-ci n’est pas le règne de l’égalité par la loi, de l’égalité « arithmétique » entre unités équivalentes.

Elle est le règne de l’égalité géométrique qui met ceux qui valent plus au-dessus de ceux qui valent moins.

Son principe n’est pas la loi écrite et semblable pour tous, mais l’éducation qui dote chacun et chaque classe de la vertu propre à sa place et sa fonction. »

Jacques RancièreLa haine de la démocratie (Éd. La fabrique, Paris, diffusé par Les Bellles Lettres, p.71) – 2005

Assistanat thérapeutique

« Dans un monde où l’énergie de la scène publique, l’énergie du social comme mythe et comme illusion (dont l’intensité est maximale dans les utopies) est en voie de disparition, le social se fait monstrueux et obèse, il se dilate à la dimension d’une niche, d’un corps mammaire, cellulaire, glandulaire, qui jadis, s’illustrait dans ses héros, et aujourd’hui s’indexe sur ses handicapés, ses tarés, ses dégénérés, ses débiles, ses asociaux, dans un gigantesque entreprise de maternage thérapeutique. »

Jean BaudrillardLes stratégies fatales (Éd. Grasset et Fasquelle, coll. Figures, Paris, p. 79) – 1983

Esprits façonnés

« Le façonnement industriel des esprits nous contraindra dans un très proche avenir à le prendre en considération comme une puissance radicalement nouvelle, sans commune mesure avec ses commencements, et qui croît avec une grande rapidité.

Il est proprement l’industrie-clé du vingtième siècle.

Partout, où de nos jours, un pays civilisé est occupé ou délivré, partout où s’accomplit un coup d’État, une révolution, un chambardement, le nouveau régime ne s’empare plus en premier lieu de la rue et des centres de l’industrie lourde, mais des postes émetteurs, des imprimeries et des services de télécommunications. »

Hans Magnus EnzensbergerCulture ou mise en condition ? (Éd. Les Belles Lettres, coll. Le goût des idées,  p.16) – 2012 [1962]

Hypallage

« Nul mieux que Louis-Sébastien Mercier n’a résumé la manière de Voltaire en observant qu’il « ne travaillait pas sa pensée, mais son style ».

Le style de Voltaire est dominé par l’antiphrase qui rend sa pensée inclassable. L’antiphrase n’est pas seulement la figure de l’ironie mais peut devenir celle de la contrevérité quand elle se convertit en hypallage.

L’hypallage consiste à retourner la réalité en inversant dans une proposition donnée les propriétés de certains mots pour les attribuer à d’autres. […]

[…] « Les philosophes criaient à la tyrannie », confirme Gaxotte, alors que « la véritable tyrannie était celle qu’ils exerçaient sur la littérature ».

L’hypallage des philosophes, dès lors qu’elle prend une pose supposée voltairienne, consiste à faire taire un adversaire au nom de la « tolérance », rebaptisée depuis « liberté d’expression ». »

Michel LeterTout est culture (Éd. Les Belles Lettres, Paris, p. 191 et 192) – 2015