Une démocratie pour spectateurs

« Lippmann [Walter Lippmann, journaliste des années 20], qui avait pris part aux commissions de propagande, en avait reconnu l’impact.

Ce qu’il appelait « une révolution dans l’art d’exercer la démocratie » devait pouvoir,disait-il, être utilisé pour « fabriquer le consentement », c’est-à-dire pour obtenir l’adhésion de la population à des mesures dont elle ne veut pas, grâce à l’application des nouvelles techniques de propagande. »

Noam Chomsky, Robert W. McChesneyPropagande, médias et démocratie (Éd. écosociété, Montréal, p.21)- 2004 [1997]

Les fêtes de Cordicopolis

« Si la fête est représentation didactique de la puissance en marche, elle est également une compensation.

Éclipsant le souvenir de foules idolâtres ou révolutionnaires, ce désordre est destiné à en éviter de plus dangereux.

En ce sens, le projet ressort d’une préoccupation éminemment politique.

Il s’agit d’abolir la prééminence sociale de la rue pour empêcher la mise en oeuvre d’une violence insurrectionnelle. »

Olivier IhlLa fête républicaine (nrf, Éd. Gallimard, Bibliothèque des Histoires, p.338) – 1996

Égalité progressiste parfaite

 

montage Khomri vs Giroud

Comme d’habitude, les actualités défilent à une allure tellement ahurissante qu’il est toujours difficile, en tous les cas pour moi, de réagir instantanément aux évènements.

Concernant la sortie de l’éminence grise Myriam chez Bourdin le 15 novembre dernier, devant tant d’incompétence (face à la grossièreté et l’imbécilité de Bourdin), j’avais pensé à la phrase de Françoise Giroud mais pas au montage ci-dessus (merci à Contre-Info et Walfroy).

Même si, entre autres, Skandal en avait fait déjà le tour ici, je ne pouvais pas ne pas ajouter mon grain de sel.

Cette illustre inconnue n’est pas là par hasard, elle le sait très bien, bien qu’elle s’en défende (déjà pour les municipales de 2008, « les ténors du coin (Delanoë, Vaillant, Caresche…) cherchent un profil atypique. « Une femme jeune, issue de la diversité », se souvient le député Christophe Caresche » selon le Point du 2 septembre 2015 qui ajoute « Bertrand Delanoë, toujours friand de « diversité » et de visages frais, puis en 2014 Anne Hidalgo la nommeront adjointe »).

Issue d’une promotion, non pas « canapé » mais « gastronomique » suite à « un dîner qui a changé bien des choses dans la vie de Myriam El Khomri. L’an dernier, au début de l’été, l’ancien maire du 18e Daniel Vaillant convie à La Table d’Eugène, un restaurant du coin, plusieurs élus de l’arrondissement parisien et… le président de la République. Adjointe du maire de Paris, Myriam El Khomri, comme toujours souriante et chaleureuse, s’assied non loin de François Hollande. À peine deux mois plus tard, la jeune femme (37 ans aujourd’hui) est bombardée ministre de la Ville. « François Hollande s’est manifestement souvenu d’elle », raconte un convive« , elle n’a obtenue ce poste uniquement par népotisme puisque « Elle ne connaît pas grand-chose à la politique de la ville ? Et alors ? En 2008, elle ne connaît pas non plus grand-chose à la petite enfance quand Bertrand Delanoë la nomme adjointe à la Mairie de Paris »… tout est dit !

Cette personne n’a jamais travaillé dans le privé d’où son ignorance à propos des types de contrat que l’on y trouve comme le CDD, et c’est à « cette jeune femme de 37 ans, benjamine du gouvernement, inconnue du grand public, qu’incombe de réaliser enfin l’inversion de la courbe du chômage et de négocier les réformes ultra-sensibles de l’assurance-chômage et du Code du travail.  » (Les Échos du 2 septembre 2015) : on sent tout le sérieux de Toutmou, tout son intérêt pour le peuple de France !

Cerise sur le gâteau,  « C’est un pari », avoue-t-on au sein du gouvernement. Myriam El Khomri n’est pas à proprement parler une spécialiste des questions d’emploi… »  : un pari !!!…

Nos dirigeants jouent avec l’avenir des travailleurs français et des forces vives de notre nation ! Et personne ne relève tous ces aveux, personne ne s’indigne, notamment les spécialistes de l’indignation…

« En réalité, Manuel Valls entend s’y atteler lui-même. « La réforme du marché du Travail, ce sera la réforme du Premier ministre », prévient déjà un ministre. »… comment ? à quoi va donc servir cette fonctionnaire grassement rémunérée par les français ?… cette nomination ne serait donc pas un pur casting ??!!!… Vous dites qu’elle n’a pas été choisie pour ses origines ethniques ??…

Quelle mauvaise farce… et une nouvelle fois, ce sont les français qui paieront l’addition mais ils ont l’habitude et ils sont déjà passés à autre chose… certains finiront même par revoter pour cet armada d’amateurs puisqu’il suffit d’un dramatique évènement pour que Toutmou remonte de manière fulgurante dans les sondages (cf. Le Monde du 1er décembre 2015), sachant toutes les réserves que l’on peut prendre avec ces derniers et toute l’estime que j’ai pour eux

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En tous les cas, cette infographie est claire : ce ne sont pas les actions de Flamby qui le rendent populaires (popularité a priori) mais celles des autres, celles des ennemis de la France et de la chrétienté. Pitoyable inaction présidentielle…

Saint-Empire capitaliste contre la nation

« Entre le capital et la nation, il y a donc une hétérogénéité profonde et souvent une contradiction. L’Empire de l’argent a ses lois et sa propre polarisation. Comme tout ce qui existe, il a tendance détruire ce qui s’oppose à son développement ou simplement ce qui y est étranger.

La loi du profit est sourde et implacable. Il arrive que l’intérêt national y trouve son compte mais cet accord est de hasard. La loi du profit ne connaît qu’elle-même.

Si l’intérêt national se trouve sur sa route, il est balayé comme le reste.

La prospérité de nos nations ne préoccupe le grand capitaliste que parce qu’elle constitue ce qu’il appelle »un pouvoir d’achat ». Leur indépendance ne l’intéresse pas. Il les veut, au contraire, faibles et dociles, assez riches pour acheter, pas assez riches pour créer.

En définitive, les seigneurs du Saint-Empire capitaliste souhaitent aux nations l’impuissance et la prospérité.

Ils souhaitent avec bienveillance qu’elles travaillent et qu’elles soient heureuses.

Ils souhaitent qu’elles ignorent toujours qu’elles travaillent pour des maîtres inconnus. »

Maurice BardècheLes temps modernes (Éd. Les Sept couleurs, p. 100-101) – 1956

Gastropoda democratica

« À la dégénérescence de la démocratie encanaillée, nous avons vu succéder à Vichy la dégénérescence de la démocratie bourgeoise.

L’une vaut l’autre, leurs frontières sont fort vagues. Les hommes des deux cliques se croisent chaque jour devant l’hôtel du Parc. La bourgeoisie a tout simplement amené de nouveaux tyranneaux, de nouveaux profiteurs, dans le même désordre et la même impuissance qu’auparavant. Autant de phénomènes typiques de la démocratie.

Ces bourgeois, fidèles à leur nature, sécrètent la guerre comme l’escargot la bave. »

Lucien RebatetLes décombres (Éd. Denoël, p. 627) – 1942