
Catégorie : Société
La loi contre l’honneur
« Dans la fourmilière, nul n’a d’honneur.
Il y a seulement des règles de fonctionnement. Des lois.
Moins la morale est l’affaire de chacun, et plus se multiplient les lois. Je dirai que le nombre de lois est inversement proportionnel au sentiment de l’honneur de ceux qui les subissent. Et la paix tue l’honneur qui, comme toute vertu, se meurt si elle n’est pas, de temps en temps, éprouvée à l’extrême.
Oui, toute vertu a besoin, par spasmes, de son exaltation. »
Jean Cau – Les écuries de l’Occident, Traité de morale (Éd. La Table ronde, p. 61) – 1973
Épanouissement urbain

Pouvoir central révolutionnaire
« L’idée même de Révolution s’est transformée depuis les années vingt. D’abord, la politique passionne moins les Français depuis que la Chambre a été insonorisée et que M. Michel Debré les a constitutionnellement dissuadés de s’occuper de ce qui les regarde.
[…] les Révolutions qui ont pour cause prochaine la faiblesse ont bientôt pour effet le renforcement du pouvoir central.
Revel a raison de dire que, s’il devait en venir une nouvelle, elle éclaterait probablement aux États-Unis plutôt qu’en Europe occidentale : c’est que les pouvoirs locaux y conservent des attributions importantes et que chez nous, le pouvoir central ne peut guère gagner, ayant déjà presque tout pris. »
Emmanuel Berl – Le virage (Éd. Gallimard, nrf, p. 8) – 1972
Belles et rebelles

Expansion mondiale du moche
« D’où vient le mauvais goût ? Pourquoi y a–t-il du lino plutôt que rien ? Comment le kitch s’est-il emparé du monde ?
La ruée des peuples vers le laid fut le principal phénomène de la mondialisation.
Pour s’en convaincre, il suffit de circuler dans une ville chinoise, d’observer les nouveaux codes de décoration de La Poste française ou la tenue des touristes.
Le mauvais gout est le dénominateur commun de l’humanité. »
Sylvain Tesson – Dans les forêts de Sibérie (Éd. Gallimard, nrf, p.30) – 2011
Vaillance virtuelle

Monde moderne prostitutionnel
« Le monde moderne n’est pas universellement prostitutionnel par luxure. Il en est bien incapable. Il est universellement prostitutionnel parce qu’il est universellement interchangeable.
Il ne s’est pas procuré de la bassesse et de la turpitude avec son argent. Mais parce qu’il avait tout réduit en argent, il s’est trouvé que tout était bassesse et turpitude.
Je parlerai un langage grossier. Je dirai : Pour la première fois dans l’histoire du monde l’argent est le maître du curé comme il est le maître du philosophe. Il est le maître du pasteur comme il est le maître du rabbin. Et il est le maître du poète comme il est le maître du statuaire et du peintre.
Le monde moderne a créé une situation nouvelle, nova ab integro. L’argent est le maître de l’homme d’Etat comme il est le maître de l’homme d’affaires. Et il est le maître du magistrat comme il est le maître du simple citoyen. Et il est le maître de l’Etat comme il est le maître de l’école. Et il est le maître du public comme il est le maître du privé.
Et il est le maître de la justice plus profondément qu’il n’était le maître de l’iniquité. Et il est le maître de la vertu plus profondément qu’il n’était le maître du vice.
Il est le maître de la morale plus profondément qu’il n’était le maître des immoralités. »
Charles Péguy – Note conjointe sur M. Descartes (Ed. Gallimard, nrf, 8e édition, pp. 291-292) – 1914 [1942]
100% française

100% français !

Allez vous baladez par là, chez Gueuleton, c’est très sympa, les photos sont sublimes !
J’ai découvert cette photo par l’intermédiaire d’un autre bon site, Julius de France d’Hanabelle la française avec de belles bagnoles, de jolies pépés et bien d’autres beaux clichés.