Décomposition occidentale

« […] nous ne vivons pas aujourd’hui une krisis au vrai sens du terme, à savoir un moment de décision.

[…] Nous vivons une phase de décomposition.

Dans une crise il y a les éléments opposés qui se combattent- alors que ce qui caractérise précisément la société contemporaine est la disparition du conflit social et politique.

Les gens découvrent maintenant […] que l’opposition droite/gauche n’a plus aucun sens : les partis politiques officiels disent la même chose, Balladur fait aujourd’hui ce que Bérégovoy faisait hier.

[…] la décomposition se voit surtout dans la disparition des significations, l’évanescence presque complète des valeurs. Et celle-ci est, à terme, menaçante pour la survie du système lui-même.

Lorsque, comme c’est le cas dans toutes les sociétés occidentales, on proclame ouvertement (et ce sont les socialistes en France à qui revient la gloire de l’avoir fait comme la droite n’avait  pas osé le faire) que la seule valeur est l’argent, le profit, que l’idéal sublime de la vie sociale est l’enrichissez-vous, peut-on concevoir qu’une société peut continuer à fonctionner et à se reproduire sur cette unique base ? »

Cornelius CastoriadisLa montée de l’insignifiance (Éd. du Seuil, coll. Points Essais, p.106 et 107) – 1996

Procréation salvatrice pour l’Occident

« En Occident nous ne pouvons concevoir l’humain que dans cette dualité du temporel et du spirituel.

Tout l’édifice de notre prospérité mentale repose sur cette convention. Notre esprit est enraciné dans la matière et nous ne pouvons vivre que dans l’organisation savante des esprits animaux entreliés aux facultés de l’âme.

Cette loi édicte que l’homme aura la volonté de multiplier ou bien qu’il ne pourra se maintenir à l’étiage, mais que promptement il diminuera comme s’il y avait en lui la détermination de s’anéantir.

Cette loi est la promesse même faite à notre espèce, notre pacte d’alliance avec les forces du monde, la souche patriarcale de l’empire humain. »

Pierre Drieu La RochelleMesure de la France (Éd. Grasset, Les Cahiers Verts sous la direction de Daniel Halévy, 4610e exemplaire vergé bouffant, p.21 et 22) – 1922

L’expérience révolutionnaire

« L’expérience révolutionnaire est faite.

Son espoir a été trompé : c’est aux intellectuels que s’est attaquée le plus violemment la révolution russe, elle en a tué par le fer ou le feu trois cent cinquante-cinq mille deux cent cinquante,  et cette belle statistique ne parle pas de ceux, instituteurs ou professeurs, avocats ou poètes, dont elle a eu raison par la famine ou par le froid.

Le règne de l’or, maître du fer, devenu l’arbitre de toute pensée séculière, se prolongera donc si l’on n’essaye pas d’une voie nouvelle qui permette de lui échapper. »

Charles MaurrasL’avenir de l’Intelligence (Éd. Ernest Flammarion, Paris, p. 6) – 1927

Liberté réelle contre individualisme et minorités

« L’homme, dans sa dualité essentielle, est libre non pas lorsqu’il libère ses instincts, mais lorsque, par un effort sur lui-même, il tend vers plus d’humanité. […]

Dès lors, gouverner c’est contraindre, conduire les hommes collectivement dans des voies et vers des objectifs qui ne leur sont ni naturels, ni clairement perceptibles, ni conformes à leurs aspirations immédiates.

Le gouvernement, c’est donc bien la répression au sens où l’entend Freud […]. Et l’existence d’un État de droit, seul susceptible de garantir la liberté concrètement, suppose qu’au nom de l’ordre l’on pose une limite à la prolifération des droits subjectifs, qui mène à l’anomie. »

Jean-Philippe Vincent« Qu’est-ce que le conservatisme ? » (Éd. Les Belles Lettres, coll. Penseurs de la Liberté, Paris, p. 20) – 2016

La République, un système bien ficelé…

« Les gouvernements sont fort habiles. Ils agissent avec méthode, avec suite, sur un plan bien combiné et constamment perfectionné par la tradition et l’expérience. Ils étudient les hommes et leurs passions. S’ils reconnaissent, par exemple, qu’ils ont l’instinct de la guerre, ils attisent, ils excitent ce funeste penchant. Ils environnent la nation de dangers par l’action de la diplomatie, et tout naturellement ensuite, ils lui demandent des soldats, des marins, des arsenaux, des fortifications : souvent même ils n’ont que la peine de les laisser offrir ; alors ils ont des grades, des pensions et des places à distribuer. Pour cela, il faut beaucoup d’argent ; les impôts et les emprunts sont là.

Si la nation est généreuse, ils s’offrent à guérir tous les maux de l’humanité. Ils relèveront, disent-ils, le commerce, feront prospérer l’agriculture, développeront les fabriques, encourageront les lettres et les arts, extirperont la misère, etc., etc. Il ne s’agit que de créer des fonctions et payer des fonctionnaires.

En un mot, la tactique consiste à présenter comme services effectifs ce qui n’est qu’entraves ; alors la nation paie non pour être servie, mais desservie. Les gouvernements, prenant des proportions gigantesques, finissent par absorber la moitié de tous les revenus. Et le peuple s’étonne de travailler autant, d’entendre annoncer des inventions merveilleuses qui doivent multiplier à l’infini les produits et… d’être toujours Gros-Jean comme devant.

C’est que, pendant que le gouvernement déploie tant d’habileté, le peuple n’en montre guère. Ainsi, appelé à choisir ses chargés de pouvoirs, ceux qui doivent déterminer la sphère et la rémunération de l’action gouvernementale, qui choisit-il ? Les agents du gouvernement. Il charge le pouvoir exécutif de fixer lui-même la limite de son activité et de ses exigences. Il fait comme le Bourgeois gentilhomme, qui, pour le choix et le nombre de ses habits, s’en remet… à son tailleur. »

Frédéric BastiatSophismes économiques (Éd. Guillaumin & Cie, tome IV) – 1848 [1873]

Hypocrisie bobo

Un billet pas vraiment sérieux puisqu’il aborde le cas du comte de Bouderbala, humoriste.

De son vrai nom, Sami Ameziane, ce franco-algérien, ancien basketteur international algérien (là aussi, cette histoire de double nationalité, voire triple pourquoi pas, reste toujours un mystère !… on est né quelque part comme disait le babos de la maison bleue, non ?…), s’est lancé dans une carrière de chansonnier.

Bon, à vrai dire, ce n’est pas vraiment pour ses sketches que j’ai décidé de m’arrêter sur le cas du bonhomme. Je n’en ai regardé que deux que je vous propose ici. C’est assez inégal mais toujours mieux que du Deux bouses, du Kev Adams ou du Roumanoff. Et un type qui utilise du Tom Jones en entrée ou sortie de spectacle ne peut pas être entièrement mauvais…

En fait, un collègue enseignant de français et de philosophie, plutôt nauséabond, me l’avait conseillé à propos d’une saynète ironisant sur le rap. J’ai démarré par ce petit numéro que vous pourrez consulter en fin de billet. Son analyse de ce type de mode musical par rapport à l’emploi de la langue française est plutôt juste et rigolo.

Certes, certes, me direz-vous à juste titre…

Et bien, par curiosité, j’ai cliqué sur le sketch suivant qui s’intitule « Les roumains », non sans arrière-pensée. Je suis définitivement perdu…

Et là, outre les diverses situations évoquées assez réalistes et marrantes que ce soit sur les sus-rire-ensemble-logo-2010-21cités ou sur les SDF en général, je constate durant le visionnage que ce numéro de comique est réalisé dans le cadre de « Rire ensemble contre le racisme », spectacle ayant eu lieu au Grand Rex le 5 janvier 2016 et retransmis sur France Ô (bien entendu ! la chaîne de la propagande du métissage et du révisionnisme historique de la France).

Le logo en dit long sur l’initiative, un gloubi-boulga de sales tronches de demeurés quasiment tous jaunâtres (il ne me semble pas que nous soyons submergés par les asiatiques…) en train de se noyer au fond d’un puits (sensé représenter la planète)… chouette programme !

Ce grand (il est vendu comme cela) rendez-vous dédié à la lutte contre le racisme, l’antisémitisme et les discriminations et créé il y a sept ans par une initiative conjointe de SOS Racisme et de l’Union des étudiants juifs de France était présenté par Michel Boujenah (évidemment !… merci l’UEJF…). Vu le niveau comique du présentateur, le « grand » rendez-vous a du être lourdingue.

L’antiracisme, véritable jackpot associatif, a permis ainsi de monter un spectacle entièrement tourné vers le respect des droits de l’Homme, la nouvelle religion à honorer coûte que coûte, avec la participation d’une foule d' »artistes » comme Fabrice Eboué (un des rares que j’aime bien), Ary Abittan, Max Boublil, Jérôme Daran, Arthur, Eric Antoine, Le Comte de Bouderbala, Claudia Tagbo, Booder, Phil Darwin, Elisabeth Buffet, Gérald Dahan (l’insoumis de Mélenchon pour 2017 et Hollandais en 2012…), Mustapha El Atrassi (le cogneur franco-marocain de Lemoine…), Willy Rovelli… belle brochette de comiques pas drôles !!! Étonnant contre-sens mais malheureusement tellement révélateur de notre triste époque d’inversion de tout, où tout et son contraire ne font plus qu’un…

Véritable officine du PS, l’équipe organisatrice de la soirée n’a pas oublié de fournir aux spectateurs des petites mains jaunes (décidément…après les tronches jaunâtres du logo ci-dessus…) de « Touche pas à mon pote », histoire que l’on fasse le plus souvent possible des plans sur ces braves gens défendant la cause essentielle actuelle en France.

Tant de gens meurent du racisme, de l’antisémitisme (qui est surtout majoritaire dans toutes les banlieues défendues par les mêmes quiches participant à cette soirée),… alors qu’il y en a si peu qui meurent de froid, de dépression, de maladies graves,….

Bref… en ayant regardé le sketch, vous aurez compris le titre du billet.

Comment peut-on aller à une soirée intitulée « rire contre le racisme » et, sans vergogne, rire aux éclats, tout en brandissant la petite main jaune, à propos d’un sketch basé sur des soi-disant préjugés, et qui est en réalité essentiellement basé sur des réalités à propos des roumains (ou plutôt les tsiganes) ??!…

C’est le paradoxe des bobos qui ont une multitude de lubies parce qu’ils s’emmerdent et se sentent inutiles, qui condamnent en conséquence à tour de bras les dires des nauséabonds mais qui sont pliés en quatre par ses mêmes dires parce qu’au fond, c’est la vérité.

Un peu comme lorsqu’ils mettent leurs gamins dans le privé, dans des classes racialement homogène, tout en vantant la richesse de la mixité ethnique et social… (le titre du document ci-dessous de Tatiana Kalouguine, entretiens avec les parents de l’école André Del Sarte dans le quartier de La Goutte d’Or le 13 mai 2011, est sûrement ironique pour souligner l’hypocrisie bobo, sinon l’emploi des mots « racistes » et « intolérants » n’est pas justifié par rapport au réel et très juste constat qui est fait).

C’est tellement délicieux d’entendre Catherine, la maman « vraiment de gauche », nous expliquer qu’il est très compliqué d’avoir un enfant dans une classe dans laquelle 80% des enfants ne parlent pas le français à la maison et ne maîtrise pas la langue française en classe !!!… Le schizophrénie gauchiste à son paroxysme !

Puisque vous avez été sages et que vous avez bien tout lu… voici Bouderbala et son rap.