Liberté réelle contre individualisme et minorités

« L’homme, dans sa dualité essentielle, est libre non pas lorsqu’il libère ses instincts, mais lorsque, par un effort sur lui-même, il tend vers plus d’humanité. […]

Dès lors, gouverner c’est contraindre, conduire les hommes collectivement dans des voies et vers des objectifs qui ne leur sont ni naturels, ni clairement perceptibles, ni conformes à leurs aspirations immédiates.

Le gouvernement, c’est donc bien la répression au sens où l’entend Freud […]. Et l’existence d’un État de droit, seul susceptible de garantir la liberté concrètement, suppose qu’au nom de l’ordre l’on pose une limite à la prolifération des droits subjectifs, qui mène à l’anomie. »

Jean-Philippe Vincent« Qu’est-ce que le conservatisme ? » (Éd. Les Belles Lettres, coll. Penseurs de la Liberté, Paris, p. 20) – 2016

28 réflexions sur “Liberté réelle contre individualisme et minorités

  1. Je ne suis pas convaincu qu’un État de droit, que personnellement j’orthographierai plutôt état de droit garantisse grand chose. L’État de droit c’est le renoncement à l’arbitraire, le respect des normes et l’existence d’une hiérarchie de normes. Dans un sens et même dans plusieurs, l’URSS d’après la constitution Brejniévienne était un État de droit. l’État algérien, l’Etat iranien sont des États de droits, j’en passe et des meilleurs.
    L’État de droit c’est le gargarisme du pseudo démocrate qui use du rapport de force issu de la démocratie, cette dictature de la majorité, pour contraindre les opposants en se donnant bonne conscience.
    Pour ma part je m’accommoderais volontiers d’un système plus bordélique où la justice et l’équité seraient garanties plutôt qu’un système qui garantirait l’égalité devant des lois iniques et amorales.

    1. « Je ne suis pas convaincu qu’un État de droit, que personnellement j’orthographierai plutôt état de droit garantisse grand chose. »… lorsque j’édite une citation, je retranscris exactement l’orthographe de l’ouvrage mais je comprends votre remarque quant à la légitimité contestable de l’utilisation de la majuscule (et je suis d’accord avec vous).
      Pour ce qui est de « L’État de droit c’est le renoncement à l’arbitraire, le respect des normes et l’existence d’une hiérarchie de normes. », je vous rejoins absolument sur les trois points que vous soulignez. Diriger une nation et un peuple nécessite de prendre des décisions justes, logiques et en cohérence avec des normes naturelles et historiques hiérarchisées.
      Aujourd’hui, effectivement, « l’État de droit » que vous évoquez voit sa dénomination abusive et prend des décisions relevant souvent de l’arbitraire avec comme excuse le « rapport de force issu de la démocratie », à mon sens dictature de la minorité (influence de lobbies ne représentant le plus grand nombre, élus désignés avec des nombres d’électeurs non représentatifs du peuple avec les fameux 40% de 30%…).
      Souvenons-nous du salopard socialiste, ex-sénateur de surcroît, Jean-Pierre Michel (lui-même inverti) et sa déclaration en février 2013 : «  »Ce qui est juste, c’est ce que dit la loi. Voilà, c’est tout. Et la loi ne se réfère pas à un ordre naturel. Elle se réfère à un rapport de force à un moment donné. Et point final. C’est le point de vue marxiste de la loi. »… la loi étant faite depuis quelques décennies par des idéologues et non plus sur une base logique te cohérente, elle est une excellente justification face aux nauséabonds réac que nous sommes.

      Les lois telles que celle du mariage guignol ou celle de Gayssot ne sont que les résultantes d’opportunités face à une droite disparue depuis longtemps, du pouvoir des réseaux, des manipulations de la démocratie au service de quelques-uns.
      Ces lois sont celles « iniques et amorales » dont vous parlez.
      L’égalité est la nouvelle déesse d’une religion « progressiste », s’appuyant sur une inquisition aux « lois » très efficaces.
      La justice et l’équité relèvent du bon sens… il n’y en a plus aujourd’hui !

      1. « Ce qui est juste, c’est ce que dit la loi. Voilà, c’est tout. Et la loi ne se réfère pas à un ordre naturel. Elle se réfère à un rapport de force à un moment donné. Et point final. C’est le point de vue marxiste de la loi ».
        Certes, c’est le point de vue marxiste concernant la loi civile. Sauf que notre salopard de sénateur oublie de préciser que ce point de vue suppose que « la loi » civile dont il est question est une émanation d’un « Etat de droit » compris comme formé par le capitalisme, par la bourgeoisie, à grand renfort de ce Marx appelle « idéologie », et qu’il est formé dans l’histoire (causée par la « lutte des classes »). En fait, toujours d’un point de vue marxiste, Jean-Pierre Michel se satisfait donc d’une situation historique qu’il devrait pourtant condamner et concevoir comme amenée à être dépassée, au nom/par le communisme à venir. Jean-Pierre Michel n’est marxiste que contre ses ennemis idéologiques, mais il ne partage pas le dogme ni les espérances marxistes.
        Cela me semble intéressant à relever. Surtout que cela indique que le marxisme n’est plus guère qu’un mot, en France, même chez ses tenants officiels. Tout indique que le conservatisme le plus total prévaut pour les sujets les plus politiques, et un nihilisme du plus poussé pour tout ce qui concerne l’ordre social et les moeurs. Car ce conservatisme-nihilisme correspond chez Jean-Pierre Michel à un rejet implicite de ce qui dans le marxisme, tient encore d’une pensée du « droit naturel », à savoir : un genre de réponse à la vieille question de la destinée humaine (comprise comme histoire s’abolissant/se dépassant), une certaine idée de la « loi naturelle » (sans bien sûr utiliser cette expression), je veux dire : des lois physico-politico-morales qui tissent la trame de l’histoire.

  2. Bonsoir,

    Paul-Emic, un état garantit la justice … je crois que vous vous fourvoyez, je crois que vous êtes, juste, perdu. Désolé. La stupidité est humaine, et vous restez, quoiqu’il vous plaise, un être humain. N’est-il pas?

    Bref. L’utilisation du mot équité signifie nier la notion d’égalité, du moins dans votre commentaire. C’est effrayant la stupidité de certain ( beaucoup, peut être ) français. Merde, tous ces faibles font peur.

    1. oh grand J égal des Dieux ! je suis submergé par votre intelligence mais tant qu’un couillon tel que vous croira que l’État garantit la justice sur la base de lois artificielles basées uniquement sur un rapport de force et sans liaison avec la nature on aura la GPA, le mariage pour inverti, l’avortement le don d’organes obligatoire, le vol légalisé . J’arrête là.
      Naturellement que dans mon commentaire l’équité va à l’encontre d’une égalité factice. Je vous renvoie à Aristote pour que vous vous imprégnez bien du sens du mot égalité.
      Vous êtes manifestement trop stupide pour que je continue d’user mon clavier.

      1. Je trouve votre position intéressante. Je me pose donc la question. La loi humaine, n’est-elle pas intrinsèquement artificielle? La nature possède ses propres lois et n’a besoin ni de chambres, ni de tribunaux. Tandis que les hommes composent leurs systèmes. Contextualisés, et dans une certaine mesure arbitraire.
        Je vous suis quant au rapport de force, mais il me semble que la manière dont vous poursuivez crée le paradoxe : les exemples affichés (mariage homo, avortement, pour ne citer que ceux qui sont effectivement en vigueur), ne concernent que les minorités intéressées et demeurent sans incidence directe pour la majorité (dont vous semblez critiquer la toute puissance par ailleurs).
        belle journée,

      2. @ Mamauxtruches
        Je relisais par hasard l’autre jour un passage d’Hérodote où il abordait ce problème . Il constatait qu’il n’y avait pas de loi intrinsèquement juste mais que tout dérivait de la coutume. Il citait ainsi un peuple exotique pour la Grèce de l’époque où l’on mangeait ses morts . Quand le Grand Perse leur demandait s’ils envisageaient de ne plus les manger mais de les brûler ou de les enterrer, les Sages furent outrés et affolés.
        Hérodote en concluait que l’important c’est la coutume dont doivent dériver les lois.

        Le problème des démocraties avec leur parlement permanent ou semi permanent et leur personnel politique toujours à préparer l’élection suivante, c’est qu’il faut produire de la loi et répondre aux désirs des minorités dont les voix feront pencher la balance d’un côté ou de l’autre entrainant l’obtention ou non de prébendes tant désirées.
        Depuis un siècle voire deux, il ne s’agit plus de maintenir en l’état la coutume ou de l’aménager raisonnablement comme l’on fait les Rois de France, pour ne citer qu’eux, mais de répondre aux demandes le plus souvent iconoclastes de minorités de plus en plus perverses et perverties.
        Quoi que vous en pensiez ces aménagements n’impactent pas que les « intéressés ». Pour ne pas générer de polémique contre productive, je vais m’appuyer sur un problème mineur et relativement bénin comme la modification de l’acquisition du nom par le mariage, loi faite pour quelques féministes en mal de revanche contre l’es hommes . Ce sont bien les générations futures qui seront impactées.
        En ce qui concerne les conséquences de la GPA ou du mariage homosexuel, il faudra probablement plus d’une génération pour les évaluer mais rien ne nous permet de dire qu’il n’y en aura pas ou que des bénéfiques. Si même les Grecs antiques pourtant peu embarrassés de préjugés en la matière n’ont pas juger utile d’y procéder, il doit bien y avoir des raisons sociales valables , sociétales comme on dit aujourd’hui.

        Par son mode de fonctionnement même, qui consiste à délivrer un chèque en blanc à quelques personnes que vous ne côtoierez jamais dans la vie ordinaire, la démocratie représentative, avec sa pseudo majorité, génère de la destruction de coutume qui bouleverse les peuples et chacun de ses membres au plus profond d’eux-mêmes. et c’est pour moi la cause de la schizophrénie structurelle de notre société.
        Alors oui je critique la toute puissance de la majorité en particulier en démocratie représentative.

    2. j… tiens ! un pseudo qui me fait penser immédiatement au demeuré pleutre et alcoolique de la Comète !
      Mais non, juste un pauvre troll égaré…
      J’ai laissé ce commentaire inepte par souci de liberté d’expression (sachant que les mots employés ne dépassaient pas certaines limites qui sont les miennes) et parce que Paul-Émic est un grand garçon, assez grand pour se défendre lui-même.
      Pourquoi inepte ?… parce que lorsque l’on décide de ferrailler avec un contradicteur, on pose sur la table des arguments. On ne balance pas gratuitement que son vis-à-vis est stupide sans étayer un minimum son raisonnement sinon, le stupide n’est pas celui que l’on croit.
      « L’utilisation du mot équité signifie nier la notion d’égalité, du moins dans votre commentaire. »… bien évidemment, qu’équité et égalité n’ont rien à voir (et pas seulement dans le cadre de ce commentaire !).
      L’égalité est la capitulation de l’intelligence, du dépassement de soi, de la performance,… C’est une notion qu’il faut combattre mais personne ne la nie ! Et si certains français sont stupides, en quoi le sont-ils ? pourquoi ? il faut développer (si on en a les capacités…).
      Certes beaucoup le sont et sont faibles, c’est vrai ! Ils ont voté Hollande… son quinquennat suffit en terme d’argumentation !

  3. « Dès lors, gouverner c’est contraindre, conduire les hommes collectivement dans des voies et vers des objectifs qui ne leur sont ni naturels, ni clairement perceptibles, ni conformes à leurs aspirations immédiate ».

    Commençons par là. Gouverner, ou être gouverné suppose certes une part de contrainte, mais de là à en faire une contrainte pure et simple, il y a un pas intellectuel que je ne franchirais pas. En toute rigueur de termes, cela signifie que les hommes sont des animaux instinctifs ou « primaires ».
    Par ailleurs l’auteur de ces lignes n’appelle « naturel » que ce qui ressort de l’ordre de l’instinct, du désir immédiat », etc. ce qui revient à dire que gouverner ou être gouverné est contre nature.
    Pour la même raison, c’est à dire parce que les hommes sont vus comme tels, gouverner et être gouverné est donc la seule sortie possible hors d’une « naturelle » anomie.
    L’auteur semblerait presque identifier le règne du « nomos » à celui d’un gouvernement politique, sauf à considérer que le « gouvernement » n’est qu’un cas particulier du « gouverner » ou de « l’être gouverné ». Je suppose donc qu’il faut entendre sa liberté concrète en deux sens, l’un personnel, qui relève de la morale que l’homme s’impose, et l’autre « collectif » qui relève de la vie politique proprement dite.

    Bref, je serais d’accord avec l’auteur pour tracer de semblables limites entre liberté concrète et ce qui n’est pas la liberté concrète, ou encore, pour joindre le règne du « nomos » à celui de la liberté, en leurs deux aspects personnel et « collectif ».
    Mais je ne suis pas d’accord à voir dans ce règne un phénomène « contre nature ». Parce que je pense que la vie politique est naturelle à l’homme, comme de gouverner et d’être gouverné, du coup. Et d’autre part, parce que je ne réduis ni l’homme à ses pulsions primaires, ni le naturel à ce seul ordre de la pulsion.

    En gros, je voudrais bien me dire « conservateur », mais en un sens qui n’est pas celui de l’auteur, je le crains, car le mien est pensé d’une manière aristotélicienne, et le sien puise à Hobbes et à Kant. Je résume de manière rhétorique, mais vous m’aurez compris.

    1. Je suis bien d’accord avec vous !
      D’ailleurs, il y a certains passages de ce livre dans lesquels je ne me retrouve pas complètement en tant que conservateur mais j’apprécie en premier lieu sa mise au point quant à l’immobilisme qui ne saurait définir le conservatisme, bien au contraire.
      Être attaché aux valeurs traditionnelles tout en étant capable de juger nécessaire certaines réformes de ces dernières s’il y a besoin, voilà ce qui définit un peu mieux le conservateur.
      Par contre, je ne suis pas sûr que le point de vue de l’auteur soit ce que vous affirmez : « Par ailleurs l’auteur de ces lignes n’appelle « naturel » que ce qui ressort de l’ordre de l’instinct, du désir immédiat », etc. ce qui revient à dire que gouverner ou être gouverné est contre nature. »… ce qui est naturel, c’est ce qui relève à la fois de la nature (et de l’instinct) et du bon sens « naturel » car la finalité de la nature est l’efficacité (ou la disparition si l’adaptation est un échec) et pas la masturbation intellectuelle.

      1. « Par contre, je ne suis pas sûr que le point de vue de l’auteur soit ce que vous affirmez : « Par ailleurs l’auteur de ces lignes n’appelle « naturel » que ce qui ressort de l’ordre de l’instinct, du désir immédiat », etc. ce qui revient à dire que gouverner ou être gouverné est contre nature. » »

        Vous avez lu le livre en question, pas moi. Je ne peux qu’inférer à partir de ce que je vois dans cet extrait : l’auteur mentionne Freud à l’appui de ses thèses, en usant du concept de « répression », qui ne vise chez Freud qu’à la répression des « pulsions » : cela semble aller de pair avec l’idée que ce gouvernement civil qui conduit les hommes dans des directions qui ne leur sont pas naturelles, le fait en tant qu’il s’oppose à leurs « pulsions », qui sont donc être du « naturel » en l’homme. Par ailleurs, la « liberté » y est liée à « l’humanité » et au dit « gouvernement » : j’ai cru y voir un vague kantisme et un franc hobbisme. Si l’on s’avise de relier ces deux considérations, on en arrive à penser que l’auteur oppose en définitive « le règne de la raison » et « les pulsions », comme l’anti-naturel et le naturel dans les « choses humaines ». C’est ce qu’il m’a semblé, peut-être à tort donc.

      2. Je n’ai pas fini de le lire… j’ai la fâcheuse habitude de commencer plusieurs ouvrages en même temps ! Je viens de recevoir « Modérément moderne » de Rémi Brague, « La montée de l’insignifiance » de Castoriadis et « Le gouvernement du désir » d’Hervé Juvin…
        Je vais donc relire le début du bouquin de Jean-Philippe Vincent pour remettre l’extrait que j’avais souligné dans son contexte et je vous confirmerai ou non votre analyse.
        Je risque de ne pouvoir vous répondre que la semaine prochaine car je pars demain matin voir famille et belle-famille avec femme et enfants. Et je veux finir un ou deux billets ce soir avant d’abandonner le clavier.
        Joyeux Noël mon cher, à vous et à vos proches !

  4. Sur l' »Etat de droit ». C’est la mise en oeuvre d’un Etat qui dans sa constitution et dans ses lois, respecte les « droits de l’homme », ou les « droits individuels », ou ce qu’on appelle parfois les « droits subjectifs » (droits d’un sujet politique comme droits d’un individu en tant que tel).
    L’Etat de droit apparaît donc comme la réalisation de la liberté concrète, à condition du moins de penser la liberté (politique) comme « respect ou garantie des droits individuels », et seulement ainsi.

    1. Lorsque l’on évoque l’État de droit, malheureusement, la majeure partie de nos « cons citoyens » pensent aux « droits de l’homme » et aux droits individuels auxquels vous faîtes allusion; par extension, des « droits » équivalents à des désirs, des points de vue des plus subjectifs.
      Ils ont perdu de vue l’étymologie et la définition du terme « Droit » !
      Lorsque l’on vit en collectivité, il faut des règles COMMUNES et LÉGITIMES permettant à ceux qui détiennent les rênes du pouvoir qu’ils DIRIGENT (dans une direction donnée bienfaisante pour le groupe, pour le peuple, entité culturelle et raciale) en droite ligne (et pas en gauche ligne ! 😉 ) quite à en contraindre certains (souvent les minorités qui par nature sont originales et n’ont pas les mêmes attentes que la majorité).

      Pour ma part, l’homme a, avant tout, des devoirs envers la société, le collectif dont découlent des « droits » par la suite, si ces devoirs sont accomplis.
      Dans la nature sauvage, il n’existe aucun droit, seul le devoir de survie n’est valable. Et bien que nous ne soyons plus des « sauvages », des « barbares »… nous ne devrions jamais perdre de vue cela.
      La société n’a pas pour fonction celle de réaliser les desirata de chacun, elle ne doit assurer que des fonctions régaliennes pour l’ensemble (loin de toute obsession égalitaire !), pour le bien de la majorité (ce qui peut-être au détriment de certains).

  5. L’auteur appelle « droits subjectifs » ceux qui sont contraires à la raison et à l’humanité, aussi bien qu’à la liberté telle qu’il l’entend, et tel qu’il lie ces trois notions. C’est son droit. Et tout cela est logique. C’est pour cela qu’il les rejette au nom de l’Etat de droit, de la liberté, de l’humanité. Fort bien.
    En gros, son conservatisme est celui d’un retour à Hobbes ; l’idéal politique de la philosophie politique moderne est perverti par les progressistes, donc je me réfugie dans l’authentique hobbesien. C’est mieux que rien, et surtout, mieux que de s’abandonner à l’esprit du temps. Mais ce n’est certes pas dire que l’auteur est délivré de l’esprit du temps…

    En l’occurrence, il partage avec ses ennemis cette opinion puissante de nos jours selon laquelle il y a l’ordre de la raison et celui de la nature. Il choisit la raison, Dieu soit loué ! Doit-on le louer, lui, d’avoir abandonné la nature ?

    Ou encore une autre opinion qu’il partage avec nos imbéciles progressistes : que la liberté est liée à la notion de « droits », plutôt qu’avec celle de « devoir ». Normal, puisqu’il a exclu la nature. Du coup, la liberté humaine ne consiste plus à « devenir ce que nous sommes », selon le mot de Pindare, mais plutôt à faire advenir notre raison et notre humanité : ce que nous sommes qui n’est pas « naturel ». Et voilà, qu’il ne s’agit pas tant de nous efforcer nous personnellement et politiquement, que de ce « qu’advienne » ce que nous devons être. Que nos « droits » soient garantis, et nous serons libres ! Que nos passions soient éliminées et la raison régnera !
    Je ne suis pas du tout d’accord : que je fasse ce que je dois, et je serai pleinement libre. Que rien ne s’oppose à mon devoir naturel, et cette liberté sera conservée dans l’ordre politique. Que la communauté politique soit régie par une juste compréhension de la liberté humaine, et la liberté de ses hommes sera sollicitée, et ils seront libres. Que seuls mes hypothétiques « droits » soient garantis, et je ne serai pas plus libre que l’enfant par rapport à ses parents, qui portent eux toute la responsabilité de mes actes, et de la vie familiale dans son ensemble. Que j’aie des devoirs, et d’enfant, je serai homme.

    1. Là encore, je suis d’accord avec vous. J’ai du mal à comprendre pourquoi de très nombreuses personnes sont toujours dans le tout ou rien. La raison ou la nature… il me semble qu’un subtil mélange des deux soit nécessaire à toute civilisation digne de ce nom, soucieuse de vouloir perdurer.
      Pour ce qui est de l’enfant, l’homme moderne a muté en un être ayant l’apparence de l’adulte, son phénotype, mais ayant un esprit capricieux, exigeant par rapport à ses désirs, sorte de génotype immature…

  6. Bonsoir à toute (Malauxtruches que je suppose être du sexe faible… selon mes critères réactionnaires 🙂 ) et à tous,
    désolé pour mes réponses tardives mais des obligations professionnelles et d’autres explications plus personnelles ont eu raison d’un retour plus rapide sur DdeC.
    Je suis heureux en tous les cas que ce billet ait généré ces quelques commentaires.
    L’ouvrage dont cette citation est extraite est assez intéressant bien que j’émette de nombreuses réserves à propos de certaines assertions de l’auteur. Je recommande sa lecture.
    Les sujets de la Loi, du levier législatif comme censure de la majorité au service de minorités, de la prolifération des droits subjectifs,… m’intéressent énormément et font partie des raisons principales expliquant le déclin de l’Occident et la décadence de notre civilisation.
    Merci à Emmanuel pour ses interventions toujours très fournies et argumentées (et je regrette de ne pas avoir le temps nécessaire en ce moment pour venir plus souvent faire un tour dans son établissement plus que respectable) et merci aux fidèles Paul-Émic et Nouratin pour leurs visites régulières et leurs avis toujours tranchants.
    p.s. : je suis allé faire rapidement un tour chez Malauxtruches… c’est un blog original ! C’est le moins que l’on puisse dire ! En tous les cas, l’association de certains clichés avec le titre de billet correspondant interpelle… (vous me direz : « c’est le but mon cher ! »…).

    1. Sexe faible, peut-être. C’est mon côté diplomate? 😉 Ou alors, pourvu de rondeurs soutenues? Comme le suggère Paul-Emic dont je ne me formalise pas du lapsus.

      Merci de votre visite virile et courroucée!

      1. A priori, mes préjugés m’ont permis d’avoir le bon jugement quant à votre genre… j’en suis ravi ! Le lapsus de Paul-Émic est étonnant !
        « Sexe faible » était un taquinerie, vous l’aviez bien sentie. Les femmes, si elles sont à l’image de la mienne, sont d’une force inouïe, pas physique bien sûr, ceci nous revient normalement, mais d’une force morale et d’une justesse d’approche tellement complémentaire à la nôtre.
        Je suis admiratif des femmes en général (pas de toutes évidemment !!! surtout pas des soi-disant progressistes) ce qui ne signifie en rien une quelconque soumission ou dépendance.

        Ma visite était motivée par ma curiosité naturelle et j’avoue avoir trouvé quelques clichés originaux comme ce carton à l’étiquette indiquant « blanc » et recouvert de coquilles d’oeufs cassés (la question de « Discriminations » est intéressante). J’ai aimé aussi Frontières ou Enveloppes…

        Je vous renvoie les remerciements pour votre visite féminine et délicate.

    2. Merci à vous ! C’est votre blog qui est une bonne occasion de réfléchir ! Et vos réponses valent bien les miennes. Vous êtes le bienvenu chez moi quand vous le voudrez/pourrez. D’ici là, portez-vous bien !

    1. Paul-Emic,

      Certes c’est un point de vue qui se défend. Et qui est défendu assez violemment notamment par Exupéry, qui n’est pas le dernier des abrutis, dans Citadelle, quand il fait l’éloge du sens comme arbitraire défini et temporalisé, qui est combattu peut-être aussi par Voltaire dans Zadig (qui n’est ma ma lumière préférée), quand il pointe les horreurs séculaires (immolations par exemple), et que je ne cherche pas à réfuter sur le principe, mais l’intérêt de la démocratie est précisément de pouvoir faire évoluer les lois avec les idées, les comportements, la société.

      Maintes lois se sont vues abrogées ou modifiées avec le temps. Elles sont aussi faites pour ça. Et bien sûr il ne faut pas ôter aux choses leur contexte culturel, mais par exemple, l’émancipation des femmes ?

      Alors non, les femmes ne sont pas une minorité. Mais beaucoup de gens, en France, et pas seulement des homos, souhaitaient que ces derniers puissent se marier. Parce que c’est une mesure symbolique. C’est une reconnaissance de leur couple du point de vue de l’État. Parce qu’il est vrai que les couples (hétéro compris) ne se forment plus selon les mêmes critères qu’auparavant. Et c’est justement pour ça que « l’égalité » est pertinente. Pensez-vous vraiment que l’homosexualité soit socialement aujourd’hui dotée de la même valeur que dans l’antiquité grecque, où les vieux chevronnés se branlaient sur les adolescents en public, histoire de les honorer et de les initier ?

      C’est un peu comme la possibilité pour les végétariens de manger dans un restau normal. Il s’agit pas d’interdire la bidoche à tout le monde ni même d’installer une parité sortie de nulle part, mais de rendre cette différence transparente, s’ils deviennent « réguliers ». (pardonnez ma métaphore au tofu qui a ses limites)

      Et en parlant de transparents, effectivement ces lois auront des conséquences sociales que l’on ne connaît pas encore, en fonction de l’évolution de leur contexte, (sur ces terrains c’est un peu la règle) mais leur absence aussi, et pas nécessairement bonnes. Car des parents homo élèvent déjà des enfants, (et la GPA, interdite pour tout le monde en France ne devrait même pas être invoquée dans le débat).

      Je comprends la critique visant le ratissage d’électeurs compulsif. Mais quelque part c’est juste aussi, qu’un individu, qui est d’abord un individu et pas un élément flottant d’une minorité fixe, puisse choisir un candidat qui accepte de prendre parti sur les projets qui le concerne, si son vote tient à cela, c’est son vote et il a autant de valeur que les autres. On vote aussi pour un programme. Et si les compromis (en un ou deux mots, n’est-ce pas) sont là pendant le mandat, comme il est inévitable sinon nécessaire qu’ils le soient, ils peuvent également y être avant, affichés, clairement.

      J’imagine que vous estimez que trop de temps est passé sur de petites réformes de ce genre. C’est possible. Par mesquinerie ? lâcheté ? Débordement ? On peut redoubler d’hypothèses, mais oui, faudrait aussi s’occuper du gros, c’est l’évidence.
      Perverses et pervertis. C’est une grande question philosophique. Et puissamment subjective. Est-ce que la consommation exacerbée n’est pas plus allienante que, que quoi déjà?

      Je pense que votre position plus que de toute autre chose témoigne d’un sentiment terrible. Celui de l’attaque portée, dans l’imaginaire, au modèle familial, référence rassurante, dans un monde en transition abrupte et déroutante. Modèle qui a peut-être déjà évolué dans son creux, mais qui n’est pas encore menacé par ce qui reste, somme toute, des minorités, même reconnues, même acceptées.

      Alors oui, vous êtes affecté. Mais devriez-vous l’être ?

      1. Même si ça me tient à coeur ma position sur telle ou telle réforme ne présente veritablement d’intérêt que pour moi . Je conçois parfaitement que ma position ne soit pas partagée mais ce que je réfute, c’est la prétention qu’a le système nommé « démocratie representative » à nous représenter et même à être de la démocratie. Avec un système biaisé tout devient possible et effectivement, c’est bien ce l’on constate

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