Monde moderne prostitutionnel

« Le monde moderne n’est pas universellement prostitutionnel par luxure. Il en est bien incapable. Il est universellement prostitutionnel parce qu’il est universellement interchangeable.

Il ne s’est pas procuré de la bassesse et de la turpitude avec son argent. Mais parce qu’il avait tout réduit en argent, il s’est trouvé que tout était bassesse et turpitude.

Je parlerai un langage grossier. Je dirai : Pour la première fois dans l’histoire du monde l’argent est le maître du curé comme il est le maître du philosophe. Il est le maître du pasteur comme il est le maître du rabbin. Et il est le maître du poète comme il est le maître du statuaire et du peintre.

Le monde moderne a créé une situation nouvelle, nova ab integro. L’argent est le maître de l’homme d’Etat comme il est le maître de l’homme d’affaires. Et il est le maître du magistrat comme il est le maître du simple citoyen. Et il est le maître de l’Etat comme il est le maître de l’école. Et il est le maître du public comme il est le maître du privé.

Et il est le maître de la justice plus profondément qu’il n’était le maître de l’iniquité. Et il est le maître de la vertu plus profondément qu’il n’était le maître du vice.

Il est le maître de la morale plus profondément qu’il n’était le maître des immoralités.  »

Charles Péguy – Note conjointe sur M. Descartes (Ed. Gallimard, nrf, 8e édition, pp. 291-292) – 1914 [1942]

100% français !

100% français

Allez vous baladez par là, chez Gueuleton, c’est très sympa, les photos sont sublimes !

J’ai découvert cette photo par l’intermédiaire d’un autre bon site, Julius de France d’Hanabelle la française avec de belles bagnoles, de jolies pépés et bien d’autres beaux clichés.

Terram patrum nostrorum

« On ne peut s’empêcher d’aimer la terre de ses pères plus que toutes les autres terres, plus que toutes les terres du monde ! »

Charles Péguy – Le mystère de la charité de Jeanne d’Arc  (Éd. Gallimard, NRF) – 1910 [1941]

Éducation industrielle

« L’éducation de masse, qui se promettait de démocratiser la culture, jadis réservée aux classes privilégiées, a fini par abrutir les privilégiés eux-mêmes.

la société moderne, qui a réussi à créer un niveau sans précédent d’éducation formelle, a également produit de nouvelles formes d’ignorance.

Il devient de plus en plus difficile aux gens de manier leur langue avec aisance et précision, de se rappeler les faits fondamentaux de l’histoire de leurs pays, de faire des déductions logiques, de comprendre des textes écrits autres que rudimentaires. »

Christopher Lasch – La culture du Narcissisme (Éd. Climats, Paris, p.169) – 2000

Luxe des invertébrés

« Le pacifisme est le luxe d’un peuple dont la sécurité a été gagné par la bravoure et le militarisme des générations précédentes »

Bruce Thornton – Greek ways : how the Greeks created Western Civilization – 2001

Beauté de 427 ans

William Byrd – Cantiones sacrae I : Ne irascaris domine – 1589

(interprété par Stile Antico dans Heavenly Harmonies, 2008)

Caprices citoyens

« L’omnipotence fondée sur le consentement général qu’entrevoyait Tocqueville n’est donc qu’une des faces de l’État moderne.

L’autre est une tout aussi entière impotence, devant les pressions revendicatives quotidiennes et opposées qu’exercent sur lui les citoyens, avides d’une assistance en contrepartie de laquelle ils acceptent de moins en moins d’obligations.

À tout envahir, l’État démocratique s’est gorgé en fin de compte de plus de responsabilités que de pouvoirs. »

Jean-François Revel –  Comment les démocraties finissent (Éd. Grasset & Fasquelle, Paris, p.20) – 1983

100% bonhomme

montage 0% hipster

réalisé à partir d’un cliché trouvé sur L’esprit français, une petite mine de belles photos et d’excellentes citations !

Totalitarisme progressiste

« La vérité est qu’il existe deux formes distinctes de totalitarisme, très différentes dans leur nature et dans leurs effets, mais l’une et l’autre redoutables.

La première à l’Est, emprisonne, persécute, meurtrit les corps : au moins laisse-t-elle intacte l’espérance.

L’autre, à l’Ouest, aboutit à créer des robots heureux. Elle climatise l’enfer. Elle tue les âmes. »

Alain de Benoist – propos au XVe colloque du GRECE à Versailles – 1981

Institution émotionnelle et flexible

« Loin d’être une fin en soi, la famille est devenue une prothèse individualiste, une institution où les droits et désirs subjectifs l’emportent sur les obligations catégoriques.

Longtemps les valeurs d’autonomie individuelle ont été assujetties à l’ordre de l’institution familiale. Cette époque est révolue : la puissance décuplée des droits individualistes a dévalorisé tant l’obligation morale du mariage que celle de procréer en grand nombre. Les parents se reconnaissent certes des devoirs envers leurs enfants : pas au point toutefois de rester unis tout leur vie et de sacrifier leur existence personnelle.

Telle est la famille postmoraliste que l’on construit et reconstruit librement le temps que l’on veut, comme l’on veut.

On ne respecte plus la famille en soi, mais la famille comme instrument d’accomplissement des personnes, l’institution « obligatoire » s’est métamorphosée en institution émotionnelle et flexible. »

Gilles Lipovetsky – Le crépuscule du devoir, l’éthique indolore des nouveaux temps démocratiques (Éd. Gallimard, nrf essais, Paris, p.167) – 1992