La complainte du progrès

« Autrefois pour faire sa cour
On parlait d’amour
Pour mieux prouver son ardeur
On offrait son cœur … »

Boris Vian – La complainte du progrès – 1956 [Chansons possibles et impossibles]

Corde sensible

Je suis tombé par hasard sur un reportage évoquant une expérience sociologique qui s’est déroulée à l’Université du Québec à Montréal (UQAM) concernant la liberté d’expression et la liberté académique qui seraient en danger selon certains.

Aux États-Unis et en Angleterre, de nombreux cas de conférences annulées, même de professeurs réprimandés, ont été constatés après que les étudiants aient trouvé leurs propos offensants. De tels évènements sont aussi survenus en France comme à Sciences Po en novembre 2016 avec l’annulation d’une conférence du Front National par des étudiants qui ont empêché la venue de Florian Philippot (cf. article de Marion Pignot du 23 novembre 2016 dans 20 minutes).

On retrouve toujours les mêmes allumés du bocal des communautés LGBT, féministes,…  (Clark Pignedoli, Stéphanie Gingras-Dubé : rien qu’à voir leur dégaine, on comprend vite leur engagement pour ce genre de collectif) qui assument complément l’aspect totalitaire de leur démarche sous couvert de sécuriser des espaces publics pour des minorités soi-disant oppressées, stigmatisées, injuriées.

La partie du reportage à partir de 3:20 à propos du pouvoir du collectif AFESH-UQAM sur les décisions de ce qui est bon ou pas pour les 42800 étudiants est édifiante (lors d’une AG, seulement 50 personnes de ce collectif sur ses 5000 membres étaient présents et ont adopté des mandats pour la totalité des étudiants !).

Les interventions du professeur que l’on découvre en début de reportage sont vraiment intéressantes notamment lorsqu’il évoque « une espèce de posture de supériorité morale qu’on se donne à peu de frais tient lieu d’argumentaire ».

Mais quelle différence entre cette posture des minorités et celle que les mouvements dits réactionnaires ont eux aussi vis-à-vis des idées progressistes ?

Pour ma part, elle est limpide : les minorités imposent leurs points de vues qui ne sont que des dogmes récents du XIX e et du XXe siècles alors que ceux des réactionnaires sont issus d’une évolution des idées, des moeurs, des pratiques sociales,… ayant fait leurs preuves depuis des siècles. Il me semble que notre argumentaire est étayé par le bon sens et par la longue histoire humaine.

À propos de diversité d’opinions tant vantée par tout gauchiste qui se respecte et tant valorisée par les enseignants, les incohérences soulevées dans cette vidéo me font penser à une citation de Thomas Sowell (parfaitement transposable en France) : « La prochaine fois qu’un universitaire vous dit à quel point la « diversité » est importante, demandez-lui combien il a de Républicains dans son département de sociologie. ».

Tellement vrai ! Et on se demande comment peut-on encore trouver des gugusses pouvant suivre ce genre d’universitaire ou d’intellectuel, et adhérer à leurs discours ?!!…

Force à la loi pour détruire notre monde

« Notre temps se protège à merveille du danger qu’il y aurait pour lui à voir arpenter par quelques esprits nourris de cette forme suprême de sens critique qu’est le don de pitrerie, ce territoire du concret qu’il pense avoir définitivement enseveli sous le catéchisme du Bien.

Ce Bien lui-même, tandis qu’il opère ses ravages (le plus souvent sous les auspices d' »avancées législatives » plus délectables les unes que les autres), doit passer pour allant de soi.

Nul ne doit être à même de se demander qui sont ceux et celles qui oeuvrent sans se lasser à produire de telles merveilles; et nul ne doit non plus se demander d’où leur vient qu’ils ne se lassent jamais de telles entreprises.

Toute la démolition de ce qui reste du monde glisse ainsi, jour après jour, comme une lettre à la poste; et de considérables métamorphoses échappent de cette manière au libre examen.

Mais ce sont d’abord les agents de ces métamorphoses qui sont préservés de tomber sous la « juridiction de la comédie » dont parlait Balzac et qui est la meilleure définition de toute entreprise littéraire digne de ce nom. »

Philippe Muray – Exorcismes spirituels III (Éd. Les Belles Lettres,essais, Paris, p.217- – 2002

Adieu magistral

« Avec le temps…
Avec le temps, va, tout s’en va
On oublie le visage et l’on oublie la voix
Le cœur, quand ça bat plus, c’est pas la peine d’aller
Chercher plus loin, faut laisser faire et c’est très bien… »

Léo Ferré – Avec le temps – 1971

Principe révolutionnaire

« Quand un homme désire avoir de l’argent et qu’il est courageux , actif et entreprenant, il travaille de toute sa force.

Quand il est avide et paresseux, il se déclare révolutionnaire. Il veut changer le sort de l’humanité, parce qu’il n’est pas capable de changer le sien. »

Abel Bonnard – L’Argent ( Éd. Librairie Hachette, p.49) – 1928

Décomposition occidentale

« […] nous ne vivons pas aujourd’hui une krisis au vrai sens du terme, à savoir un moment de décision.

[…] Nous vivons une phase de décomposition.

Dans une crise il y a les éléments opposés qui se combattent- alors que ce qui caractérise précisément la société contemporaine est la disparition du conflit social et politique.

Les gens découvrent maintenant […] que l’opposition droite/gauche n’a plus aucun sens : les partis politiques officiels disent la même chose, Balladur fait aujourd’hui ce que Bérégovoy faisait hier.

[…] la décomposition se voit surtout dans la disparition des significations, l’évanescence presque complète des valeurs. Et celle-ci est, à terme, menaçante pour la survie du système lui-même.

Lorsque, comme c’est le cas dans toutes les sociétés occidentales, on proclame ouvertement (et ce sont les socialistes en France à qui revient la gloire de l’avoir fait comme la droite n’avait  pas osé le faire) que la seule valeur est l’argent, le profit, que l’idéal sublime de la vie sociale est l’enrichissez-vous, peut-on concevoir qu’une société peut continuer à fonctionner et à se reproduire sur cette unique base ? »

Cornelius Castoriadis – La montée de l’insignifiance (Éd. du Seuil, coll. Points Essais, p.106 et 107) – 1996

Retour au calme

 

Éric-Alfred-Leslie Satie – Gymnopedie n°1 – 1888

(interprété par Daniel Varsano et Philippe Entremont dans Piano Works, 1992)

Au milieu des ruines

« On se verra où la lune sombre
On se verra où les statues tombent
Là où vit l’âme de l’Ancien Monde
On attendra que l’esprit monte… »

Aion – Au milieu des ruines – 2000 (Devotio)

Procréation salvatrice pour l’Occident

« En Occident nous ne pouvons concevoir l’humain que dans cette dualité du temporel et du spirituel.

Tout l’édifice de notre prospérité mentale repose sur cette convention. Notre esprit est enraciné dans la matière et nous ne pouvons vivre que dans l’organisation savante des esprits animaux entreliés aux facultés de l’âme.

Cette loi édicte que l’homme aura la volonté de multiplier ou bien qu’il ne pourra se maintenir à l’étiage, mais que promptement il diminuera comme s’il y avait en lui la détermination de s’anéantir.

Cette loi est la promesse même faite à notre espèce, notre pacte d’alliance avec les forces du monde, la souche patriarcale de l’empire humain. »

Pierre Drieu La Rochelle – Mesure de la France (Éd. Grasset, Les Cahiers Verts sous la direction de Daniel Halévy, 4610e exemplaire vergé bouffant, p.21 et 22) – 1922

Hommage à Dame Marjane

« J’ai vendu mon âme au diable
Mon pouvoir est formidable
Sans effort je fais un voeu
Et j’ai tout ce que je veux… »

Léo Marjane – L’âme au diable – 1943

RIP Thérèse Gendebien, 18 décembre 2016…