« Il est dans la tolérance un degré qui confine à l’injure. »
Jean Rostand – Pensées d’un biologiste (1939).
« Il est dans la tolérance un degré qui confine à l’injure. »
Jean Rostand – Pensées d’un biologiste (1939).
« Quand les choses, les événements renvoient les uns aux autres et à leur concept indifférencié, alors l’équivalence du monde rencontre et annule l’indifférence de la pensée _ et c’est l’ennui. Même plus d’altercation, même plus d’enjeu. C’est le partage des eaux mortes.
(…) L’ennui formel que secrète cette pensée idéaliste des valeurs, ou cette pensée volontariste de la culture, est le signe secret de son désespoir non par rapport au monde, mais par rapport à son propre discours.
C’est là qu’est la véritable pensée dépressive, chez ceux qui ne parlent que de dépassement et de transformation du monde, alors qu’ils sont incapables de transfigurer leur propre langue. »
Jean Baudrillard – La pensée radicale (éd. Sens&Tonka) – 2005
« Grande religion qui se fonde moins sur l’évidence d’une révélation que sur l’impuissance à nouer des liens au-dehors. En face de la bienveillance universelle du bouddhisme, du désir chrétien du dialogue, l’intolérance musulmane adopte une forme inconsciente chez ceux qui s’en rendent coupables ; car s’ils ne cherchent pas toujours, de façon brutale, à amener autrui à partager leur vérité, ils sont pourtant (et c’est plus grave) incapables de supporter l’existence d’autrui comme autrui. Le seul moyen pour eux de se mettre à l’abri du doute et de l’humiliation consiste dans une “néantisation” d’autrui, considéré comme témoin d’une autre foi et d’une autre conduite. La fraternité islamique est la converse d’une exclusive contre les infidèles qui ne peut pas s’avouer, puisque en se reconnaissant comme telle, elle équivaudrait à les reconnaître eux-mêmes comme existants. »
« […] Déjà, l’Islam me déconcertait par une attitude envers l’histoire contradictoire à la nôtre et contradictoire en elle-même : le souci de fonder une tradition s’accompagnait d’un appétit destructeur de toutes les traditions antérieures. Chaque monarque avait voulu créer l’impérissable en abolissant la durée. »
Claude Lévi-Strauss – Tristes tropiques – 1955
« A heart that’s full up like a landfill
A job that slowly kills you
Bruises that won’t heal
You look so tired unhappy
Bring down the government
They don’t, they don’t speak for us
I’ll take a quiet life
A handshake of carbon monoxide
And no alarms and no surprises
No alarms and no surprises
No alarms and no surprises
Silent, silent… »
Radiohead – No surprises – 1997 (OK Computer)
« …les libertés publiques ont pour base et pour sauvegarde les moeurs domestiques; que les mêmes maximes par lesquelles on détruit les droits des peuples sont celles par lesquelles vous et vos coryphées vous renversez l’ordre des familles;… cette pornocratie qui depuis trente ans a fait reculer en France la pudeur publique, et qui, à force d’équivoques et à l’aide de la corruption la plus subtile, s’est constituée partout des avocats, des philosophes, des poètes et des dévots…
Le mariage, dans la pureté de son idée, est un pacte de dévouement absolu. Le plaisir n’y figure qu’en second ordre… le mariage devient pour les époux un culte de la conscience, et pour la société l’organe même de la justice… le concubinat, soit l’union de l’homme et de la femme, secrète ou solennelle, mais formée seulement en vue du plaisir, bien que dans certains cas excusable, est le repaire habituel des parasites, des voleurs, des faussaires et des assassins.
… J’ai blâmé avec toute l’énergie dont j’étais capable, la séduction, l’adultère, l’inceste, le stupre, le viol, la prostitution, tous les crimes et délits contre le mariage et la famille, j’eusse dû dire contre la femme. Je les ai dénoncés comme les signes et les instruments du despotisme…
Changez, modifiez, ou intervertissez, par un moyen quelconque, ce rapport des sexes, vous détruisez le mariage dans son essence; d’une société en prédominance de justice vous faites une société en prédominance d’amour; vous retombez dans le concubinat et la papillonne; vous pouvez avoir encore des pères et des mères, comme vous avez des amants, mais vous n’aurez plus de famille; et sans famille, votre constitution politique ne sera plus une fédération d’hommes, de familles et de cités libres, ce sera un communisme théocratique ou pornocratique, la pire des tyrannies.
… Établissez, avec la communauté des amours, l’universalité du célibat, et je ne crains pas de le dire, vous aurez un surcroît de consommation, moins de travail, moins d’épargne, partant plus de misère; en dernière analyse, à la place d’une société policée, une société vouée au brigandage ou, sinon, à la plus dégradante servitude. »
Pierre-Joseph Proudhon – La pornocratie ou les femmes dans les temps modernes – 1875 (Librairie internationale – Éditeurs A. Lacroix et Cie)
« Ce n’est pas l’abondance de la science qui rassasie l’âme et la satisfait : c’est le sentiment et le goût intérieur des vérités qu’elle médite. »
Saint-Ignace de Loyola – Exercices spirituels – 1548
« La société est une hiérarchie. Tous les individus sont nobles et sacrés, tous les êtres (même les animaux)ont des droits, mais tous les êtres ne sont pas égaux, tous sont des membres d’un vaste corps, des parties d’un immense organisme qui accomplit un travail divin…
La vie humaine deviendrait impossible, si l’homme ne se donnait le droit de subordonner l’animal à ses besoins; elle ne serait guère plus possible, si l’on s’en tenait à cette conception abstraite qui fait envisager tous les hommes comme apportant en naissant un même droit à la fortune et aux rangs sociaux. »
Ernest Renan – La Monarchie constitutionnelle en France – 1870 (p. 22 – Éditeurs Michel Lévy Frères)
« Plus on prendra de soin pour ravir aux hommes la liberté de la parole, plus obstinément ils résisteront, non pas les avides, les flatteurs et les autres hommes sans force morale, pour qui le salut suprême consiste à contempler des écus dans une cassette et à avoir le ventre trop rempli, mais ceux à qui une bonne éducation, la pureté des moeurs et la vertu donnent un peu de liberté.
Les hommes sont ainsi faits qu’ils ne supportent rien plus malaisément que de voir les opinions qu’ils croient vraies tenues pour criminelles (…) ; par où il arrive qu’ils en viennent à détester les lois, à tout oser contre les magistrats, à juger non pas honteux, mais très beau, d’émouvoir des séditions pour une telle cause et de tenter quelle entreprise violente que ce soit. Puis donc que telle est la nature humaine, il est évident que les lois concernant les opinions menacent non les criminels mais les hommes de caractère indépendant, qu’elles sont faites moins pour contenir les méchants que pour irriter les plus honnêtes, et qu’elles ne peuvent être maintenues en conséquence sans grand danger pour l’État. »
Spinoza – Traité théologico-politique (1670)
(Platon à droite et Aristote à gauche, peinture École d’Athènes de Raphaël – 1509)
La lecture des textes antiques, en plus de vous procurer les mêmes curieuses sensations de profondes familiarités que celles ressenties en présence de vieilles photos poussiéreuses, légèrement jaunies, de vos ascendants sorties par hasard d’une ancestrale boite à chaussure
(image sans rapport avec le billet mais je l’aime bien, voilà !), vous fait prendre conscience à la fois des fantastiques capacités de prémonition de leurs auteurs quant aux époques modernoeuds (Goux copyright) et des incroyables bonds en arrière que nous réalisons quant à la Morale qu’ils avaient mise en place, fruit de réflexions séculaires.
J’avais déjà publié au mois de décembre dernier une citation de Sénèque qui est, pour moi, une référence morale et qui représente idéalement cette période philosophique en quête de vertu.
Mais c’est en flânant du côté de chez Hanoho que m’est venu l’envie de faire un peu de réclame pour ces auteurs de l’Antiquité et de laisser tomber temporairement « Douleurs du monde » de Schopenhauer pour jeter un oeil sur le « Politique » de Platon qu’il nous conseille vivement, ainsi que « Éthique de Nicomaque » d’Aristote.
Hanoho nous explique que « dans cette ambiance délétère, il est toujours intéressant de se souvenir de ce que pensaient les philosophes antiques, et quel était le consensus au sein des civilisations passées car, comme le dit l’adage, pour comprendre le présent et le futur, il faut apprendre le passé. Voici donc quelques citations qui proviennent du Politique de Platon et qui, étrangement, résonnent en moi comme un rappel de ce que j’ai pu lire dans certains livres interdits. »
Le reste est à découvrir ici.
Au détour d’un commentaire lié à son billet, j’ai aussi été interpellé sur une des explications, parmi beaucoup d’autres, des moyens mis en oeuvre pour que notre civilisation se suicide à petit feu : l’abandon progressif de l’apprentissage des langues dites mortes, langues fondatrices de notre civilisation.
« Je mets ici un extrait de « Greece & Rome » publié aux Cambridge University Press et traduit par mes soins:
« Les années 1950 représentent la dernière décennie complète du XXe siècle dans le lequel l’enseignement du latin dans les écoles secondaires a été dominée par les exigences universitaires. En 1960, les universités d’Oxford et de Cambridge ont cesser de réclamer un certificat de niveau élémentaire en Latin comme qualification d’entrée pour les étudiants de premier cycle. Cela eut des conséquences profondes et de grande portée pour l’enseignement du latin et des œuvres classiques dans les écoles. »
Sachant que le latin fut la langue européenne par essence du monde érudit et aussi celle de l’église catholique, la guerre qui fut menée contre cette langue et les oeuvres classiques par une certaine oligarchie internationaliste et anti-chrétienté donne un tableau d’ensemble plutôt cohérent. »
Mise en lumière intéressante.
Pour finir, je vous laisse avec cette citation tellement d’actualité tirée de l’oeuvre de Platon : « le gouvernement de la multitude [démocratie] est débile en tout et sans grande puissance non plus, ni pour le bien, ni pour le mal, si on le compare aux autres, parce que dans ce gouvernement l’autorité est émietté entre un grand nombre d’individu. »…
« Il ne faut pas se dissimuler que la notion de civilisation mondiale est fort pauvre, schématique, et que son contenu intellectuel et affectif n’offre pas une grande densité.
…La civilisation mondiale ne saurait être autre chose que la coalition, à l’échelle mondiale, de cultures préservant chacune son originalité. »
Claude Lévi-Strauss – Race et histoire (Éd. Gallimard, coll. Folio Essais, p. 76-77) – 1952 [1989]
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Je me trouve fort bien de l'absence des gens que je n'aime pas.
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