La gueuse porte bien son nom !

Je suis tombé hier sur un excellent reportage sur France 5, dans le cadre de l’émission La Case du Siècle, « Les Gangsters et la République » (vidéo ci-après) signé Julien Johan et Frédéric Ploquin.

Je n’ai vu que le volet consacré aux stupéfiants (cannabis, cocaïne, héroïne) dans lequel témoignent de nombreux acteurs de ce trafic, de l’ancienne garde des barons de la French Connection à la nouvelle génération des dealers (parmi lesquels certains ont compris qu’ils étaient intéressant d’intégrer des conseils municipaux, de devenir acteur « au service » (« se servant » devrai-je écrire !)  de la gueuse), en passant par l’inventeur des go-fast entre Marbella et Paris.

Ce documentaire nous confirme que la drogue a inondé le marché français, imposant sa loi et ses méthodes et on y apprend dans les grandes lignes comment le trafic s’est épanoui aux Etats-Unis avant de s’emparer de l’Espagne à l’époque de l’ETA, puis de la France avec  aujourd’hui, plus d’un milliard de bénéfices par an rien qu’en Seine-Saint-Denis.

Cette «machine à cash» est devenue un contre-pouvoir, et les caïds des quartiers échangent la paix sociale contre la mainmise sur leurs territoires. Tout le monde le sait mais cela fait du bien que cela passe dans un média mainstream.

La fameuse république défendue bec et ongles (tellement défendue par une rhétorique bien huilée que cela en devient plus que suspect) par tant de politiques est partie prenante dans tous ces trafics méprisables et mortifères pour les peuples d’Europe et l’Occident.

Dans un article de Patrice Gascoin du Figaro du 9 octobre 2016, intitulé « France 5 traque les gangsters de la République », souligne la collusion entre le politique et le gangster, les tumblr_o6puqnuiba1u298jgo1_1280trafics et les petits arrangements : « Car, si, officiellement, la République n’a eu de cesse de traquer les caïds, il y eut, dans la réalité cachée de l’histoire de France contemporaine, des services rendus et des compromissions, notamment un besoin des voyous pour effectuer les basses besognes. ».

Et après, on viendra nous baratiner que la notion de « complot » à l’échelle nationale et internationale, ce n’est que théories pour simplets et imbéciles, que cela n’existe pas, que les complotistes sont des dangers pour la République… on sait très bien qui cela arrange de le faire croire !

Les vrais dangers sont ceux qui n’arrêtent pas d’éructer à l’assemblée nationale et dan les médias, qu’ils soient politiques, « penseurs » ou artistes/animateurs (camés, c’est un pléonasme) !

(reportage « Les gangsters et la République » 3/3 La loi de la drogue)

Bien évidemment, à la fin du reportage (43:20), on aborde rapidement mais avec force l’éventualité d’une légalisation « bénéfique » des drogues dites douces… On reste sur France 5 malheureusement…Comment peut-on une seule seconde envisagée cette éventualité et mettre sur le même plan « alcool » et « cannabis » alors que l’on sait très bien les différences d’impact sur les organismes, cette mauvaise foi, ce relativisme est lamentable !daniel_vaillant

Charles PasquaInterviennent à ce sujet Charles Pasqua et ce gros porc de Daniel Vaillant qui sont présentés par les journalistes comme faisant leur « autocritique »… comme s’ils auraient dû depuis longtemps pencher vers cette légalisation : présentation à peine orientée !…

Sinon, pour le reste, à part ce petit détail, le reportage est très bien fait et pointe du doigt de façon très efficace la gangrène dont est atteint le monde politique et cette ripoublique tellement vantée, ainsi que la faiblesse d’une justice bien trop clémente avec tous ces salopards, qu’ils soient truands ou politicards.

94359_rolbenzaken_vip_blog_1354642526L’intervention (8:36) de feu Gaston Deferre, ancien maire de Marseille, est dès plus limpide concernant le laxisme judiciaire. Et je suis totalement d’accord avec lui (dire que c’était  un homme de gauche !!…après, avoir tapé du poing sur la table à propos des pieds-noirs, il en était pas à une sortie près) lorsqu’il dit  : « Si quelques-uns d’entre eux étaient condamnés à mort et exécutés,  je pense que cela donnerait à réfléchir aux autres. ».

Même si cela ne donne pas forcément à réfléchir aux pourritures qui empoisonnent les peuples et profitent de la misère psychologique de paumés (riches ou pauvres), au moins, cette méthode a le mérite de ne pas encombrer les prisons, de ne pas gaspiller les impôts des français et de ne pas prendre le risque d’une récidive quasi-assurée. Déjà, ils s’en occupent pas mal entre eux mais nous pourrions accélérer le processus…

Plus de chance, ils sont ici maintenant…

« Nous étions là-bas en contact avec les Maures insoumis. Ils émergeaient du fond des territoires que nous franchissions dans nos vols; ils se hasardaient aux fortins de Juby ou de Cisneros pour y faire l’achat de pains de sucre ou de  thé, puis ils se renfonçaient dans leur mystère. Et nous tentions, à leur passage, d’apprivoiser quelques-uns d’entre eux.

Quand il s’agissait de chefs influents, nous les chargions parfois à bord, d’accord avec la direction des lignes, afin de leur montrer le monde.

Il s’agissait d’éteindre leur orgueil, car c’était par mépris, plus encore que par haine, qu’ils assassinaient les prisonniers.

S’ils nous croisaient aux abords des fortins, ils ne nous injuriaient même pas. Ils se détournaient de nous et crachaient.

Et cet orgueil, ils le tiraient de l’illusion de leur puissance.

Combien d’entre eux m’ont répété, ayant dressé sur pied de guerre une armée de trois cents fusils : « Vous avez de la chance, en France, d’être à plus de cent jours de marche… ». »

Antoine de Saint-ExupéryTerre des Hommes (Éd. Gallimard, nrf, p. 101) – 1939 [1949]

On ne vient pas chez moi QUE pour rigoler

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Emmanuel me fait l’honneur de s’abonner à mon blog. La lecture de quelques-uns de ses articles me rajeunit de quelques années, outre qu’elle provoque un début de surchauffe sous mon début de calvitie.

Dans son dernier article (que je vous recommande, ne serait-ce que pour vous faire une idée), il remarque que « les penseurs de la modernité raisonnent en termes de « droits subjectifs » : globalement, le but de l’institution politique est de garantir des droits qui sont ceux de l’individu comme tel, qu’il possédait donc pleinement dans « l’état de nature » (état de pure individualité) et que la vie politique menace désormais intrinsèquement« .

Je ne suis pas d’accord avec ces « penseurs de la modernité ». Dans « l’état de nature » tout hypothétique mais que l’on peut comparer à l’état de Robinson sur son île, l’homme n’a aucun droit. Il n’a que des possibilités. Il n’y a personne pour lui permettre ou interdire…

Voir l’article original 289 mots de plus

Les faux fascismes et le vrai…

 » Il naîtra de faux fascismes. Car la démocratie est fourbue. Dans son agonie, elle aura des sueurs et des cauchemars : et ces cauchemars seront des tyrannies brutales, hargneuses, désordonnées.

Il y aura des fascismes de l’antifascisme. Il y aura des « dictateurs de la gauche ». Et nous verrons s’élever au nom de la défense des républiques, des régimes qui auront pour maxime de refuser la liberté aux « ennemis de la liberté ». Nous le savons. Et c’est pourquoi nous savons aussi que c’est mensonge et vanité de définir le fascisme par des caractères extérieurs.

La suppression de la liberté, les arrestations arbitraires, les camps de concentration, la torture qu’on prétend rejeter sur le fascisme, sont tout aussi bien et tout aussi souvent le propre des régimes dirigés contre le « danger fasciste ».

Tous les caractères extérieurs par lesquels les adversaires du fascisme le définissent, ils se retrouvent ou peuvent se retrouver dans les régimes antifascistes : c’est qu’ils ne définissent pas le fascisme qui, finalement, est une manière de réagir, un tempérament, une manière d’être, incarnée dans un certain type d’hommes.

C’est ce type d’hommes, c’est cette attitude devant la vie qui, au fond, commandent toutes les réactions fascistes et les formes, diverses selon les peuples, que le fascisme a prises et prendra dans l’histoire. Là où ces hommes dirigent, là où leur esprit inspire l’action de pouvoir, il y a un régime fasciste.

Au contraire, lorsqu’ ils sont persécutés ou combattus, quoi qu’on vous dise et quelque bruit que fasse la trique en tournoyant, reconnaissez les signes de la décomposition, de la décadence et le règne de l’or et des pharaons de l’étranger.

Voulez vous reconnaître à coup sûr et instantané le faux fascisme ?

Vous le reconnaîtrez à ces signes : il emprisonne au nom des droits de la personne humaine et il prêche le progrès, mais il respecte les milliards et les banques sont avec lui. Ne cherchez pas plus loin. Vous verrez quelques mois plus tard le faux fascisme faire la chasse au courage, à l’énergie, à la propreté.

Il vous dévoilera ainsi son vrai visage. Il a besoin d’esclaves assez abrutis pour ne pas trop sentir leur collier.  »

Maurice BardècheQu’est-ce que le fascisme ? (Éd. Les Sept couleurs, Paris) – 1961