pour le plaisir…
Catégorie : Philosophie
Décadence de Cordicopolis
Il est toujours bon de revenir aux fondamentaux comme nous avons l’habitude de le dire lors des entraînements ou des matches de rugby.
Je n’ai d’ailleurs jamais pris le temps d’expliquer le titre de ce blog puisque son origine n’est pas des plus complexes pour qui sait observer au quotidien et qui a lu Philippe Muray…
Pour le premier terme « décadence », je m’attarderai ultérieurement sur sa définition afin d’y associer quelques documents personnels de ces vacances estivales, juste après avoir donné la signification de « Cordicopolis ».
Pour se faire, je vous citerai un passage de l’Empire du bien (p. 97 à 99) de ce regretté Muray, parti bien trop tôt.
« J’aimerais maintenant, d’un mot d’un seul, clouer au papier cet Empire terrorisant du Sourire, avec ses raz de marée de litotes, ses musiques onctueusement atoniques, tout cet envahissement lignifiant, ces positivités, ces euphories, cette invasion perpétuelle des thérapies les plus douceâtres, ce massage systématique des âmes et des corps pour les faire adhérer définitivement à l’ultime idéologie encore possible parce qu’elle ne comporte rien qui ne soit naturel, normal, souhaitable, désirable absolument pour tout un chacun. […]
[…] C’est délicat à exprimer. Je ne vois qu’un mot, à vrai dire, un seul capable de condenser, de rassembler tout le sabbat, mais alors tellement oublié qu’il va falloir que je l’explique.
Le mot « Cordicole ».
Nous vivons en plein fascisme cordicole, en plein asservissement cordicolique.
Voilà.
Cordicole.
De cor, cordis, coeur; et colo, j’honore.
Terme par moi ressuscité, exhumé de l’ancien vocabulaire religieux : on appelait « cordicoles » au XVIIe siècle les membres d’une association de jésuites qui cherchaient à introduire en France l’adoration du Coeur de Jésus et la fête du Sacré-Coeur. […]
[…] Oh ! bien sûr, il ne s’agit plus du tout de l’adoration du Coeur de jésus, chacun aura su rectifier. Non, non, le Coeur tout seul. En soi. Absolu. Le Coeur « siège des émois et des passions ». L’organe en tant que signe de notre époque, hiéroglyphe résumant le monde, sa réalité, son ombre, sa trame, son sens, tout en même temps, le Totem et ses tabous.
Prospérités du Viscère !
Appelons donc Cordicopolis la planète où nous nous trouvons, du moins les pays occidentaux, ceux qui ont déjà la chance de posséder la démocratie à tous les étages et le tout-aux-droits-de-l’homme dans les villes. »
Nous y sommes, Cordicopolis est l’endroit où prospère l’Empire du Bien, le bonheur à tout prix et malgré vous, où « nous vivons l’âge du sucre sans sucre, des guerres sans guerre, du thé sans thé, des débats où tout le monde est d’accord pour que demain soit mieux qu’hier, et ces procès où il faut réveiller les morts, de vrais coupables jugés depuis longtemps, pour avoir une chance de ne pas se tromper ».
Cette société guimauve où le relativisme et l’individualisme sont rois, où tout et son contraire sont équivalents pour atteindre une unité, une uniformité dont l’apogée est « le transsexualisme de masse » qui « a cessé d’être une utopie pour devenir notre réalité de remplacement. […] Le tout culminant dans la célébration de « l’être androgyne », héros idéal, comme de juste, de la nouvelle bien-pensance », où la réalité des choses qui déplaît à l’un doit être façonnée à sa guise, selon ses désirs quite à faire des lois car on ne supporte plus la cruauté dont parfois cette réalité peut faire preuve (les femmes stériles ou les invertis « doivent » forcément avoir les enfants qu’ils désirent par GPA par exemple) est la société du caprice, du bien-être absolu de gré ou de force, de « l’épanouissement pour tout le monde » obligatoire, sans contrainte car les limites imposées par des millénaires d’expériences au sein des groupes humains sont des freins à la liberté (« liberté individuelle » bien entendu !…).
Forcément, il s’agit de la société de la table rase et non plus de celle de l’héritage.
C’est une société de traumatisés fragiles et pacifistes, et non plus de fiers guerriers honorables.
Tout ce qui a été fait auparavant est rétrograde, insupportable car les générations actuelles savent… oui, elles savent mieux que les précédentes. Elles sortent de l’oeuf mais elles savent…
Ce qui est épatant avec les destructeurs de traditions, de savoirs-être, d’habitudes patiemment modelés au cours des siècles, c’est qu’ils sont convaincus qu’il faut éviter de regarder derrière soi, qu’il faut combattre ceux qui souhaitent revenir à des institutions dites surannées alors que dans le même temps, ils voudraient que le monde entier adhère à des écrits (droits de l’Homme, constitution républicaine,…), sorte de bibles de la religion cordicole, et à des courants de pensée vieux de plusieurs décennies ou siècles : contradictoires !!!…
Il est bon parfois de savoir revenir en arrière, d’être rétrograde au sens premier du terme, lorsque l’on s’est trompé de chemin.
Bref.
Pour revenir à l’objet de ce billet, après avoir établi le sens de « Cordicopolis », donnons tout simplement la définition de « décadence ».
Selon le littré, il s’agit d’un état de ce qui commence à choir, à tomber. D’un point de vue étymologique, ce terme provient du latin « decidere » signifiant déchoir, soit se retrouver dans un état moins brillant que dans celui où on était.
Le Larousse enfonce le clou en indiquant :état d’une civilisation, d’une culture, d’une entreprise, etc., qui perd progressivement de sa force et de sa qualité.
Comment ne pas en être persuadé lorsque l’on regarde un tant soit peu autour de soi !!…
Par exemple, en allant sur fdesouche faire un tour, je suis tombé sur ce document amateur… que l’auteur a depuis supprimé sur youtube (ici) !!…
J’ai pu le retrouver sur SpiOn.com dont j’ai pris une capture d’écran craignant que la vidéo de dailymotion ci-dessous ne soit effacée à son tour.
http://www.dailymotion.com/video/x23s9uf_3-filles-sexy-sur-une-scene-font-du-twerking_music
On y voit donc des jeunes femmes en Roumanie exécuter un « twerk » devant une assistance a priori non adaptée à ce type de spectacle (c’est mon côté fermé et rétrograde…).
Qu’est-ce que le « twerk » me direz-vous ? (si vous n’avez pas suivi la trépidante aventure de Miley Cyrus aux MTV MVA 2013)
Et bien, « le Twerking a été introduit dans la culture hip-hop grâce à la scène “bounce” de la Nouvelle Orléans » explique Fannie Sosa, professeur de danse à Paris dans un article de Caroline Lazard dans le Nouvel Observateur du 25 juin 2013 (article valant à lui seul un billet et valant son pesant d’or pour les réponses prévisibles et imbéciles de la danseuse, comme ces pépites si modernes « Il s’agit de réveiller son « cul cosmique », l’agrandir, le rendre visible, le rendre beau. » ou « […] résistance à la terreur binaire, homme vs femme, corps vs esprit, naturel vs. culturel. » !!… réveiller son cul cosmique… sérieusement… comment peut-on sortir de telles inepties ??!!!…). Elle ajoute que « c’est une danse issue des diasporas africaines dont les populations ont été le plus souvent redistribuées et assignées aux périphéries urbaines, aux ghettos des grandes villes » et que « c’est une danse qui met en mouvement le cul, le périnée, les organes génitaux: le ghetto du corps ».
Cette danse des plus suggestives reproduisant des postures et des actes sexuels n’a pas à être proposée à des mineurs et encore moins à des enfants comme nous pouvons le constater sur la vidéo (la regarder jusqu’à la fin).
Une société dans laquelle ce type d’évènement se banalise est bel et bien une société décadente.
Ne pas trouver cela choquant et pervers démontre l’indignité d’un peuple.
Ceci ne relève pas de l’anecdote puisque le hasard a voulu que cet été, lors d’une visite familiale, dans un village près de Carcassonne, je sois le témoin d’une animation nocturne équivalente à celle de la vidéo du Magic Delta Fest de la ville de Sfântu Gheorghe en Roumanie.
Les « danseuses » affublées d’un déguisement de soubrette essayaient tant bien que mal de « twerker » en mimant avec une cravache des rapports sado-masochistes… tout un programme pour de jeunes bambins toujours sur la scène à ce moment là !!!… Désespérant !
Que dire aussi de ces mots croisés que mon aînée de 12 ans a acheté au bureau de tabac (je n’y étais pas, souhaitant la laisser seule y aller pour faire SON achat…). Quel type de société en arrive à mettre une femme (très belle, c’est sûr !) quasiment nue sur la couverture d’un « mots fléchés » ??!!!… Il est vrai qu’il s’agit d’un livret « tonic » et que c’est l’été mais tout de même !… Encore un exemple de l’hypersexualisation de Cordicopolis !
Que dire aussi de cette publicité pour une entreprise américaine de voyages, Kayak, dans laquelle j’ai observé, médusé, la promotion de la gérontophilie… On y voit les mains d’une dame de certain âge, pour ne pas dire d’un âge certain, environ 70 à 80 ans, au-dessus d’un clavier d’ordinateur portable et la main d’un jeune garçon qui caresse la main droite de la dame qui pourrait être sa grand-mère !!!… La vidéo est intitulée « week-end romantique » et les caresses du jeune homme ne laissent aucun doute quant à la relation entre les deux individus. Tout simplement immonde !
L’histoire d’Harold et Maud m’a toujours agacé et écoeuré, que la pièce de théâtre ou le film de Hal Ashby (encore un artiste équilibré, pas du tout marqué par le divorce de ses parents et le suicide de son père voulait même inclure une scène d’amour dans son film, ce que Paramount Pictures refusa dans un dernier élan de bon sens… aujourd’hui, ce serait accepté…) aient obtenu tant de reconnaissances me laisse abasourdi. Quoique… le milieu « artistique » n’étant pas une référence en terme de vertu et de droiture ne peut que se féliciter de pouvoir promouvoir de tels rebuts.
Je n’y vois pour ma part qu’une ode à l’individualisme des deux personnages, une promotion de l’usage de stupéfiants, du suicide, du désordre et de la gérontophilie.
Les rebelles à deux francs pensent « combattre » (le sens de ce terme à l’air d’échapper à de nombreux utilisateurs comme les socialopes au pouvoir qui parlait d’un gouvernement de combat !!… quelle farce !) les conventions sociales, ils ne font qu’utiliser des méthodes sournoises au travers de « l’humour » qui souvent permet de faire passer les plus grosses pilules infectes de la modernité. Ce n’est pas du combat, c’est du sabotage !
Nous en arrivons même aujourd’hui à avoir un type de 60 ans, Pietro Lamberti, travailleur social, qui fut pris en 2011 en flagrant délit au lit avec une fillette de 11 ans dont il avait la charge, libéré après avoir été condamné dans un premier temps. La Cour de Cassation de Calabre a en effet considéré qu’il existait entre l’homme et la fillette une « relation amoureuse » comme l’indique Il Quotidiano della Calabria du 7 décembre 2013.
Cette destruction des codes traditionnels, résultats d’expériences de vie et de bon sens, est réalisée puis véhiculée et promue depuis longtemps et par l’intermédiaire de multiples vecteurs; qu’ils soient des artistes reconnus par leurs pairs (le même milieu s’auto-félicite, s’auto-décore en donnant l’illusion d’être la référence) ou qu’ils soient des détenteurs d’un pouvoir économique ou politique, et profitant ainsi de leur notoriété et leur influence pour faire absolument n’importe quoi, faisant passer, auprès de l’opinion publique, leurs délires, leurs travers et leurs perversions comme des non-évènements.
Dans le cas de Woody Allen, cet « adulte » sain d’esprit et fiable (un autre artiste équilibré aux 4 compagnes successives avec lesquelles il n’a pas été foutu de faire des gosses, c’est dire sa fiabilité, son sérieux, son assurance, sa virilité.. un homme quoi !) a tout de même été pris à avoir des photos de sa jeune « fille » nue et il avait déjà une liaison avec elle alors que ce gros porc était toujours avec sa femme Mia Farrow. Ensuite, il a épousé sa « fille »… que du banal… Et ce vieux pervers en rigole estimant qu’il est fier de faire scandale !!…
Serait-il un pédophile protégé (quand Mia Farrow le quitte en 1992, Soon-Yi n’a que 17 ans et l’histoire avait débuté avant, il y a donc détournement de mineur !!!..) comme semble l’être Roman Polanski ??…
Quand on voit sa tête, on voit bien que l’on a à faire à un tordu, ce que le visionnage de ses films confirme !
Je ne parle même pas des services gérant les adoptions qui ont permis dans un tel environnement d’accéder à la demande de ce duo improbable !!!… Les services publiques font vraiment n’importe quoi et pas uniquement en France !!!
Un beau duo bien pathétique, de belles têtes de vainqueurs épanouies et à la dégaine irrésistible…
En fait, l’accumulation de ces faits divers permet insidieusement d’habituer les esprits aux situations les plus absurdes ou les plus glauques qui sont alors normalisées, acceptées par le plus grand nombre, ce plus grand nombre qui a oublié de raisonner, de réfléchir sur notre éthique, sur ce qui a fait de nous une civilisation de haut niveau.
Ainsi, dernièrement, certains en arrivent même à se poser la question « doit-on dépénaliser l’inceste ? » dans le Huffington Post du 4 novembre 2013… aberrant ! mais logique… dans l’air du temps…
Même en Suisse, ils s’interrogent !!!…
http://www.dailymotion.com/video/xz828c_debat-sur-la-depenalisation-de-l-inceste-en-suisse_news
Alors des situations comme celles de Woody Allen, de ce « père » de la région de la Somme avec un inceste consenti (Le Monde du 13 novembre 2012 ou Le Nouvel Observateur du 17 décembre 2012 plus consternant encore) ou de cet autre « bon père » britannique (Paris Match du 22 avril 2012) ne seront plus considérées comme immondes, anormales et amorales mais comme des rapports habituels entre père et fille.
Là encore, comme pour le pseudo-mariage des invertis et l’adoption qui en découle, la filiation est mise à mal, remise en cause !!! Comme nous le ressortent les invertis, les pères incestueux invoquent la corcicolâtrie, « l’amour » qui existe soi-disant entre eux. Cordicopolis ne peut que les absoudre…
Notons au passage, dans l’article du Monde, les propos répugnants de Me Hubert Delarue qui estime que « la justice n’a pas compris le fonctionnement de cette famille. » Il s’agit d’un cas « surprenant, décoiffant », de « confusion totale des genres », mais la justice « est-elle là pour dire le droit ou la morale ? ».
Notons que l’avocat, le réalisateur américain, les journalistes qui minimisent ou défendent de tels actes ont une grande influence sur l’évolution des moeurs, des comportements individuels. Ils ont une grande responsabilité dans le processus de décadence. Ils devront être les premiers à rendre des comptes et à payer lors du grand nettoyage !
Le monde du spectacle et des artistes, de nombreux « intellectuels » type BHL ou Joy Sorman, avec la complicité de certains politiques et hommes d’affaires puissants (souvent aux moeurs dissolues comme l’illustre le Rubygate de Berlusconi ou l’affaire de l’orgie sado-maso de Max Mosley en 2008) sont les manipulateurs de leviers idéologiques et législatifs décadents qui rongent les piliers fondamentaux de notre civilisation occidentale.
Comme l’explique très bien Vincent Vauclin sur son blog « La dissidence française« , je cite :
« Le monde Spectaculaire-Marchand dépense chaque année des dizaines de milliards d’euros en publicités et autres campagnes marketing. Ce n’est pas pour rien. Au-delà de l’impact immédiat de ces campagnes sur les consommateurs, qui sont ainsi quotidiennement incités à se tourner vers telle ou telle marque, tel ou tel produit, il est évident qu’un tel conditionnement rempli une fonction politique et « culturelle », inoculant insidieusement l’idéologie dominante au corps social, façonnant jour après jour cet homme-masse, éternel esclave de toutes les tyrannies, sur le consentement tacite duquel repose l’ensemble du totalitarisme moderne. On notera d’ailleurs la teinte systématiquement « politiquement correcte » des campagnes publicitaires, surtout lorsque celles-ci se drapent d’un caractère subversif pour cibler, par exemple, la jeunesse : il s’agit toujours de faire l’apologie de la transgression morale, du métissage, du mondialisme, de l’antifascisme, de la « tolérance » et de je ne sais quelle autre connerie gauchisante. »
Nous le voyons donc bien, la décadence prospère depuis plusieurs décennies et elle est le processus suicidaire de notre splendide civilisation occidentale.
J’en ai la certitude. Cordicopolis n’est qu’une étape…
La question à laquelle je n’arrive toujours pas à avoir une réponse claire et argumentée, c’est : pourquoi ?…
De Re Gallica
« Un corps électoral ignorant les problèmes de l’État, les groupes qui intriguent, les ministres qui passent et tombent, cela ne peut être le vrai régime d’un peuple. Il doit donc y avoir autre chose.
Cette autre chose, ou ces autres choses, cela reste à découvrir, et quoiqu’il soit un peu ridicule d’avouer cette ambition à haute voix, leur découverte, est ce que nous voudrions tous tenter ici.
Toutes les histoires sont des énigmes difficiles, mais plus que les autres peut-être celles de nos époques démocratiques, parce que leurs traits sont enfouis sous une couche plus épaisse d’illusions flatteuses. En monarchie, c’est un seul homme qu’il faut flatter. En démocratie, c’est tout le monde, d’où cette énorme littérature, presque toute mensongère, et cet appareil compliqué d’institutions si s ouvert fictives. »
Daniel Halévy – Décadence de la Liberté (Les Écrits, Éd. Bernard Grasset, p. 83) – 1931
De la nécessité d’hoplites
« Il convient effectivement, selon l’opinion de la plupart des gens que la Cité heureuse soit une grande cité; mais, même si c’est la vérité, ils ne savent pas ce qui caractérise un grand État et un petit; c’est, en effet, d’après l’importance du nombre de ses habitants qu’ils jugent de la grandeur d’un État, alors qu’il faut considérer moins le nombre que la puissance.Car une Cité, elle usai, a une fonction déterminée, et c’est la cité la plus capable de s’en acquitter qui doit être regardée comme la plus grande, au sens où l’on peut dire qu’Hippocrate, non comme homme, mais comme médecin, est plus grand qu’un individu qui le dépasse en taille.
Néanmoins, s’il faut décider eu égard au nombreuse habitants, on ne doit pas le faire d’après n’importe quelle multitude (les Cités, sans doute, comprennent forcément un bon nombre d’esclaves, de métèques et d’étrangers) mais, en ne tenant compte que de ceux qui sont une partie de la cité et dont un État se compose à titre d’éléments propres. C’est la supériorité numérique de ces éléments qui est le signée la grandeur d’une Cité; la Cité, au contraire, d’où sortent des travailleurs manuels en grand nombre, mais peu d’hoplites, ne peut pas être une grande Cité : une grande Cité et une Cité populeuse, ce n’est pas la même chose. »
Aristote – Politique, Tome III, Livre VII (Éd. Les Belles Lettres, Paris, p.69-70) – 2002 [345/344 av. J.C]
Éclosion de la tyrannie
« Lorsque les pères s’habituent à laisser faire les enfants, lorsque les fils ne tiennent plus compte de leurs paroles, lorsque les maîtres tremblent devant leurs élèves et préfèrent les flatter, lorsque finalement les jeunes méprisent les lois parce qu’ils ne reconnaissent plus, au-dessus d’eux, l’autorité de rien et de personne, alors, c’est là, en toute beauté, et en toute jeunesse, le début de la tyrannie. »
Platon – La République Livre VIII (Les Belles Lettres, Paris) – 2002 [315 avant J.C.]
Antique sentence
« La diversité d’origine peut aussi produire des révolutions jusqu’à ce que le mélange des races soit complet; car l’État ne peut pas plus se former du premier peuple venu, qu’il ne se forme dans une circonstance quelconque. Le plus souvent, ces changements politiques ont été causés par l’admission au droit de cité d’étrangers domiciliés dès longtemps, ou nouveaux arrivants. Les Achéens s’étaient réunis aux Trézéniens pour fonder Sybaris; mais étant bientôt devenus les plus nombreux, ils chassèrent les autres, crime que plus tard les Sybarites durent expier. Les Sybarites ne furent pas, du reste, mieux traités par leurs compagnons de colonie à Thurium; ils se firent chasser, parce qu’ils prétendaient s’emparer de la meilleure partie du territoire, comme si elle leur eût appartenu en propre. A Byzance, les colons nouvellement arrivés dressèrent un guet-apens aux citoyens; mais ils furent battus et forcés de se retirer.
Les Antisséens, après avoir reçu les exilés de Chios, durent s’en délivrer par une bataille. Les Zancléens furent expulsés de leur propre ville par les Samiens, qu’ils y avaient accueillis. Apollonie du Pont-Euxin eut à subir une sédition pour avoir accordé à des colons étrangers le droit de cité. A Syracuse, la discorde civile alla jusqu’au combat, parce que, après le renversement de la tyrannie, on avait fait citoyens les étrangers et les soldats mercenaires. A Amphipolis, l’hospitalité donnée à des colons de Chalcis devint fatale à la majorité des citoyens, qui se virent chasser de leur territoire. »
Aristote – Politique, Théorie générale des révolutions, Livre VIII, chapitre 1, paragraphe 10 et 11 (Éd. Librairie philosophique de Ladrange Paris) – 1874 [345/344 av. J.C]
Héritage
« Le sens de l’héritage. Évaluer avec gratitude ce que l’on doit à ses ascendants : la parentèle, la patrie, le terreau spirituel, la langue, la civilisation, ses reflets dans une culture, un paysage, des monuments, des traditions, des codes, des grimoires.
[…] Se percevoir comme un maillon et non un en-soi muré dans son autosuffisance. »
Denis Tillinac – Du bonheur d’être réac (Éd. des Équateurs, p. 43) – 2014
Singularité cordicole
« L’homme n’a qu’un désir absolu, conserver son existence, s’affranchir de toute douleur, même de toute privation; ce qu’il veut, c’est la plus grande somme possible de bien-être, c’est la possession de toutes les jouissances qu’il est capable d’imaginer, et qu’il s’ingénie à varier et à développer sans cesse. Tout obstacle qui se dresse entre son égoïsme et ses convoitises excite son humeur, sa colère, sa haine : c’est un ennemi qu’il faut écraser. »
Arthur Schopenhauer – Douleurs du monde (Pensées et fragments, Petite Bibliothèque Rivages, p. 158 et 159) – 1990 [1885]
Réalisme réac
« La démocratie repose sur l’existence d’une solide hiérarchie; il faut à l’oligarchie de gros arrivistes, une troupe ardente de bas-officiers qui ne cesse de travailler dans l’intérêt de ses chefs et qui retire peu de profit matériel de son activité; il faut tenir en haleine cette sorte de petite noblesse, en lui prodiguant des marques de sympathie, en excitant chez elle des sentiments d’honneur, en lui parlant un langage idéaliste. La grandeur du pays, la domination des forces naturelles par la science, la marche de l’humanité vers la lumière, voilà les balivernes qui se retrouvent à tout instant chez nous, dans les discours des orateurs démocratiques. »
Georges Sorel – Les illusions du progrès (Études sur le devenir social, Librairie Marcel Rivière et Cie, Paris, 5e édition, p.265) – 1947 [1908]
Mater fecunditatis
2 représente la fécondité française en métropole en nombre d’enfants par femme en 2012 selon l’INSEE.
En la comparant aux autres pays européens ou aux États-Unis, nous avons le taux de fécondité le plus élevé en ces dures périodes de crise mondiale. Soit, mais il faut toujours analyser des données dans leur(s) contexte(s) pour que leur(s) signification(s) ne soi(en)t pas biaisée(s).
Ainsi, cette constatation qui devrait nous réjouir et nous rassurer est l’arbre qui cache une forêt bien dense, celle de la place de la maternité et de la femme dans notre société moderne, celle du rapport parents/nouveau-né face aux carrières professionnelles (congés maternité et/ou paternité), celle du grand remplacement (forte fécondité allogène sur le sol français), etc.
En fait, si on insiste en général sur cette « performance biologique », la réalité est bel et bien une baisse continuelle de cette fécondité depuis la fin de la guerre. Associée à une hausse continuelle des effectifs immigrés, clandestins ou non, du fait des aléas économiques du monde globalisé et du regroupement familial instauré en 1976 par une troïka scélérate composée de Valéry Giscard d’Estaing, de Jacques Chirac et de de Michel Durafour, on se rend compte que la notion de grand remplacement n’est pas un fantasme ou un mythe.
François Héran, président de la European association for population studies (EAPS) et ancien directeur de l’INED de 1999 à 2009, précise, sur le site Atlantico, dans un article du 29 mars 2013 « Les vraies raisons de la fécondité française », quelques unes des raisons de cette prolificité humaine et indique entre autres :
« […] la fécondité au cours des études est en très net recul. L’une des particularités françaises est notamment que nos femmes ne s’arrêtent que quelques mois pour leurs grossesses alors que dans de nombreux pays, les mères s’arrêtent plusieurs années même pour un seul enfant. […] une légère surfécondité des familles les plus aisées et de celles étant les moins aisées. Au milieu, se trouvent les classes moyennes qui font moins d’enfants.
[…] Il y a une contribution de l’immigration assez forte au nombre des naissances mais assez faible au taux de fécondité. […] Sans les mères étrangères, on aurait 1,8 enfant par femme au lieu de 2.
[…] Le taux de fécondité de l’immigration maghrébine est également maintenant très proche du taux français. Dans tous les pays du Maghreb, on avait 7 enfants par femme dans les années 70, alors qu’on en a à peine plus de 2 maintenant. C’est chez les migrants d’ Afrique subsaharienne que l’on trouve des taux de fécondité encore relativement élevés, mais pour l’instant la migration africaine, très concentrée dans la région parisienne, est modérée par rapport à la France entière. Les flux les plus importants de migrants que la France reçoit chaque année viennent du Maghreb, ce qui explique que l’impact sur la fécondité reste faible. […] »
On pourrait approfondir encore le sujet en fournissant d’autres explications à ces phénomènes mais aujourd’hui, ce qui m’a intéressé, c’est la réflexion sur le rôle des femmes face à ce déclin démographique insidieux, réflexion abordée le 28 mai 2010 lors d’un colloque à l’Assemblée nationale, organisé par Yves-Marie Laulan, fondateur de l’Institut de géopolitique des populations.
Yves-Marie Laulan a une préoccupation majeure : il craint que les déséquilibres démographiques entre Français de souche européenne et immigrés ne déstabilisent la société. Un sujet tabou. Mais un vrai sujet qu’il aborde avec constance sous ses deux faces : l’immigration étrangère d’un côté, la fécondité euro-française de l’autre.
Ainsi, lors de ce colloque, il a donné la parole à des femmes, partant du principe que ce sont elles qui au premier chef donnent la vie. Elles eurent le concours de deux intervenants masculins : celui à l’origine du projet et Christian Vanneste.
Disons le tout de suite ce colloque (dont Polémia met en ligne les actes) est une formidable réussite. Incontestablement Yves-Marie Laulan a réuni un panel de femmes exceptionnelles : de belles intelligences, des cœurs généreux, des corps féconds. Et une approche polyphonique de la question posée.
Catherine Rouvier : le caractère divin de la fonction maternelle
D’emblée Catherine Rouvier pose le problème du sens de la maternité : « l’incommensurable noblesse, le caractère essentiel et quasi divin de la fonction maternelle, encore perceptibles dans les sociétés moins développées, moins matérialistes, moins mécanisées, ne sont plus perçus dans nos pays présumés civilisés. »
« Pire, elle est cachée comme une survivance des temps anciens, une faute de goût, que ne commettent plus des femmes libérées, une occupation subalterne pour femmes désœuvrées, une preuve d’esclavage, la conséquence désastreuse d’une éducation encore fondée sur le schéma périmé de la différence homme/femme. »
« C’est cette mutation de l’idée de maternité qui, autant et peut-être plus encore que les causes matérielles, scientifiques et techniques, est à l’origine de cette baisse drastique de la natalité. »
Catherine Rouvier énumère ensuite ce qui lui paraît nécessaire à la restauration de l’image de la maternité : « dire la sensualité de la maternité ; refuser la dictature du préservatif ; refuser le risque de la (trop) longue attente du « quand je veux » ; refuser d’être complice de la disparition de notre civilisation bimillénaire ; refuser la disparition programmée du dimanche ; refuser la solitude individualiste des sociétés urbanisées. »
Jeanne Smits : l’image matérialiste de la maternité dans les médias
C’est évidemment une image différente de l’amour, de la famille, de la maternité, de la vie qui est donnée dans les médias. Et d’abord par le premier d’entre eux : le livre scolaire qui dissocie radicalement sexualité (pour le plaisir individuel et quelque soit le ou la partenaire) et procréation ; et c’est ce message tronqué et faux qui est constamment répété depuis l’âge de 12/13ans.
Jeanne Smits poursuit sa critique en analysant les magazines féminins. Elle y trouve que « L’image de l’enfant et de la maternité (y) est plutôt positive, mais (qu’) elle privilégie l’image d’un enfant objet. C’est l’enfant pour soi.(…) Si on regarde l’image de l’enfant dans les médias, il ne s’agit pas d’un autre qui est accueilli, mais de celui que l’on peut se permettre d’avoir, que l’on va habiller et élever selon des normes qui en font ce que les Anglais appellent un status object (un objet de statut). »
Enfin « Il y a une image de la maternité qui est complètement ignorée, médiatiquement parlant, que ce soit dans la presse glamour, dans les émissions télévisées, dans les téléfilms ou au cinéma : l’image positive de la mère au foyer, de la mère de famille nombreuse. »
Christian Vanneste : le poids des idéologies, relativiste, culturaliste, marxiste
Député mais aussi philosophe. Christian Vanneste a mis en exergue du colloque trois causes idéologiques à la situation actuelle:
– Le relativisme «c’est à dire la volonté, quasiment entropique, de nier toutes les différences»;
– La mécanique marxiste qui, appliqué au féminisme, «a remplacé la lutte des classes par la lutte des sexes»;
– Le culturalisme «qui tend à nier complètement la dimension biologique, génétique; naturelle de l’humanité pour prétendre que tous nos comportements sont dictés par l’éducation, par l’environnement culturel».
Et le député philosophe de conclure son propos par deux recommandations, « deux mariages » : celui de la génétique et de l’éducation celui de l’égalité et de la différence.
(l’intégralité de l’article est ici).
















