Unité chrétienne d’Occident

« Pas de féodalité, en Europe ou ailleurs, sans la décomposition préalable d’un vaste corps politique. Dans le cas présent, ce corps politique, c’est le vaste Empire carolingien, cette première « Europe » dont le nom même s’est affirmé alors (Europa, vel regnum Caroli), pour disparaître avec le grand empereur qu’un poète de sa Cour saluait comme le pater Europae.

[…] Cependant, la féodalité, c’est autre chose encore : une société fondée sur les relations d’homme à homme, sur une chaîne de dépendances; une économie où la terre n’est pas le seul mais le plus fréquent moyen de payer des services.

[…] À cette pyramide sociale, avec ses obligations, ses règles, ses fidélités, à cette mobilisation de forces, l’Occident a dû survivre, de sauvegarder le vieil héritage chrétien et romain auquel il va mêler idées, vertus et idéologies du régime seigneurial (sa civilisation propre).

Pratiquement, l’Europe qui alors a oublié son nom même d’Europe, se constitue comme un monde cloisonné, où seule compte la petite région, l’étroite patrie.

[…] L’intéressant, c’est que s’établit malgré tout, malgré le cloisonnement politique, une convergence évidente de civilisation, de culture. le voyageur sur le chemin de tel pèlerinage (celui de Saint-Jacques-de-Compostelle par exemple) ou en déplacements d’affaires, se sent chez lui, aussi bien à Lubeck qu’à Paris, à Londres qu’à Bruges, à Cologne qu’à Burgos, Milan ou Venise. Les valeurs morales, religieuses, culturelles, les règles de guerre, de l’amour, de la vie, de la mort sont partout les mêmes, d’un fief à l’autre, quels que soient leurs querelles, leurs révoltes ou leurs conflits.

C’est pourquoi il y a vraiment une Chrétienté une (March Bloch) et ce qu’on peut appeler une civilisation de la chevalerie, du troubadour et du trouvère, de l’amour courtois.

Les croisades disent cette unité, puisqu’elles s’affirment comme des mouvements d’ensemble, des aventures, des passions collectives, communes à ces innombrables petites patries. »

Fernand BraudelGrammaire des Civilisations (Champs histoire, Éd. Flammarion, Paris, p.428 à 430) – 1993 [1963 dans Le Monde actuel, histoire et civilisations, librairie Eugène Belin]

Éclosion de la tyrannie

« Lorsque les pères s’habituent à laisser faire les enfants, lorsque les fils ne tiennent plus compte de leurs paroles, lorsque les maîtres tremblent devant leurs élèves et préfèrent les flatter, lorsque finalement les jeunes méprisent les lois parce qu’ils ne reconnaissent plus, au-dessus d’eux, l’autorité de rien et de personne, alors, c’est là, en toute beauté, et en toute jeunesse, le début de la tyrannie. »

PlatonLa République Livre VIII (Les Belles Lettres, Paris) – 2002 [315 avant J.C.]

Antique sentence

« La diversité d’origine peut aussi produire des révolutions jusqu’à ce que le mélange des races soit complet; car l’État ne peut pas plus se former du premier peuple venu, qu’il ne se forme dans une circonstance quelconque. Le plus souvent, ces changements politiques ont été causés par l’admission au droit de cité d’étrangers domiciliés dès longtemps, ou nouveaux arrivants. Les Achéens s’étaient réunis aux Trézéniens pour fonder Sybaris; mais étant bientôt devenus les plus nombreux, ils chassèrent les autres, crime que plus tard les Sybarites durent expier. Les Sybarites ne furent pas, du reste, mieux traités par leurs compagnons de colonie à Thurium; ils se firent chasser, parce qu’ils prétendaient s’emparer de la meilleure partie du territoire, comme si elle leur eût appartenu en propre. A Byzance, les colons nouvellement arrivés dressèrent un guet-apens aux citoyens; mais ils furent battus et forcés de se retirer.

Les Antisséens, après avoir reçu les exilés de Chios, durent s’en délivrer par une bataille. Les Zancléens furent expulsés de leur propre ville par les Samiens, qu’ils y avaient accueillis. Apollonie du Pont-Euxin eut à subir une sédition pour avoir accordé à des colons étrangers le droit de cité. A Syracuse, la discorde civile alla jusqu’au combat, parce que, après le renversement de la tyrannie, on avait fait citoyens les étrangers et les soldats mercenaires. A Amphipolis, l’hospitalité donnée à des colons de Chalcis devint fatale à la majorité des citoyens, qui se virent chasser de leur territoire. »

AristotePolitique, Théorie générale des révolutions, Livre VIII, chapitre 1, paragraphe 10 et 11 (Éd. Librairie philosophique de Ladrange Paris) – 1874 [345/344 av. J.C]

Hollandie sans panache… normal !

En cette période d’enthousiasme planétaire pour un sport qui ne m’emballe pas plus que cela mais qui, il faut bien le reconnaître, peut-être spectaculaire et époustouflant lorsqu’il est pratiqué chez les rosbifs, sans effondrement volontaire en surface de réparation et sans simulations intempestives accompagnées de simagrées ridicules; en cette période, disais-je, il m’est revenue une citation de l’incisif Giraudoux : « Le sport consiste à déléguer au corps quelques-unes des vertus les plus fortes de l’âme. ».

À croire que Flamby n’est pas au courant de cela puisqu’il a déclaré ce vendredi dans un entretien accordé au Grand Journal de Canal+ (source) : « Vous avez dit que l’on est à mi-chemin, ce qui compte ce n’est pas la mi-chemin, c’est le bout du chemin, c’est l’arrivée. Ça vaut pour tout ! », sous-entendu qu’il n’y a que le résultat qui compte, peu importe que les rencontres ne soient pas l’expression ultime des vertus dont parle Giraudoux, qu’elles déroulent sans panache, sans qu’elles ne fassent vibrer les spectateurs,… finalement, peu importe les moyens, la fin les justifie !… sortie « présidentielle »simplement misérable à l’image de son locuteur.

Sans oublier cette nouvelle contradiction à son actif puisque que dans Le Parisien du 29 mai 2014 (source), il expliquait : « L’équipe de France doit être pour tous un motif de fierté, d’unité, de mobilisation, rappelle-t-il. Ce qui compte, au-delà du résultat, c’est l’image d’une équipe combative, solide et enthousiaste. ». Alors… c’est la fin et le résultat qui compte ou la manière d’y arriver ??!!!… Il faut choisir François !!! mais comme pour Trierweiler et Gayet, c’est difficile…

Hollande footeux

Et d’enchaîner sur une nouvelle brochette d’imbécilités à propos de la Marseillaise : « C’est toujours un moment d’émotion, certains joueurs la ressentiront au plus profond d’eux-mêmes, d’autres la chanteront à tue-tête. Les pressions sur les joueurs sont inutiles, ce qui compte, c’est le dépassement de soi-même. »… et bien, justement, lorsque l’on vit un moment d’émotions, on est exalté, transcendé par la pression de l’évènement, par les chants patriotiques que l’on ressent au plus profond de nous-mêmes et que l’on évacue en chantant à se déchirer les cordes vocales. C’est justement lorsque l’on a la pression que l’on se dépasse !!! L’un ne va jamais sans l’autre !…

On sent l’habitué des compétitions sportives, du gagneur, du chef charismatique… Vlad nous le montre très bien d’ailleurs avec un document exclusif !!!

L’article se termine par « Ce qui va faire la force de cette équipe, c’est sa jeunesse. Elle constitue un bloc, vante François Hollande »… un peu comme la jeunesse de Génération identitaire du Bloc identitaire ??…

Enfin, une de ses plus belles perles de l’entretien accordé à Canal+ donne une exacte idée de la gestion de notre nation par ce freluquet : « Mais ne nous compliquons pas la vie, n’essayons pas de toujours prévoir, tout ne se prévoit pas, tout se construit. ».

Voilà un splendide aveu de sa propension à l’improvisation dont sa gestion calamiteuse de la Corrèze, que j’évoquais ici et expliquée dans les Échos du 16 février 2012 (source), est un bien bel exemple, et de l’absurdité récurrente de ses propos car ce qui se construit se prévoit forcément au risque d’une instabilité et d’un effondrement de la construction !!

Notons dans le Scan Sport du Figaro d’hier, en prime et comme cerise sur le gâteau du grand bordel et du piétinement des traditions institutionnalisés, le possible report du défilé du 14 juillet au 15 juillet (source) : « Selon nos informations, si l’équipe de France joue en finale le 13 juillet, on envisagerait, au sommet l’état, de décaler le défilé du 14 juillet au lendemain. ». Ce n’est pas que je sois attaché tant que cela à cette fête révolutionnaire à la gloire de décapiteurs et de destructeurs sans vergogne mais il s’agit avant tout d’une célébration de nos armées, des citoyens qui ont décidé un jour de donner leur vie à la nation au péril parfois de la leur, et il me semble aberrant et insultant pour tous ceux qui se sont sacrifiés pour notre terre depuis des lustres, de donner la priorité à un évènement sportif qui serait certes assez considérable mais qui ne mériterait aucunement de passer devant des légions de soldats tombés pour la France et de militaires en activité prêt à intervenir à tout moment.

Il y a des choses qui sont non-négociables ou qui ne méritent aucun arrangement ! Mais le propre du gauchiste est d’être ingrat et de faire ce qui lui plaît, sans se soucier du bon-sens et des traditions…

Nota Bene : une information, présentée comme anodine mais, en réalité, témoignant d’une volonté permanente de récupération politique, nous apprend que dans l’article de Sports.fr que « Najat Vallaud-Belkacem regardera le match avec l’équipe féminine de Clichy-sous-Bois, en Seine-Saint-Denis » (source), sous-entendu que la militante de l’idéologie et de la propagande féministe ne loupe aucune occasion pour marteler son message pavlovien sachant à qui, elle et ses amis gauchistes doivent leurs accessions au pouvoir (femmes, français d’origine immigrée,…) …

Elle avait d’ailleurs rendu visite le 3 mai 2014 à l’équipe féminine sus-citée et avait alors déclaré entre autres que : « On aurait tout à gagner (1:40) […] à avoir des millions (rien que ça !!) de femmes sur les terrains de sport« …. affirmation sans fondement et ridicule comme d’habitude !

montage Najat Vallaud-Belkacem grand remplacement

 

Héritage

« Le sens de l’héritage. Évaluer avec gratitude ce que l’on doit à ses ascendants : la parentèle, la patrie, le terreau spirituel, la langue, la civilisation, ses reflets dans une culture, un paysage, des monuments, des traditions, des codes, des grimoires.
[…] Se percevoir comme un maillon et non un en-soi muré dans son autosuffisance. »

Denis Tillinac – Du bonheur d’être réac (Éd. des Équateurs, p. 43) – 2014

Singularité cordicole

« L’homme n’a qu’un désir absolu, conserver son existence, s’affranchir de toute douleur, même de toute privation; ce qu’il veut, c’est la plus grande somme possible de bien-être, c’est la possession de toutes les jouissances qu’il est capable d’imaginer, et qu’il s’ingénie à varier et à développer sans cesse. Tout obstacle qui se dresse entre son égoïsme et ses convoitises excite son humeur, sa colère, sa haine : c’est un ennemi qu’il faut écraser. »

Arthur SchopenhauerDouleurs du monde (Pensées et fragments, Petite Bibliothèque Rivages, p. 158 et 159) – 1990 [1885]

Retour vers le futur cordicole II

« Par une simple altération, par une simple prétendue réforme des programmes de l’enseignement secondaire français, par le triomphe passager de quelques maniaques modernistes et scientistes français, généralement radicaux, quelques-uns socialistes professionnels, toute une culture, tout un monde… disparaît tout tranquillement et tout posément sous nos yeux de la face du monde et de la vie de l’humanité. Sous nos yeux, par nos soins disparaît la mémoire de la plus belle humanité. »

Charles PéguyPensées (Éd. nrf Gallimard, p.80)- 2007 [1905]

(tirée du septième Cahier de la septième série, les Suppléants parallèles, 17 décembre 1905)

Avilissement cordicole

« Chaque monde sera jugé sur ce qu’il a considéré comme négociable ou non négociable. Tout l’avilissement du monde moderne, c’est-à-dire toute la mise à bas prix du monde moderne, vient de ce que le monde moderne a considéré comme négociables des valeurs que le monde chrétien et le monde antique ont considéré comme non négociables. Et cette universelle négociation fait cet universel avilissement. »

Charles Peguy – Note conjointe sur M. Descartes (Éd. Gallimard, nrf ) – 1942 [1914]