Caprices citoyens

« L’omnipotence fondée sur le consentement général qu’entrevoyait Tocqueville n’est donc qu’une des faces de l’État moderne.

L’autre est une tout aussi entière impotence, devant les pressions revendicatives quotidiennes et opposées qu’exercent sur lui les citoyens, avides d’une assistance en contrepartie de laquelle ils acceptent de moins en moins d’obligations.

À tout envahir, l’État démocratique s’est gorgé en fin de compte de plus de responsabilités que de pouvoirs. »

Jean-François Revel –  Comment les démocraties finissent (Éd. Grasset & Fasquelle, Paris, p.20) – 1983

Totalitarisme progressiste

« La vérité est qu’il existe deux formes distinctes de totalitarisme, très différentes dans leur nature et dans leurs effets, mais l’une et l’autre redoutables.

La première à l’Est, emprisonne, persécute, meurtrit les corps : au moins laisse-t-elle intacte l’espérance.

L’autre, à l’Ouest, aboutit à créer des robots heureux. Elle climatise l’enfer. Elle tue les âmes. »

Alain de Benoistpropos au XVe colloque du GRECE à Versailles – 1981

La foire aux girouettes

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Comme le montre le « Crapouillot » de 1935 ou comme le recensait  « Le dictionnaire des girouettes »  en 1815 , ouvrage auquel je faisait allusion dans ce billet « Un escroc français !… fuyons ! », il y a un peu plus d’un an, à propos de Fillon et Hollande, le monde politique qui se veut pourtant porteur d’une mission de modernisation, de progression de la société, ce monde politique reste bien campé sur l’un des piliers traditionnels de son mode de fonctionnement (avec le népotisme et la corruption) : l’opportunisme.

Ainsi, tel une efficace girouette, quelques fameuses pompes à vélo tournent, tournent au gré des vents idéologiques et des souffles carriéristes ministériels comme ces tristement célèbres « écologistes » que sont Barbara Pompili, celle qui ne savait pas qu’elle savait pour Baupin, et qui est devenue secrétaire d’état à la biodiversité (pas fumeux comme intitulé…), et le colonel parachutiste Jean-Vincent Placé (dommage que le ridiule ne tue pas instantanément !!… c’est le sort que tout bon parasite mérite !), secrétaire d’État chargé de la Réforme de l’État.

Eux qui étaient tellement opposés à l’utilisation de l’article 49.3 en 2015, tout d’un coup, au bout d’un an, le trouve indispensable « pour faire avancer la France »…. À part de n’avoir aucune dignité, ni aucune exigence de droiture intellectuelle, comment peuvent-ils se regarder dans une glace ??!!!… A priori, soit ils n’ont pas de miroir, soit ils n’ont aucun scrupule. Je penche pour la seconde option.

Vous me direz : « On peut changer d’avis ! Tu viens bien de la mouvance gauchiste !… »

Certes… à la différence que ma réorientation politique est le résultat d’un travail personnel sur plus de dix ans (lectures, rencontres, expériences personnelles multiples dans la France d’après,…) et que ce changement idéologique ne m’a procuré et ne me procure aucun avantage dans notre société décadente actuelle, bien au contraire ! (risque de poursuites juridiques pour telle ou telle pensée exprimée, isolement social en perdant du vue certains « amis », risques professionnels notamment dans le monde de l’Éducation Nazionale,…).

Dans leurs cas, il s’agit d’une réorientation subite (en un an !) juste après avoir obtenu un poste au sein du gouvernement, gouvernement qui souhaite utiliser ce 49.3…

Et que dire de ce peintre espagnol qui se réclame français et qui n’a aucune parole, aucune dignité ??!!!…

Ce phénomène de rotation politique reste une énigme pour moi…

Il existe depuis toujours mais aujourd’hui, avec tous les moyens numériques dont nous disposons, la mémoire des peuples est un peu plus performante et pourtant, les citoyens continuent à élire tout ce ramassis d’incompétents et de menteurs !!!…9782246861300-001-X

C’est bien la preuve que la démocratie est un régime dont il faut se méfier.

Comment un charlot comme le premier ministricule peut-il être encore en poste alors qu’à quelques années d’intervalle, son retournement de veste magistral est une preuve d’un manque total de cohérence et d’exigence envers soi-même ??!!!…

Ce prétentieux, au coup de menton facile, a fait éditer un bouquin intitulé « L’Exigence » chez Grasset et Fasquelle (avec un « e » majuscule s’il-vous-plaît !)… quel cynisme !

Lui qui dénonçait en 2010 que « tout passage en force, l’absence de dialogue social dans une démocratie moderne conduit à des situations comme celles que nous connaissons »  et qui en 2016, n’hésite pas en passer en force avec son 49.3 en bafouant le débat démocratique et le dialogue social qu’il se targue de défendre à tout moment !!!Alex_Lebout_dessin_hollande_girouette_pr_R_sident

Son « con père » Hollande est tout aussi pitoyable (et petit ! cela a son importance quant à la frustration qu’ils ont emmagasiné depuis leur jeunesse et qu’il gère aujourd’hui à leur façon, en humiliant les français en les prenant pour des cons tous les jours) puisque lui aussi est un habitué des écoeurantes palinodies. Il n’a pas manqué lui aussi de donner son avis sur le « déni de démocratie », « la brutalité » que constitue l’utilisation de l’article constitutionnel tant décrié lorsqu’il était premier secrétaire du PS en 2006 lors des évènements liés au CPE ! (cf. BFMTV le 17 février 2015 et la vidéo ci-dessous).

Aujourd’hui, par magie, ce n’est donc plus « une violation des droits du Parlement » et Toutmou n’appelle plus à sa suppression mais à son utilisation tout simplement !

Nous sommes donc les témoins privilégiés du jeu misérable de politicards sans foi ni loi qui sont de fieffés menteurs assumés comme le caudillo Valls épinglé par l’excellent Emmanuel Ratier, mort brutalement comme par hasard en août dernier (cf. Riposte laïque du 21 août 2015) après son enquête explosive.vraivisagevalls

Comme on peut le voir ci-après dans l’entretien qu’il avait accordé à TV-Libertés le 24 avril 2014, Emmanuel Ratier expliquait comment le fourbe premier ministricule « était passé d’un soutien presque fanatique à la cause palestinienne, dans les années 2000, à un soutien, suite à son mariage avec Anne Gravoin, à Israël, dont il se disait lié de manière éternelle » et comment il avait montré que « la famille de Valls était la plus aisée de Catalogne, et que jamais le père n’avait fui le régime de Franco, qui lui permettait d’exposer ses œuvres et de revenir en Espagne en toute liberté. La preuve, notre « anti-franquiste » est né à Barcelone en 1962 ! »

Dans ce maelström de pourriture, une seule solution : la javel ou la vidange totale pour ce régime lamentable dans lequel chacun de ces petits calculateurs d’avides bourgeois profite encore et toujours d’un système à bout de souffle.

Système très bien cerné et dénoncé par Guillaume Meurice sur France Inter (radio qui pour une fois fait preuve d’honnêteté…) dans « Le moment Meurice » du 11 mai 2016 avec les saloperies des députés qui sont nombreuses, les places prévues pour dormir à l’Assemblée qui s’appellent l’hémicycle,  de l’argumentation sérieuse et étayée de Benoît Apparu des Républicains (gnagnagna…), la fuite malpolie de Razzi Hammadi du PS (un bon FDS) dans l’incapacité de répondre au fait que Toutmou soit incohérent, voire le mépris du socialo Hugues Fourage qui prend le peuple français pour des benêts dépassés (en même temps, ce sont ces français qui l’ont élu !!… il a peut-être raison…),…

Avec beaucoup de poésie et de classe, à l’image de tous ces parlementaires parasites qui ne représentent qu’eux-même pour leurs propres intérêts et certainement pas le peuple de France (existe-t-il encore??..), il nous explique comment l’article 49.3 de la Constitution, est « une disposition qui peut mettre à mal l’industrie de la vaseline mais relance dans le même temps celle du gravier ».

Le gravier, c’est ce que l’on mettra bientôt sur leurs fosses mortuaires !

(« Le 49.3 expliqué par les professionnels de la démocratie« , chronique de France Inter « Le moment Meurice » par Guillaume Meurice le 11 mai 2016)

Émancipation fatale

« …on voit la femme s’émanciper : prendre, comme dit la Bible, le vêtement de l’homme, affecter les formes, le langage, les allures de la virilité, et aspirer à en exercer les fonctions.

Partout et dans tous les temps, on rencontre de ces créatures excentriques, ridicules dans leur sexe, et insupportables au nôtre : elles sont de plusieurs espèces.

Chez les unes, ce chic masculin est l’effet du tempérament et d’une grande vigueur corporelle : on les appelle des viragos. Ce sont les moins à craindre; elles ne sont pas prosélytes, et il suffit de la critique des autres femmes pour les ramener à l’ordre.

Chez d’autres, la tendance à l’émancipation procède d’un travers d’esprit, ou de la profession qu’elles exercent, ou bien enfin du libertinage. Celles-ci sont les pires : il  n’y pas de forfait auquel l’émancipation ne les puisse mener.

À certaines époques, l’esprit de secte s’en mêle; la défaillance des moeurs publiques vient compliquer le mal : la lâcheté des hommes se fait l’auxiliaire de l’audace des femmes; et nous voyons apparaître ces théories d’affranchissement et de promiscuité, dont le dernier mot est la PORNOCRATIE.

Alors c’est fini de la société. »

Pierre-Joseph ProudhonLa pornocratie ou les femmes dans les temps modernes (Éd. A. Lacroix et Cie, Librairie internationale, chapitre IV Physiologie de la femme émancipée, p. 68 et 69)– 1875

Institution émotionnelle et flexible

« Loin d’être une fin en soi, la famille est devenue une prothèse individualiste, une institution où les droits et désirs subjectifs l’emportent sur les obligations catégoriques.

Longtemps les valeurs d’autonomie individuelle ont été assujetties à l’ordre de l’institution familiale. Cette époque est révolue : la puissance décuplée des droits individualistes a dévalorisé tant l’obligation morale du mariage que celle de procréer en grand nombre. Les parents se reconnaissent certes des devoirs envers leurs enfants : pas au point toutefois de rester unis tout leur vie et de sacrifier leur existence personnelle.

Telle est la famille postmoraliste que l’on construit et reconstruit librement le temps que l’on veut, comme l’on veut.

On ne respecte plus la famille en soi, mais la famille comme instrument d’accomplissement des personnes, l’institution « obligatoire » s’est métamorphosée en institution émotionnelle et flexible. »

Gilles LipovetskyLe crépuscule du devoir, l’éthique indolore des nouveaux temps démocratiques (Éd. Gallimard, nrf essais, Paris, p.167) – 1992