Le capitalisme festif…

… ou la décadence comme profession de foi !

Dans le dernier numéro de la revue Éléments (août-septembre 2026, n°221), Thomas Hennetier nous fait découvrir un auteur qui m’était inconnu jusqu’à ce jour : Michel Clouscard. Cet intellectuel « de gauche » bien que marxiste a eu des analyses pertinentes sur le monde moderne qui furent franchement visionnaires et qui ont mis à jour, avant l’heure, la stratégie politique du capitalisme moderne qui « ne prospèrait plus sur la discipline et la morale mais sur la libération des désirs, la consommation des plaisirs et la disparition des anciennes limites« .

Malgré son orientation politique, certains éléments de sa pensée rejoignent certaines de mes convictions ; tout comme de nombreux jugements de l’anarchiste Proudhon sur la modernité et la pornocratie. Je suis un « facho » a priori ouvert…

Ce que j’ai lu sur Michel Clouscard m’a fait penser à Philippe Murray qui, quelques années plus tard, inventait le terme d’Homo festivus dans le génial « L’Empire du Bien » (un de mes livres de chevet) pour dénoncer l’hédonisme obligatoire et le prêt-à-penser, délétère à l’esprit critique et la liberté individuelle.

Voici donc quelques extraits de l’article d’Éléments (p.72 à 74) pour vous faire une petite idée du philosophe… bonne lecture !

La masse ne sait rien !

montage masse ne sait rien

« La masse sait qu’elle ne sait rien, et elle n’a pas envie de savoir. La masse sait qu’elle ne peut rien, et elle n’a pas envie de pouvoir. On lui reproche violemment cette marque de stupidité et de passivité.

Mais pas du tout: la masse est très snob, elle fait comme Brummel [il avait un serviteur pour choisir à sa place devant un paysage splendide… »Which Lake do I préféré ? »] et délègue souverainement la faculté de choisir à quelqu’un d’autre, par une sorte de jeu d’irresponsabilité, de défi ironique, d’involuté souveraine, de ruse secrète.`

Tous les médiateurs (politiques, intellectuels, héritiers des philosophes des Lumières dans la contemption des masses) ne serviraient au fond qu’à ceci : gérer par délégation, par procuration, cette affaire fastidieuse du pouvoir et de la volonté, délester les masses de cette transcendance pour leur plus grand plaisir et leur en offrir le spectacle par surcroît.

Vicarious : tel serait, pour reprendre le concept de Veblen, le statut de ces classes « privilégiées », dont la volonté serait détournée à leur insu vers les finalités secrètes des masses mêmes qu’elles méprisent. »

Jean BaudrillardLes stratégies fatales (Éd. Grasset et Fasquelle, coll. Figures, p. 138) – 1983

Spectacle ignoble mais tendance…

Les critiques sont unanimes, le metteur en scène Valérian Messaline a réussi à tirer la quintessence du personnage principal de cette chronique de la Ve et dernière république française, témoignage fidèle de cette période joyeusement décadente et d’un glauque assumé en Égalie. L’interprète du héros progressiste n’est autre que François d’Hollandie lui-même.

Les avis sont dithyrambiques devant autant de réalisme utopique, de véracité feinte et de chaude fraîcheur.

Télérama et Libération, dans l’attente d’une autorisation officielle, n’ont rien édité pour l’instant n’ayant pas encore rencontré l’acteur d’une justesse assez exceptionnelle et en même temps d’une délirante imprécision.

L’affiche de promotion a été saluée par le monde très fermé des concepteurs de propagande publicité qui a souligné l’excellent travail graphique réalisé par FlambiPublicis, entreprise américaine très connue pour son lobbying actif au profit des minorités et de la diversité qui, nous le savons tous évidemment, sont les deux socles fondateurs de la France qui maçonne son histoire à grands coups de truelles biaisées.

Montage Hollande Devil Inside