Saint-Empire capitaliste contre la nation

« Entre le capital et la nation, il y a donc une hétérogénéité profonde et souvent une contradiction. L’Empire de l’argenta ses lois et sa propre polarisation. Comme tout ce qui existe, il a tendance détruire ce qui s’oppose à son développement ou simplement ce qui y est étranger.

La loi du profit est sourde et implacable. Il arrive que l’intérêt national y trouve son compte mais cet accord est de hasard. La loi du profit ne connaît qu’elle-même.

Si l’intérêt national se trouve sur sa route, il est balayé comme le reste.

La prospérité de nos nations ne préoccupe le grand capitaliste que parce qu’elle constitue ce qu’il appelle »un pouvoir d’achat ». Leur indépendance ne l’intéresse pas. Il les veut, au contraire, faibles et dociles, assez riches pour acheter, pas assez riches pour créer.

En définitive, les seigneurs du Saint-Empire capitaliste souhaitent aux nations l’impuissance et la prospérité.

Ils souhaitent avec bienveillance qu’elles travaillent et qu’elles soient heureuses.

Ils souhaitent qu’elles ignorent toujours qu’elles travaillent pour des maîtres inconnus. »

Maurice BardècheLes temps modernes (Éd. Les Sept couleurs, p. 100-101) – 1956

Endoctrinement moderne

« Nous sommes au temps des lavages de cerveau. Avant tout, il faut que nous ne soyons pas nous-mêmes. On ne sait pas ce qu’il peut y avoir en nous-mêmes : peut-être le sentiment de l’honneur, la fierté, le respect de notre sang, une sorte d’aspiration à la propreté et à la grandeur, qui sait ?

Toutes sortes de traits qui ne conviennent pas au bon acheteur de la pacotille des bazars à prix unique. Donc, comme le charbon qui sort de la mine, on nous lave. Et de ce lavage initial, constamment, obstinément répété, dépend la qualité de notre docilité.

Là est la tâche essentielle de la presse. »

Maurice BardècheLes Temps modernes (Éd. des Sept Couleurs, p. 28 et 29) – 1956