Partir de loin

Le moisiblog a régulièrement de bonnes idées, et le petit texte ironique accompagnant ces deux images m’a fait sourire.

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Parti de gauche, la belle affaire si c’est pour y rester. Dissidence !

Arrivé à droite

Mais, si j’ai « reblogué » ces images, c’est parce qu’elles illustrent la dissidence dont j’ai fait preuve, il y a maintenant de nombreuses années, face à un environnement familial très attaché à la socialie.

L’embrigadement que j’ai subi durant ma jeunesse par mes parents pensant bien faire, la forte influence d’une mère féministe, intellectuelle, soutenue par une complicité bienvenue de l’Éducation Nationale et de ses enseignants, plus souvent affiliés au SNUipp-FSU qu’à la CFTC (et encore, y a-t-il vraiment un syndicat de droite dans l’enseignement primaire et secondaire ??!!…), a cessé lorsque je suis devenu père, après avoir marié une femme d’exception d’un milieu plus traditionnel et moins intellectuel.

J’avais entre temps effectué de nombreux voyages (10 ans de vie à l’étranger, un tour d’Europe, et beaucoup d’autres) et j’avais abandonné mes uniques lectures de revues ou ouvrages scientifiques, pour me remettre à étudier ou à relire en entier (suite à des souvenirs d’extraits du lycée) des essais philosophiques et politiques (Kant, Platon, Muray, Levi-Strauss,..), et, notamment, en commettant le sacrilège absolu : lire par curiosité des textes d’auteurs honnis qui m’étaient « interdits » (pas formellement mais la pression idéologique du milieu étant très forte…) comme Maurice Barrès, Charles Maurras, Roger Nimier,…

J’ai alors, tout d’abord découvert des écrivains à la plume remarquable, au style allégorique et fascinant.

Puis ensuite, ces lectures me confirmèrent de la réalité de vertus immuables, que la course aux changements n’est pas gage de progrès, et je pris donc conscience des nombreuses contradictions qui étaient miennes, depuis mon adolescence jusqu’à ma révélation identitaire, lorsque je fréquentais les milieux gauchistes (15 ans de vote pour LO et LCR, 4 ans à la CGT…), je ne me sentais jamais à ma place et pourtant, il me semblait être là où je devais….

Curieux sentiment, étrange ambivalence d’un jeune, au fond de lui très patriote aux solides valeurs traditionnelles, sortes d’exaltations originelles involontaires, et, en même temps, désireux d’aider la planète entière et d’excuser tout et n’importe quoi aux côtés d’énervants soixante-huitards qu’il trouvaient exaspérants.

Au final, et pour faire court car mon parcours ne peut se réduire qu’à cela, je suis parti de la gauche pour rejoindre les rangs de la droite patriote, de la tradition, ce qui ne veut bien évidemment pas dire que cette arrivée à droite s’accompagne d’un rejet systématique de la modernité ou du progrès technique.coquille

La droite, finalement, cette forme la plus répandue dans la nature tant au niveau chimique (molécules sucrées dextrogyres principalement utilisées par les organismes vivants) qu’au niveau des structures biologiques (enroulement dextre majoritaire chez les mollusques), est sans nul doute le fondement de tout et l’objectif à atteindre.degauchisseuse-raboteuse-et-mortaiseuse-illifaut

Sans parler, en ébénisterie, de la dégauchisseuse afin de rendre utilisable et d’améliorer un bout de bois irrégulier, pour ne pas dire tordu !!

Il n’existe aucune dédroitisseuse….

Parti de gauche, arrivé à droite… mais c’est loin d’être la fin; au contraire, tout commence car la société, dans laquelle je me sens bien et dans laquelle je souhaite que ma moitié et mes enfants évoluent, n’existe presque plus donc je n’ai que des perspectives devant moi, des actions à mener avec mes amis patriotes.

« D’uno raço que regreio                    « D’une race qui re-germe

Sian bessai li proumié gréu ;             Peut-être sommes-nous les premiers jets ;

Sian bessai de la Patrio                    De la patrie, peut-être, nous sommes

Li cepoun emai li priéu.                    Les piliers et les chefs.

La Coupo Santo.

Mycologium campestris

Quand j’en ai plus que ras-le-bol de lire des nouvelles affligeantes ou de voir la tripotée d’abrutis incompétents à la tête de nos institutions et de celles de l’Europe, je prends mes cliques et mes claques, je donne la main à ma femme et nous emboîtons les pas des enfants pour aller à la cueillette des convoités Fungi, pour ne pas utiliser le terme plus commun et plus simple de « champignon » devenu un taxon obsolète, à l’image de son camarade « race »  (brrr… quel mot horribilis !), à l’aune des progrès scientifiques considérables de notre fabuleuse époque stimulatrice et innovante…

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Quel bonheur d’aller se balader sur le Causse ou sur la Margeride dans l’espoir d’une récolte fructueuse (peut-être devrait-on dire fongiqueuse !!… ), à l’affût du moindre pézizomycète ou du plus petit agaricomycète coloré (ou non) pointant le bout de son carpophore entre quelques feuilles jaunissantes de châtaigniers ou de pins noir et sylvestre.

Pour la balade, n’étant pas des experts de la chasse de ce type d’hétérotrophes, mises à part les espèces habituellement ramassées (lactaires, bolets, grisets, girolle,..), nous prenons avec nous un guide d’identification très bien réalisé Les champignons de Geoffroy Kibby (Mango pratique) afin que l’aînée de nos trois flèches satisfasse sa curiosité.

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Ainsi, cette fin de semaine, nous sommes revenus avec quelques kilo de mycètes bien appétissants que ma douce moitié a fait revenir à la poêle juste comme il faut et que nous avons tous dégustés le soir venu.

Mais si j’ai souhaité écrire ce billet, ce n’est pas tant pour faire saliver les amateurs de bonne cuisine traditionnelle, comme tout bon rétrograde qui se respecte (plutôt que d’être ouvert à la modernité et au progrès que sont les fast-foods provenant de ces États-Unis exemplaires en tous points), que pour vous indiquer une référence d’ouvrage sur laquelle je suis tombé hier chez le buraliste.

Pour les amoureux de bels ouvrages, je vous conseille donc l’Atlas Illustré des Champignons chez Terres Éditions atlas-illustre-des-champigons-terres-editions-9782355301889
bien qu’ayant constaté seulement une fois revenu à la maison qu’il avait été imprimé en Chine (misère !!…). Malgré tout, les illustrations sont très réussies, la mise en page sur fond de vieux parchemin à gauche et sur fond noir à droite permet une lecture claire et agréable des textes et une observation nette des représentations dessinées, et la couverture est tout simplement magnifique.

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Le montage précédent inclut la page 64 à gauche et la page 61 à droite : logique… je le précise enfin que les esprits les plus fugaces ne se disent pas que ce bouquin a été réalisé par des branques ! (en fait, j’ai toujours été fasciné par l’amanite tue-mouches et je trouve que les pézizes orangées sont de toute beauté).

bon… puisque nous en sommes à donner dans l’Apostrophe bernardien, je me permets de vous proposer, pour les plus nostalgiques dont je fais partie, deux ouvrages que nous conservons précieusement à la maison, L’École de la nature d’Yves Paccalet pour les exceptionnelles planches Deyrolle et L’École de notre enfance de Philippe Rossignol avec les admirables planches éponymes.

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Tout simplement, la beauté et la science réunies sur des planches à la fois pédagogiques et superbes, d’une efficacité toujours actuelle pour l’acquisition des savoirs tout en étant devenues « …au XXIe siècle,(…) le catalogue d’un monde en voie de disparition. » : en parfaite adéquation avec notre regrettable constat…

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À défaut de dégustations mycologiques à la campagne, certains et certaines pourront se régaler avec les yeux de ces tableaux muraux, témoins de cette belles époque d’antan loin des « Vie d’Adèle », des cantonades et autres fadaises. Certes, l’estomac restera vide mais l’appétit cortical sera satisfait.

À vos paniers et bonnes lectures !

Requiescat in pace

Just a perfect day
drink sangria in the park
And then later when it gets dark
we go home

Just a perfect day
feed animals in the zoo
Then later a movie too
and then home

Oh, it’s such a perfect day
I’m glad I spent it with you
Oh, such a perfect day
You just keep me hanging on
you just keep me hanging on

 

Lou Reed – Perfect day – 1972 (Transformer).

Disparition progressive de la France d’avant

Georges Descrières RIP 20-10-2013

Georges Descrières, un immense acteur et pensionnaire de la Comédie Française (doyen de la Troupe de Molière) que j’appréciais beaucoup, s’en est allé hier.

C’est encore un peu de la classe française qui s’en va…

Je suis vraiment peiné ce soir d’apprendre cette bien triste nouvelle.

Toutes mes condoléances à sa famille et à ses proches.

RIP M. Descrières.

Le dormeur de Notre-Dame

Mardi 21 mai 2013, un patriote, un intellectuel, un père de famille s’est sacrifié sur l’autel de l’ancien monde dans l’espoir d’accélérer le réveil du peuple de France et d’Europe face à la démolition méticuleusement organisée de notre splendide et glorieuse civilisation occidentale.

Je voulais écrire un texte en sa mémoire ayant quelques uns de ses ouvrages dans ma bibliothèque et étant un fidèle lecteur de la NRH mais finalement, Dixie qui ne le connaissait pas a écrit un hommage magnifique et émouvant d’une portée allant bien au-delà de mes voeux.

Merci à elle !

Malgré un parcours chaotique avec quelques étapes auxquelles je n’adhère pas forcément, son discours sur notre époque, sa culture et ses références en font un homme dont je me sens proche comme de nombreux camarades bloggeurs.

Le début de son livre « Histoire et tradition des Européens » illustre à merveille mes propos et je ne peux m’empêcher de vous faire partager ces quelques lignes.

« Ce livre a commencé d’être écrit dans les premiers jours d’un nouveau millénaire. Il est né d’une souffrance surmontée, d’une très ancienne méditation et d’une volonté. Ce n’est pas dans la mollesse, mais dans la fermeté de l’esprit et la résolution du coeur que sera engendré notre avenir.

…(citant Simone Weil la philosophe) » L’Europe a été déracinée, coupée de cette antiquité où tous les éléments de notre civilisation ont leur origine ». Victimes de leur acculturation, les Européens vont donc chercher ailleurs et dans la négation d’eux-mêmes des remèdes illusoires à leurs maux. »

Voilà, un homme qui dès les premières pages cite Ortega y Gasset et Simone Weil n’est pas un mauvais homme.

Pour finir, voici son ultime déclaration trouvée sur fdesouche (merci Carine !).

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Je dédicace à Dominique Venner et à toute sa famille ce magnifique morceau, certes mélancolique mais plein d’espoir lorsque l’on se met à lire le poème de Georges Meredith associé à cette oeuvre.

Ralph Vaughan Williams – The Lark Ascending – 1920

Adieu valeureux guerrier…