L’épouvantail de l’Europe pour les moutons de Panurge

L’épouvantail de l’Europe pour les moutons de Panurge

De mes cours d’histoire-géographie et de français qui exaltaient l’amitié franco-russe, si bien illustrée par la correspondance entre Voltaire et l’impératrice Catherine II ou les succès des ouvrages de Tolstoï ou Tourgueniev en France, et de mon fabuleux voyage à Saint-Petersbourg en 2011 (à l’occasion duquel j’ai découvert Richard Millet en lisant L’Opprobre !), j’ai toujours gardé une profonde affection et admiration pour la Russie et sa culture.

De très nombreux Français et Européens sont ou étaient comme moi vis-à-vis de cette magnifique nation mais il faut dire qu’avec la propagande occidentale anti-russe ces dernières années, l’usage de l’imparfait s’avère bien plus approprié aujourd’hui. Il est tout de même aberrant d’assister à notre époque à un renversement aussi large des opinions, selon les merdias grand public évidemment, concernant l’attitude à adopter envers nos amis russes !

Je vous mets ici l’article du 8 septembre 2026 de chez Bruno Bertez qui évoque le point de vue d’Emmanuel Todd au sujet de cette crainte incompréhensible, voire incontrôlable, des Occidentaux face à la nation russe et à sa réponse en Ukraine face à l’oppression de cette dernière dans le Donbass russophone ainsi qu’à la parodie de révolution de Maïdan orchestrée par la CIA et les européens (n’en déplaise au débunker de pacotille Tristan Mendès France, clown de service aux ordres des mondialistes et agent américain payé par nos impôts pour raconter, en 2022, la propagande adéquate sur Radio France dans son podcast Antidote, bien mal nommé !).

« L’hystérie russophobe occidentale, qui fantasme sur le désir d’expansion de la Russie en Europe, est tout simplement risible pour un historien. Le choc psychologique qui attend les Européens sera la prise de conscience que l’OTAN a été créée non pas pour nous protéger, mais pour nous contrôler.

Notre russophobie n’a rien à voir avec la Russie elle-même. C’est un fantasme, une pathologie des sociétés occidentales, un besoin interne d’imaginer un monstre russe.  Quand ils parlent de la Russie, les dirigeants de la France, de la Grande-Bretagne, de l’Allemagne ou de la Suède parlent avant tout d’eux-mêmes. 

La russophobie est, sans aucun doute, une pathologie. Mais surtout, la Russie est devenue un test projectif impressionnant. Son image est similaire au test psychologique de Rorschach. Le sujet dit au psychiatre ce qu’il voit dans des formes aléatoires ou symétriques. 

À ce moment-là, il projette des traits profonds et cachés de sa personnalité. La Russie est notre test de Rorschach ».

Il y a un an, Emmanuel Todd abordait déjà, dans l’émission d’Aude Lancelin intitulée « Pas de Quartier » du 24 mars 2025, la dimension pathologique et psychiatrique à propos des points de vue de la majorité des dirigeants occidentaux face à une « menace russe ». Cette idée saugrenue relève d’un hallucinant paradigme que tous les médias non de cesse de renforcer par les interventions, plus qu’orientées, de pseudo-spécialistes vociférant en plateau des thèses plus ou moins absurdes (cf. l’imbécile et hautaine Elsa Vidal, à la tête de la rédaction russe de RFI, intervenant sur LCI chez Pujadas le 7 avril 2022, à propos du soi-disant cancer de la thyroïde de Poutine qui devait, soit dit en passant, « mourrir très rapidement » selon le chef du renseignement ukrainien Kyrylo Boudanov dans l’article d’Europe 1 du 5 janvier 2023, ou l’improbable et hystérique Macha Méril qui, très sûre d’elle dans sa mythomanie et qui parle à Michel Legrand selon elle grâce à sa voyante, nous assure que « Poutine a peur et qu’il va s’enfuir se réfugier en Israël » dans son appartement à Tel-Aviv… logement acheté en 2005 pour son ancienne professeure Mina Youditskaïa Berliner et légué à la Russie au décès de cette dernière en 2017 et qui est géré par l’ambassade de Russie depuis 2018 pour la location !).

J’aime cette idée du géopsychiatrisme, pour analyser l’état de santé mentale des partisans et défenseurs des thèses anti-russes majoritaires et à la mode, qui est franchement excellente.

Il est évident que de nombreux établissements sont à construire tant l’épidémie mentale est immense… On pourrait même en faire un film qui s’intitulerait « Vol au-dessus d’un nid d’Européens matrixés »…

Nihilisme des médiocres

« La Bêtise publique me submerge. Depuis 1870, je suis devenu patriote. En voyant crever mon pays, je sens que je l’aimais. La Prusse peut démonter ses fusils. Pas n’est besoin d’elle pour nous faire mourir. La Bourgeoisie est tellement ahurie qu’elle n’a plus même l’instinct de se défendre. — Et ce qui lui succédera sera pire ! J’ai la tristesse qu’avaient les patriciens romains au IVème siècle. Je sens monter du fond du sol une irrémédiable Barbarie. — J’espère être crevé avant qu’elle n’ait tout emporté. Mais en attendant, ce n’est pas drôle. Jamais les intérêts de l’esprit n’ont moins compté. Jamais la haine de toute grandeur, le dédain du Beau, l’exécration de la littérature enfin n’a été si manifeste. J’ai toujours tâché de vivre dans une tour d’ivoire. Mais une marée de merde en bat les murs, à la faire crouler. […] Je ne peux plus causer avec qui que ce soit sans me mettre en colère. Et tout ce que je lis de contemporain me fait bondir. Joli état ! — ce qui ne m’empêche pas de préparer un bouquin où je tâcherai de cracher ma bile. Je voudrais bien en causer avec vous. Je ne me laisse donc pas abattre, comme vous voyez. Si je ne travaillais pas, je n’aurais plus qu’à piquer une tête dans la rivière avec une pierre au cou. — 1870 a rendu beaucoup de gens fous, ou imbéciles, ou enragés. Je suis dans cette dernière catégorie. C’est là le vrai.« 

Extrait d’une lettre de Flaubert du 13 novembre 1872, adressée à Ivan Tourguéniev

N.B. : https://www.lyoncapitale.fr/actualite/lyon-2e-une-librairie-catholique-taguee