Le bon florilège

« L’âme d’une race régit sa destinée. Il faut des générations pour la créer, et parfois peu d’années pour la perdre.

[…] C’est la supériorité de son âme ancestrale qui distingue le civilisé du barbare. L’éducation ne saurait donc les égaliser.

La race est la pierre angulaire sur laquelle repose l’équilibre des nations. Elle représente ce qu’il y a de plus stable dans la vie d’un peuple. Des croisements répétés pouvant la dissocier, l’influence des étrangers est fort dangereuse. De tels croisements détruisirent jadis la grandeur de Rome. Elle perdit sa puissance en perdant son âme. »

Gustave Le BonHier et demain : pensées brèves (Éd. Ernest Flammarion, Paris, p.43 et 44) – 1918

Héritage maudit

« […] le discrédit jeté, depuis Mai 68, sur l’idée de nation, de verticalité, et sur le catholicisme, bien sûr, par les gauchistes puis par leurs fils, ces nouveaux dévots qui ont hérité de la rébellion paternelle ses formes dégradées dans le consumérisme, le métissage, l’antiracisme, l’incantation aux droits de l’homme. »

Richard MilletDe l’antiracisme comme terreur littéraire (Éd. Pierre Guillaume de Roux, p. 73) – 2012

Indécrottable souveraineté

« Si nous appelons ici nationalisme la volonté de collectivités politiquement organisées, établies sur un territoire et soumises à un État, de maintenir à l’égard des autres collectivités de même sorte une liberté théoriquement entière et au moins égale à celle des autres, nous dirons que l’expansion planétaire de la technique et de l’économie moderne n’aboutit pas à un État universel.

Peuples ou États agissent sur la scène historique à la manière de personnes qui ne veulent pas se soumettre à un maître et ne savent pas comment se soumettre à une loi commune. »

Raymond AronLes désillusions du progrès, essai sur la dialectique de la modernité (Éd. Gallimard, coll. Tel, p. 202 et 203) – 1969

Infrastructure biologique fatale

« Chaque mariage ne saurait donc être isolé de tous les autres mariages, passés ou futurs, qui ont eu, ou auront lieu au sein du groupe. Chacun est le terme d’un mouvement qui, aussitôt qu’il a atteint ce terme, doit renverser pour se dérouler dans un sens nouveau; que le mouvement s’arrête, et tout le système de réciprocité se trouvera ébranlé.

En même temps que le mariage est la condition pour que la réciprocité se réalise, il risque donc, à chaque coup, l’existence de la réciprocité : car que se passerait-il, si femme était reçue sans que filou soeur soit rendue ?

Il faut prendre ce risque, pourtant, si l’on veut que la société continue; pour sauvegarder la perpétuité sociale de l’alliance, on doit se compromettre avec les fatalités de la filiation, c’est-à-dire en somme, de l’infrastructure biologique de l’homme. »

Claude Lévi-StraussLes structures élémentaires de la parenté (Presses Universiataires de France, Paris, p. 606) – 1949

Lâche abandon

« Mais la proclamation de l’ère multiculturelle est aussi une déclaration d’intention : elle signifie le refus de juger et de prendre parti, la volonté de rester neutre, de se laver les mains des petites disputes qui opposent les modes de vie ou les valeurs.

Elle affiche le nouveau caractère « omnivore culturel » de l’élite mondiale : considérons le monde comme un gigantesque supermarché dont les étalages débordent d’offres diverses et variées, circulons librement d’une allée à l’autre pour goûter tous les produits qui nous passent entre les mains. »

Zygmunt Bauman Identité (Éd. de L’Herne, p.131 et 132) – 2010 [2004]

Disciplina deserta

Classroom, St Margaret Mary School

Le niveau monte ?… tiens, cela m’évoque un blog plutôt sympathique, malheureusement en sommeil depuis juin 2012.

Par contre, cela ne m’évoque certainement pas les  résultats pédagogiques de l’institution nationale pour optimiser le potentiel intellectuel de chacun et permettre l’émancipation de futurs citoyens droits dans leurs bottes.

Dans un article de Sophie Coignard dans Le Point du 20 novembre 2014, nous apprenons, mystérieusement sans grand étonnement, que la tendance est à la baisse concernant le niveau des jeunes « adultes » à qui les « responsables » français vont confier l’instruction l’éducation de nos chères têtes « blondes »…

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Ainsi, la patronne de l’Éducation Nazionale de la Ripoublique française, Najat Vallaud-Belkacem, claironne l’embauche de « professeurs » dans une zone dont on ne s’occupe que trop peu, qui bénéficie rarement de subventions par rapport à des zones rurales délaissées et misérables : la Seine-Saint-Denis…

« La ministre de l’Éducation nationale vient d’annoncer, à l’occasion d’une visite à Bondy, la création de 500 postes d’enseignants supplémentaires en Seine-Saint-Denis d’ici 2017. Elle se félicite aussi de leur accroissement à l’échelon national : plus de 11 000 en 2015 contre 8 000 en 2014 pour le primaire, et 2 000 de plus pour le secondaire. Cette politique est présentée comme la panacée pour remédier aux échecs de l’école.

Ce dont la ministre évite soigneusement de parler, c’est du niveau des professeurs recrutés. Pour l’école élémentaire, certains ont été reçus avec des moyennes de 5 à 6 sur 20. Au collège et au lycée, ce n’est pas mieux. Les rapports de jury de Capes (Certificat d’aptitude au professorat de l’enseignement du second degré) pour l’année 2014, qu’ils adoptent la langue de bois ou, au contraire, un discours de vérité, montrent que les exigences du ministère sont assez éloignées des critères d’excellence. […] Le seul, finalement, qui n’emploie pas la langue de bois, c’est Olivier Grenouilleau, le président du jury de l’autre concours d’histoire-géographie, réservé aux professeurs contractuels : « Le jury, écrit-il, a pu observer des lacunes graves et inquiétantes chez certains candidats qui ont déjà en charge des élèves. Les connaissances scientifiques de certains sont si minces qu’elles rendent difficile, voire impossible, toute réflexion didactique ou pédagogique. » Il ne reste plus qu’une solution à Najat Vallaud-Belkacem : supprimer, aussi, les notes aux concours de recrutement des enseignants. »

Friche pédagogique

Au vu de la qualité des copies des élèves ces dernières années et de notre place au classement PISA, nous nous doutions bien de ce mécanisme machiavélique qui consiste pour l’Éducation Nazionale à produire de nombreux et calamiteux enseignants (ils ne le sont pas tous fort heureusement !) et à auto-alimenter son processus de déclin du niveau d’instruction.

Étant professeur, je le constate chaque année et je garde de multiples témoignages de cette diminution régulière des exigences soi-disant visées par les « responsables » en charge de l’instruction éducation du peuple.

Entre les copies mal présentées et truffées de fautes d’orthographe (parfois j’en corrige, parfois, je laisse tomber lorsque j’ai le sentiment que cela ne servira à rien, d’autrefois encore, je ne les corrige pas au départ et puis finalement j’en corrige… c’est selon l’humeur), et les sujets du brevet par exemple de plus en plus simplifiés (dictée très courte et certains mots écrits au tableau durant l’épreuve pour éviter des confusions entre homonymes….), voici quelques spécimens de cette année illustrant le niveau des réponses… consternant, surtout en sachant qu’il s’agit d’un contrôle après correction des mêmes questions (quasiment) lors de la séance précédente…

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Comment des jeunes peuvent arriver au lycée (en seconde) avec de telles lacunes ?… Leur parcours scolaire permissif leur permet d’atteindre des niveaux qui ne reflètent en rien la réalité du moment, par gentillesse, niaiserie, nous cherchons toujours des excuses à l’élève en échec quite à le faire passer coûte que coûte afin d’éviter un redoublement…

Il faut impérativement revenir aux fondamentaux et arrêter d’avoir des lubies, des fixations sur quelques thèmes qui sont loin d’être représentatifs de la majorité et qui ne perpétue en rien la culture et l’histoire de notre peuple.

L’Éducation Nationale doit revenir à son rôle premier, celui d’instruire, de transmettre un savoir, d’aider l’élève à développer son sens critique et à devenir un libre penseur. Elle doit abandonner sa mission de rééducation des esprits en remplaçant l’éducation des familles et en ne favorisant trop souvent qu’une certaine pensée unique.

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Décadence et régression apparente

« Aujourd’hui, beaucoup d’Intellectuels trouvent avantageux pour leurs intérêts de présenter des apologies de la démocratie; ils ont été habitués, grâce à leur éducation classique, à regarder l’histoire comme une sorte d’épopée; ils s’ingénient, en conséquence, à imaginer des sophismes propres à démontrer que la médiocrité démocratique engendre la grandeur sociale.

Nous avons rencontré au cours de cette étude, un des plus effrontés de ces sophismes, celui de la loi de régression apparente; on prétend, grâce à elle, transformer les plongeons dans la décadence en un vol hardi vers les sommets les plus élevés que peut désirer l’esprit. »

Georges SorelLes Illusions du Progrès, études sur le devenir social (Librairie Marcel Rivière et Cie, Paris, p.334) – 1947