Lassitude contemporaine

 » Lady L. trouvait que la nature commençait à s’essouffler. Les grands peintres lui avaient tout pris, Turner avait volé la lumière, Boudin l’air et le ciel, Monet la terre et l’eau ; l’Italie, Paris, la Grèce, à force de traîner sur tous les murs, n’étaient plus que des clichés, ce qui n’a pas été peint a été photographié et la terre entière prenait de plus en plus cet air usé des filles que trop de mains ont déshabillées. »

Romain GaryLady L. (Éd. Gallimard, coll. nrf, Paris, p.9) – 1963 [1965]

Lady L.