Contradiction cordicole

« Pourquoi s’enflammer pour le destin national d’un peuple si l’on reste indifférent au sien ?

[…] N’y a-t-il pas quelque incohérence à soutenir le combat du peuple tibétain aux noms de valeurs et de principes – respect de la langue, de la culture, des traditions de ce peuple – qu’on refuse à son propre pays ?

On nage en pleine contradiction. »

Daniel Lefeuvre et Michel Renard – Faut-il avoir honte de l’identité nationale ? (Éd.Larousse, p. 11 et 12) – 2008

Identité européenne

“Taxez-moi de romantisme. Qu’importe!

Pour moi le trésor du monde, c’est une infante de Vélasquez, un opéra de Wagner ou une cathédrale gothique. C’est un calvaire breton ou une nécropole de Champagne. C’est le romancero du Cid ou le visage hugolien de “l’enfant grec”.

C’est le tombeau des Invalides ou le grand aigle de Schönbrunn, l’Alcazar de Tolède ou le Colisée de Rome, la Tour de Londres ou celle de Galata, le sang de Budapest ou le quadrige orgueilleux de la Porte de Brandebourg, devenu le poste-frontière de l’Europe mutilée.

Pour ces pierres, ces aigles et ces croix, pour la mémoire de l’héroïsme et du génie de nos pères : pour notre terre menacée d’esclavage et le souvenir d’un plus grand passé, lecteurs, la lutte ne sera jamais vaine.

Frêle Geneviève de Paris, patronne de l’Europe, seule contre les hordes mongoles, tu symbolises notre esprit de résistance.
Et toi, vainqueur blond au visage de dieu, Macédonien aux dix milles fidèles, Alexandre, toi qui conquis le monde oriental avec ta foi et ton épée, dressé contre le destin et le sens de l’Histoire, tu symboliseras peut-être un jour le triomphe de l’Europe impériale. »”

Jean de Brem – Le testament d’un européen (Éd. La Table Ronde, Paris) – 1964.

Suffrage imbécile

« Dans le monde industriel moderne, les termes et les concepts de « classe »et de « caste » ont été bannis, et la religion est en déclin.

Mais les partis politiques et la bureaucratie se sont substituées aux classes et aux castes, et la démocratie s’est substituée à la religion.

Dans un système démocratique, les élections générales sont un instrument tout à fait efficace pour garantir le maintien d’une fraction σ parmi les puissants.

N’oublions pas que, selon la Deuxième Loi fondamentale, un pourcentage σ des électeurs est composé d’individus stupides et que les élections leurs offrent à tous à la fois une occasion formidable de nuire à tous les autres sans rien y gagner.

Et c’est ce qu’ils font en contribuant au maintien de la fraction σ parmi les individus au pouvoir. »

Carlo M. Cipolla – Les lois fondamentales de la stupidité humaine (Éd. Presses Universitaires de France, p. 46) – 2012 [1988]

Attente moderne

« Les indigènes mélanésiens étaient ravis par les avions qui passaient dans le ciel. Mais jamais ces objets ne descendaient vers eux. Les Blancs, eux, réussissaient à les capter. Et cela parce qu’ils disposaient au sol, sur certains espaces, d’objets semblables qui attiraient les avions volants.

Sur quoi les indigènes se mirent à construire un simulacre d’avion avec des branches et des lianes, délimitèrent un terrain qu’ils éclairaient soigneusement de nuit et se mirent à attendre patiemment que les vrais avions s’y posent.

Sans taxer de primitivisme (et pourquoi pas ?) les chasseurs collecteurs anthropoïdes errant de nos jours dans la jungle des villes, on pourrait voir là un apologue sur la société de consommation.

Le miraculé de la consommation lui aussi met en place tout un dispositif d’objets simulacres, de signes caractéristiques du bonheur, et attend ensuite (désespérément, dirait un moraliste) que le bonheur se pose. »

Jean Baudrillard – La société de consommation (Éd. Gallimard, coll. Idées) – 1974 [1970]

Suicide démocratique

« Alors même que certains gouvernements s’emploient à exporter la démocratie par la force des armes, notre intelligentsia n’en finit pas de déceler, dans tous les aspects de la vie publique et privée, les symptômes funestes de l' »individualisme démocratique » et les ravages de l' »égalitarisme » détruisant les valeurs collectives, forgeant un nouveau totalitarisme et conduisant l’humanité au suicide. »

Jacques Rancière – La haine de la démocratie (Éd. La fabrique, Paris, diffusé par Les Bellles Lettres) – 2005

Liberté de conscience

« […] Les droits de l’homme et la démocratie ne coïncident pas […]. Il est fort probable, en l’absence d’une démocratie, de rencontrer ces droits dans tout pouvoir d’État qui les préserve et les reconnaît, de même qu’à l’inverse, il peut y avoir une démocratie doctrinaire, usant de terreur et fanatique de l’égalitarisme, qui n’accorde aucune liberté de conscience. »

Ernst Troeltsch – Protestantisme et Modernité (Éd. Gallimard, Paris, p. 84-85) – 1991

Faction illusoire

« Les dépositaires du pouvoir ont une disposition fâcheuse à considérer tout ce qui n’est pas eux comme une faction. Ils rangent quelquefois la nation même dans cette catégorie. »

Benjamin Constant – De la doctrine qui peut réunir les partis en France (Éd. Delaunay, Paris, p. 34) – 1816

Réalité cordicole

« Les républiques sont pleines de sots qui décident comment les gens d’esprit doivent penser. »

Achille Tournier – Pensées d’Automne (Éd. Paul ollendorff, Paris, p.174) – 1896

Le bon florilège

« L’âme d’une race régit sa destinée. Il faut des générations pour la créer, et parfois peu d’années pour la perdre.

[…] C’est la supériorité de son âme ancestrale qui distingue le civilisé du barbare. L’éducation ne saurait donc les égaliser.

La race est la pierre angulaire sur laquelle repose l’équilibre des nations. Elle représente ce qu’il y a de plus stable dans la vie d’un peuple. Des croisements répétés pouvant la dissocier, l’influence des étrangers est fort dangereuse. De tels croisements détruisirent jadis la grandeur de Rome. Elle perdit sa puissance en perdant son âme. »

Gustave Le Bon – Hier et demain : pensées brèves (Éd. Ernest Flammarion, Paris, p.43 et 44) – 1918

Héritage maudit

« […] le discrédit jeté, depuis Mai 68, sur l’idée de nation, de verticalité, et sur le catholicisme, bien sûr, par les gauchistes puis par leurs fils, ces nouveaux dévots qui ont hérité de la rébellion paternelle ses formes dégradées dans le consumérisme, le métissage, l’antiracisme, l’incantation aux droits de l’homme. »

Richard Millet – De l’antiracisme comme terreur littéraire (Éd. Pierre Guillaume de Roux, p. 73) – 2012