La multitude moderne

« […] il faut ici mentionner que la multitude qui se donne toute licence – exactement comme le mégalomane dans ses rêveries -ne s’estime pas seulement détenir la sagesse infuse mais, également convaincue d’avoir pour elle la vertu, se paraît valeureuse, noble invincible, pieuse et belle; et là où ils sont en grand nombre, les hommes de ce monde ont tendance à se permettre tout ce qui leur est individuellement interdit.

Ces privilèges des multiples »Je » grandis en un « Nous » donnent aujourd’hui la nette impression que la civilisation et la domestication croissantes de l’individu doivent être compensées par un processus proportionnel de décivilisation des Nations, des États et de toutes les communautés d’esprit; évidemment, il faut y voir la manifestation d’un désordre des affects, d’un trouble de l’équilibre affectif qui bien y regarder précède même l’antagonisme du « Je » et du « Nous », et tout jugement moral. »

Robert MusilDe la bêtise (Éd. Allia, Paris, p. 21-22) – 2015 [1937, conférence à Vienne]

Fraîcheur estivale

L’Impératrice – Vanille Fraise – 2015

et pour l’original de la petite mélodie ci-dessus, voici un bon morceau de funk !

« I thought I could forget ya
I was even willing to bet ya
That I could live without your love,
That I could live without your love… »

Anita Ward – Spoiled by your love – 1979 [Songs of love]