On fait mumuse ?!…

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(« dumb effers » a la même signification que « dump fuckers » soit « stupides connards », termes utilisés par Makr Zuckerberg, la coqueluche du N.O.M., en 2010 au cours d’une conversation avec un de ses amis du collège, à propos des données personnelles sur Face-de-Bouc, dixit Laura Raphael dans Esquire du 20 mars 2018 ou Nicholas Carlson dans Business Insider du 13 mai 2010)

Le déclin de la France

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Jean-Loup Bonnamy, ancien élève de l’École normale supérieure, agrégé de philosophie et spécialiste de philosophie politique, pose un constat sévère mais juste sur ce pays qui part à vau-l’eau depuis de nombreuses décennies et que la crise sanitaire exceptionnelle actuelle met encore plus en lumière.

Dans un article du 19 mars 2020 du Figaro, il évoque le « déclin français » qui tiers-mondiste cette nation qui fut, il y a encore un siècle et demi, un guide pour le monde entier à de nombreux niveaux, tant scientifiques que culturels.`

Voici quelques morceaux choisis de cette triste et pitoyable bérézina…

« La crise sanitaire en cours révèle les fragilités stratégiques françaises, plaide le spécialiste de philosophie politique Jean-Loup Bonnamy. Selon lui, la Corée, qui était en 1950 un pays du Tiers-Monde, est aujourd’hui un pays développé. La France, au contraire, régresse.

La crise du coronavirus est le révélateur des fragilités stratégiques de la société française. Procédons à une rapide comparaison. La Corée du Sud, géographiquement proche de la Chine, a été l’un des pays les plus précocement et les plus massivement touchés. Cependant, la maladie y est désormais contenue, le nombre de nouveaux cas quotidiens décroît nettement et la mortalité est extrêmement faible (moins de 0,8 %). Et pourtant, la Corée du Sud a refusé le confinement et n’a pris aucune mesure contraignante. Même les restaurants sont ouverts. S’inscrivant dans le même schéma, le Japon, Hong-Kong, Taïwan et Singapour affichent un bilan spectaculaire dans leur lutte contre l’épidémie sans sacrifier ni leur économie ni les libertés fondamentales.

Pourquoi la France ne réagit-elle pas comme la Corée? Il nous faut regarder la vérité en face: la Corée, qui était en 1950 un pays du Tiers-Monde, encore plus pauvre que bien des pays africains, est aujourd’hui un pays développé. La France ne l’est plus. Derrière les illusions du PIB, nous avons perdu en richesse réelle. Comme le souligne Emmanuel Todd dans son nouveau livre, lorsqu’on revient de Corée, du Japon, d’Allemagne ou de Scandinavie et qu’on arrive en France, on est frappé par la régularité des accidents de train ou des pannes d’escalator. Dysfonctionnements typiques des pays sous-développés.

[…]

hopital-coupes-budgetairesExaminons nos fragilités les plus criantes. Première faiblesse: notre système hospitalier. Si les Français sont aujourd’hui confinés chez eux, ce n’est pas à cause de l’épidémie en elle-même, dont le taux de mortalité est très faible. Mais c’est parce que notre système de santé est à bout et n’a pas les capacités d’accueil suffisantes pour gérer l’afflux des nouveaux malades. Désorganisé par le double effet des 35 heures et des restrictions budgétaires, notre hôpital est déjà saturé en temps normal. Il n’est donc pas surprenant qu’il ne puisse gérer un stress imprévu.

Notre pays peut offrir seulement six lits d’hôpital pour mille habitants, contre neuf en 1996, soit une baisse de 30 %. Au contraire, la Corée du Sud affiche un ratio de 14 pour 1 000, un chiffre qui n’a cessé d’augmenter puisqu’il a été multiplié par sept en 30 ans. Les Coréens ont donc 2,3 fois plus de lits d’hôpital par habitant que les Français. Autre chiffre alarmant: la France dispose seulement de 5 000 lits équipés d’un ventilateur, l’Allemagne, elle, en compte 25 000. En janvier, avant la crise actuelle, 1 000 médecins hospitaliers, dont 600 chefs de service, avaient symboliquement remis leur démission pour protester contre le manque de moyens.

[…]

1043139975_5-0-1199-1117_1194x1117_80_0_0_33277ee48e1e17b0f9ff1fd79b600173Mais il n’y a pas que l’hôpital qui souffre. Notre système pharmaceutique est en crise, lui aussi. Nous sommes d’autant plus impardonnables que nous avions déjà connu une pénurie de médicaments en 2018-2019. Plus de 530 «médicaments d’intérêt thérapeutique majeur» connaissaient alors des ruptures de stock ou des difficultés d’approvisionnement. Aujourd’hui, 80 % des principes actifs sont fabriqués en dehors de l’UE (contre 20 % il y a 30 ans). Aucune usine de paracétamol n’existe plus en Europe. Quand les pays émergents, qui fabriquent désormais ces médicaments, ont des urgences sanitaires, ils se servent en priorité et nous n’avons plus que nos yeux pour pleurer. De même, on peut très bien imaginer qu’ils se servent un jour de ce moyen de pression contre nous dans d’éventuels bras de fer géopolitiques.

Économiquement, il faut réindustrialiser notre pays et relocaliser une partie de la production de biens pour réduire notre dépendance vis-à-vis de l’étranger. Cet effort de réindustrialisation doit porter en priorité sur les médicaments afin d’assurer l’indépendance et la souveraineté de la France et de l’Europe dans le domaine pharmaceutique. Ainsi on créera des emplois, on améliorera notre balance commerciale et on protégera notre santé et notre puissance stratégique. Certains secteurs sont trop précieux pour être laissés aux seules mains du marché.

[…]

Autre problème: la fracture socio-géographique du territoire français, déjà mise puzzleen évidence par la crise des Gilets Jaunes. Comme l’a bien vu Christophe Guilluy, le pays est divisé entre des métropoles bien intégrées à la mondialisation et des territoires périphériques. Or, les métropoles sont dépendantes du travail de gens qui vivent dans les territoires périphériques: infirmiers, policiers, enseignants…tous ces acteurs vitaux ont été chassés des grandes villes (dans lesquelles ils travaillent mais où ils n’habitent plus) par les coûts prohibitifs de l’immobilier.

Face à la crise sanitaire, cette fracture entrave notre réactivité et n’a pas encore été prise en compte par les autorités. Ainsi, la SNCF réduit depuis le dimanche 15 mars son offre de transport, y compris sur les trains de banlieue et les TER. Mais en faisant cela, elle supprime des trains que prennent un grand nombre d’infirmiers et de brancardiers pour venir travailler dans les grandes villes. La nouvelle grille horaire ne tient absolument pas compte du planning des soignants. Par exemple, sur la ligne P du Transilien, le train de 05h04 qui relie Château-Thierry à Paris est supprimé. Les commentaires sur les réseaux sociaux sont éloquents: «Les soignants commencent à 06h45 et finissent à 21h15. Impossible d’arriver à l’heure au travail si on nous supprime le 05h04» ou encore «Pourquoi supprimer le 05h04? Je suis infirmier et beaucoup d’infirmiers et d’aide-soignants le prennent. On va devoir encore mettre notre vie en péril pour venir travailler, passer des journées de dingue, arriver en retard et faire attendre l’équipe de nuit qu’on doit relever.» Une fois la crise passée, nous devrons revoir en profondeur l’aménagement du territoire, faire revenir une partie des classes populaires dans les grandes villes et nous assurer que notre réseau de transport puisse assurer une mobilité pertinente, même en cas de crise« …

L’intégralité de cet excellent article est ici.

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Culture sanguine

Révolution culturelle en Chine : les remords d’une garde rouge.

par Patrick Saint-Paul.

La fille d’un dirigeant historique du Parti communiste a présenté ses excuses pour ses actes pendant la période douloureuse de la Révolution culturelle.

Sa dénonciation d’un dirigeant de son établissement scolaire lui avait valu la reconnaissance personnelle de Mao Tsé-toung. Dans un cliché resté célèbre, Song Binbin lui attachera un brassard rouge devant la foule massée sur la place Tiananmen. Et le Grand Timonier la gratifiera d’un nouveau surnom: «Yaowu», «violent» en chinois, au lieu de son prénom, qui signifie douce. Après cinq décennies, la «princesse rouge» vient de demander pardon pour son acte, qui avait marqué le début des violences de la révolution culturelle.

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Fille d’un dirigeant historique du Parti communiste, Song Binbin était en 1966 l’une des leaders de l’unité de gardes rouges, fondée dans le lycée d’élite rattaché à l’université normale de Pékin, où elle était adolescente. Accusée d’être une contre-révolutionnaire, la directrice adjointe de son école et responsable du Parti communiste au sein de l’établissement, Bian Zongyun, avait été battue à mort à coups de bâton par ses élèves gardes rouges. Elle était ainsi devenue la première victime de la Révolution culturelle (1966-1976), au cours de laquelle des millions de Chinois furent tués.
Song Binbin a démenti avoir participé au passage à tabac. Sans préciser son rôle exact, elle a cependant déclaré dimanche, dans une confession publique rapportée par la presse, avoir vécu depuis «tenaillée par le remords». «Je vous en prie, laissez-moi exprimer mon chagrin éternel et adresser mes excuses au principal Bian , a-t-elle lancé sur les lieux de son ancienne école, entourée d’autres anciens élèves recueillis devant une statue de la vice-principale. Je ne suis pas parvenue à protéger les responsables de l’école, et cela a représenté, durant toute ma vie, une source de peine et de remords».

La suite de l’article sur Le Figaro du 14 janvier 2014.

Bon, comme on dit, « mieux vaut tard que jamais » mais alors là… si encore, il s’agissait de remords pour avoir fait punir Fang-Yin à sa place au collège, pour avoir dérober deux ou trois scarabées dans la vieille boutique du vieux Run-Ming ou bien pour avoir omis d’apprendre par coeur la page 44 (doublement terrible !) du petit livre rouge, nous pourrions  avoir une oreille attentive voire compassionnelle.

Mais là… avoir participé à un régime ayant à son actif de 1 à 4 millions de morts et autour de 100 millions d’estropiés, de martyrisés,… (d’après Jean-Luc Domenach dans le mensuel 300 de L’Histoire) pour ce qui est de la lutte directe contre les « quatre vieilleries » et de 20 à 43 millions de morts selon les historiens résultant de la politique économique catastrophique du Grand Bond en avant (cf. Histoire de la société chinoise, 1949 – 2009 de Tania Angeloff, coll. Repères, La Découverte), on peut se demander si ces excuses tardives d’une dame en bout de course sont sincères, et tout simplement utiles sachant qu’elle n’était qu’un second couteau.
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Ce qui m’interpelle le plus est le manque de volonté internationale de juger un crime contre l’humanité avéré alors que nous avons à tout bout de champ des effarouchés de la conscience, des chasseurs de nazis ou de dictateurs, des chanteurs engagés à toutes les sauces qui dénoncent (toujours à distance, c’est plus pratique et moins dangereux !) les actions d’un Pinochet, d’un Duvalier, d’un Hitler ou d’un Mladic avec à la clé des procès internationaux à la Nuremberg ou à la La Haye…

Pourquoi n’y a-t-il jamais eu des procès des gouvernements « républicains » de Kampuchéa, de Chine, de Cuba,…  et des intellectuels qui en firent la promotion comme Sartre, Badiou, Jurquet, et bien d’autres ?… (d’ailleurs, il faudra que je pense à approfondir le fait que bon nombre d' »intellectuels », ayant mis un beau merdier en France et ayant été à l’origine d’un sacré gloubiboulga dans la tête d’une bonne partie de mes compatriotes anesthésiés face aux changements sociétaux de ces dernières décennies, soient nés à l’étranger ou aient été des invertis !…)

Pourquoi ai-je le sentiment qu’il n’y a que les génocides ou les exactions d’idéologies dites de droite qui soient condamnables ??…

J’attends la prochaine abominable grabure de Biolay, Saez et consorts afin de dénoncer ces horreurs et les menaces que peuvent représenter des partis comme le Front de Gauche ou le NPA qui se revendiquent d’une idéologie ayant aboutie aux heures les plus sombres de l’histoire de l’humanité !!!!