Agonie complaisante

« La Révolution fut provoquée par les abus d’une classe revenue de tout, même de ses privilèges, auxquels elle s’agrippait par automatisme, sans passion ni acharnement, car elle avait un faible ostensible pour les idées de ceux qui allaient l’anéantir.

La complaisance pour l’adversaire est le signe distinctif de la débilité, c’est-à-dire de la tolérance, laquelle n’est, en dernier ressort, qu’une coquetterie d’agonisants. »

Emil Michel CioranÉcartèlement (Éd. Gallimard, nrf, Les essais CCVII, p. 30) – 1979

Barbares modernes

 

montage barbarie moderne

Les derniers évènements découlant de l’expression des libertés individuelles de certains adorateurs d’une religion de paix et d’amour m’ont immédiatement fait penser à un phénomène en cours depuis longtemps sur nos propres terres françaises et basé sur le principe de la Tabula rasa : la destruction de notre patrimoine culturel et historique représenté entres autres par les édifices religieux catholiques.

Il ne faut avoir aucun doute quant aux motivations des barbares islamistes comme pour celles des barbares républicains, ces motivations découlent du même principe de destruction des livres, expliqué par  Roger Chartier (Le livre en révolutions, Éd. Textuel, 1997) : « De l’Inquisition aux nazis, la destruction obsède les oppresseurs qui, en anéantissant livres et auteurs, pensent éradiquer à jamais leurs idées. ».

Je suis scandalisé lorsque j’observe qu’à des milliers de kilomètres, de sombres crétins enturbanés s’arrogent le droit d’anéantir les oeuvres du passé, les témoins minéraux façonnés par les mains des hommes, témoins d’un glorieux passé qu’ils veulent oublier.

Avec eux, pas de fioritures, pas de détours, on s’attaque à ces perles architecturales ou sculpturales au bulldozer ou au marteau-piqueur comme n’importe quel demeuré inculte verserait de l’acide sur une perle de nacre.

Rien de surprenant venant de tels sauvages moyen-orientaux !

Par contre, ce qui est plus étonnant et risible en même temps, ce sont les postures offusquées des occidentaux qui ne disent pourtant pas grand chose à propos d’actions similaires chez eux, menées par de nombreux politiques permettant le saccage de patrimoines locaux inestimables.

Fleur Pellerin, ministre de la Culture et de la Communication (quotas de la diversité et des jolis minois obligent), déclare « La destruction d’œuvres majeures du musée de Mossoul par Daesh est une tragédie culturelle et humaine, une catastrophe sans nom pour l’histoire de notre humanité.

En s’en prenant à des chefs-d’œuvre inestimables des périodes assyrienne et hellénistique, aux collections d’un très grand musée et aux trésors du patrimoine culturel mondial, c’est la culture, qui unit les hommes et ouvre les esprits, front de résistance et rempart contre l’obscurantisme, que ces terroristes ont voulu atteindre. ».

Quel vibrant plaidoyer pour la conservation du patrimoine !!!

Mais seulement celui de l’Irak, heinnnn… car les clochers de France n’intéressent personne par contre !!!…

La réaction de Toutmou par contre n’a pas été des plus virulentes, il a doucement accusé les jihadistes de vouloir « détruire tout ce qui est humanité » d’après le Sud Ouest du 27 février 2015.

Il faut dire qu’il a sûrement du prendre l’habitude de tels agissement en étant en charge des affaires nationales depuis 2012.

Il doit être dans la confidence de cette stratégie, idéologique avant tout, d’éradication des églises de France.

Oui, il s’agit bien d’une stratégie, d’une volonté claire et nette de faire disparaître les repères les plus visibles de ce qui fait France.

Comme cela nous l’est expliqué par Contre-Info (billet du 27 juin 2013), la destruction de l’église Saint-Jacques d’Abbeville  » n’était en rien une fatalité mais un acte volontaire décidé par Nicolas Dumont, maire socialiste d’Abbeville, dont la seule motivation était de détruire l’église sans nécessité.

On y lit qu’un square remplacera désormais l’église détruite. Et que, selon l’élu, cet aménagement « à la louche […] coûtera 2 à 3 millions d’euros ». Si l’on rappelle que le budget prévu pour la démolition était au minimum de 500.000 euros (c’est le montant qui avait été provisionné par la ville), on constate que le maire envisage, sans sourciller, une dépense totale de 3,5 millions d’euros pour remplacer l’église par ce square.

Or, le devis pour la restauration de l’église établi par un architecte des monuments historiques en 2008 était de 4,2 millions d’euros. Soit une différence avec ce qui a été fait de 700.000 euros, une somme qu’il aurait été facile de couvrir par des subventions et éventuellement une souscription (voir l’exemple de la commune d’Arc-sur-Tille). »

Il y a bien une volonté idéologique et politique à la passivité manifeste de certains élus face aux dégradations du patrimoine chrétien ou à leurs initiatives destructrices aboutissant dans les deux cas à la destruction peur et simple des témoins de l’histoire de France.

Quelle tristesse d’assister impuissants aux abus de pouvoir de quelques baltringues guidés par leur idéologie et de constater, amers, les dégâts irrémédiables qu’ils causent !…

Des édifices sont non classés ou jugés sans intérêts patrimoniaux ou architecturaux par quelques fonctionnaires zélés, certes avec des compétences en la matière mais qui sont surtout poussés par des consignes économiques et idéologiques de leur hiérarchie.

Ainsi, « l’État fait néanmoins valoir qu’il ne peut tout classer. Il y a en France 45 000 églises paroissiales, dont 35 % bâties au XIXe siècle, dans leur immense majorité non classées. Des maires tirent à tort la conclusion qu’ils peuvent démolir », explique Isabelle Maréchal, chef du patrimoine au ministère de la Culture en 2013, dans Le Point du 13 aout 2013.

Or, depuis la loi de séparation de l’Église et de l’État, en 1905, l’entretien des bâtiments revient aux communes…

Ainsi, dans le Figaro du 28 mai 2012, à propos de l’église Sainte-Rita de Paris, Françoise Hamon, secrétaire général de l’Observatoire du patrimoine religieux (OPR) et ancienne conservatrice des monuments historiques, dénonce une décision «symptomatique du mépris du néogothique en France» et explique que « Sainte-Rita est une autre victime emblématique de la vague de «déconstruction» des églises en France. ». De son côté, Mathieu Ricard, architecte à Paris, s’étonne que «si des associations de riverains arrivent à collecter 2 millions pour sauver leur église de campagne, comme on l’a vu plusieurs fois ces dernières années, les villes qui ont plus d’argent et des budgets spécifiquement alloués devraient y parvenir. C’est donc bien un problème de volonté politique.».

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Cette volonté politique, ce sont les magnifiques vitraux de l’église de La Bassée (59) et le corps de son bâtiment qui en ont fait les frais et qui ont subi le pire des sorts, celui de l’indifférence.

En effet, le prétexte pour la démolition d’une grande partie de cet ouvrage fut celui, falacieux, de l’altération trop avancée des matériaux de construction et donc qu’il s’agissait d’une décision prise pour la sécurité des citoyens…

À la place, on y a érigé un immonde bâtiment moderne, aux vagues allures de casque de gladiateur Thrace,

La_Bassée_Saint-Vaast_arrierePour Philippe Boutry, président de l’université Paris-I Panthéon-Sorbonne, auteur du texte « Le clocher » dans Les lieux de mémoire, il ne fait aucun doute que « la mémoire est une construction sociale alors que l’histoire est une donnée, fondée sur des traces, des monuments ou des documents.

Pour qu’il y ait une mémoire vivante, il faut que le passé soit et demeure intelligible à une conscience moderne. La crise de la mémoire que nous traversons, et qui met gravement en péril les « lieux de mémoire » spirituelle qui nous ont été légués, est une crise d’intelligibilité collective du patrimoine religieux des XIXe et XXe siècles.

Elle entraîne en effet une grave déperdition de sens pour le village français en ce début du troisième millénaire et est inséparable d’autres facteurs de mutation rapide des sensibilités rurales comme l’affaiblissement des contraintes sociales et familiales et des réflexes communautaires, la mobilité accrue des propriétés et des personnes, la sécularisation, la privatisation et l’individuation des conduites et des pratiques individuelles et collectives. ».

On assiste donc, d’après lui et la sociologue française des religions, Danièle Hervieu-Léger, dans Le Point du 13 août 2013, à l’exculturation du catholicisme français et s’explique par un « désengagement spirituel » et est le symptôme d’une mutation profonde, qui met à mal le tissu social.

L’élimination des clochers du paysage français est bien un signe, un symbole d’une déliquescence nationale, le résultat d’actes barbares au sens premier du terme, générés par des forces étrangères à la France que ce soient les puissances économiques de l’extérieur ou que ce soient les forces politiques de l’intérieur plus citoyennes du monde que françaises.

N.B. : pour plus d’information, allez sur Patrimoine en blog et Églises menacées.

Conjecture cordicole

“On n’imagine pas la densité d’esthètes progressistes entre l’avenue Mozart et le boulevard Saint-Germain qui n’ont jamais serré la main d’un ouvrier. On parle de ce que l’on ignore avec une conviction d’autant plus ferme qu’elle n’est entamée par aucune expérience concrète.”
Michel Mourlet – L’éléphant dans la porcelaine (éd. La table ronde) – 1976

Éloge de l’autorité

Sur Atlantico, le 19 mars 2014,  Michel Erman évoque, à propos de cette stupidité de « présidence normale », le dernier ouvrage du professeur émérite de philosophie (Paris X) Robert Damien, « Éloge de l’autorité : Généalogie d’une (dé) raison politique », paru chez Armand Colin.

couverture Éloge de l'autorité

« La notion d’autorité serait-elle devenue un archaïsme dans nos catégories politiques d’individus postmodernes ?

Quand on se rappelle un de Gaulle incarnant le chef avec ses qualités de prudence et d’audace ou un Mitterrand ne négligeant pas la posture de père de la Nation, comment ne pas broncher sur le « président normal » – oxymore calamiteux destiné à amoindrir la notion de pouvoir – et se demander si, en politique, la figure de l’autorité n’est pas passée de la volonté de servir en commandant à la nécessité de diriger en (com) plaisant. Ou comment faire croire qu’entre gouvernants et gouvernés règnerait une innocente égalité plutôt qu’une altérité médiatisée par les institutions !

Sans compter que l’Europe des marchés et la mondialisation dépouillent en partie ladite autorité de ce qui fait ses vertus : l’action sur le réel et l’exercice de la puissance. Soyons un rien irrévérencieux, aujourd’hui celle-ci ne se manifesterait-elle pas plus souvent dans le pouvoir de nomination que dans le pouvoir de décision… » Dans son Éloge de l’autorité, le philosophe Robert Damien rappelle que cette dernière s’autorise moins de la force que du symbolique et de l’éthique.

L’autorité permet l’exercice d’un pouvoir qu’elle transcende, lui donnant ainsi sa légitimité dans la société démocratique où il s’agit non d’ordonner mais de convaincre. Avec cette réserve qu’elle risque toujours de paraître soit excessive soit insuffisante. C’est précisément cette légitimité et ses nombreuses défiances que le livre interroge en relisant Machiavel, Tocqueville ou Bachelard. La démocratie est indissociable d’un idéal antiautoritaire, mais les citoyens manifestent toujours peu ou prou le besoin d’être « conduits », comme le disait Tocqueville. Ils attendent d’un chef de l’exécutif qu’il soit un meneur, et ils font parfois de lui leur idéal du moi.

Comment concilier ces idéaux sans y voir le culte du désordre et celui de la servitude ? Certains répondront qu’il faut substituer à la verticalité du pouvoir et au spectre de la loi une horizontalité des délibérations et des décisions, il s’agit plus ou moins de la fameuse démocratie participative.

En contrepoint, Robert Damien réhabilite le conflit en démocratie : en suivant Machiavel, il soutient que les individus entrent en compétition pour échapper à la domination et, dans le même temps, se perfectionner, de là naît une hiérarchie juste. Si la thèse est classique, ce qui l’est moins est de faire de la règle du jeu et de l’esprit d’équipe le modèle du contrat social puis de l’entraîneur sportif celui du chef politique incarnant l’autorité. On lira à ce propos les belles pages que l’auteur consacre au rugby et dans lesquelles il rend à l’autorité acceptée son sens étymologique d’augmentation de soi. Entre la méditation et le traité, cet ouvrage, exigeant, peut se lire comme un miroir tout à la fois des princes et des citoyens. »

Un UMPiste hors-la-loi… ah bon ?… lequel ?

Décidément, il n’y a pas une semaine sans que nos zélites supraphénomales nous pondent une bricole qui, selon l’humeur du jour, nous fera désespérer du niveau consternant de nos dirigeants ou alors nous fera éclater de rire face à autant d’incompétence et d’incurie dans la gestion de la nation.

En dehors de l’énorme camouflet que le matador Valls et son caniche à lunette Cazeneuve ont pris en plein museaux à Marseille, ce qui me met bien en joie en cette fin de soirée surtout après l’impayable billet de Lenonce à ce sujet, nous apprenons dans LePoint du 10 février 2015 que « Stéphane Tiki, camerounais sans titre de séjour mais qui assure avoir fait une demande de naturalisation française, a annoncé qu’il se mettait « en congé » de la présidence des Jeunes Populaires de l’UMP, poste qu’il occupait depuis décembre. La décision du jeune homme de 27 ans fait suite à un article du Canard Enchaîné à paraître mercredi selon lequel il vit en France depuis dix ans et est sans papiers. Une affirmation « inexacte et mensongère », affirme l’intéressé, sans pour autant dire qu’il est en règle. »

montage panneau sans-papiers

Le type dit représenter le premier parti de France, paraît-il, et il est hors-la-loi depuis dix ans !!

Nul n’est censé ignorer la loi et « en tant qu’étranger, il peut bien entendu être président des Jeunes Populaires, mais ne peut en aucun cas prétendre à des fonctions électives. » rappelle l’article.

Les dirigeants de l’UMP qui l’ont choisi sont des nuls, de véritables brêles.

Deux heures et demi avant la décision du jeune sans-papier, LeScan du Figaro du même jour nous révélait que « l’ex-ministre UMP Thierry Mariani s’agace : «J’ose espérer que c’est une mauvaise blague. Je ne comprends pas qu’il ne soit pas français. C’est la moindre des choses pour être à la tête des Jeunes UMP». Celui qui est aussi député dit être «sans voix» et regrette le «grand amateurisme» de la direction de l’UMP «qui doit se poser des questions». «Décidément, il se passe toujours quelque chose à l’UMP», conclut le parlementaire.

Même constat de Philippe Gosselin, député UMP de la Manche: «L’UMP, ça va bientôt être comme dans le vieux slogan publicitaire des galeries Lafayette: ‘à tout instant, il se passe quelque chose’! Sauf que les problèmes sont actuels et le slogan ancien! Cherchez l’erreur!», a-t-il déploré, bravache. ».

Finalement, il ne s’agit donc pas d’une blague et nous sommes bien en face d’un bien bel amateurisme.

Nos politiques tant à gauche qu’à droite nous fournissent la preuve toutes les semaines, si besoin en était, qu’ils sont inaptes à gouverner, sans une once de bon sens, que certains relèvent tout simplement d’instituts spécialisés pour attardés mentaux.

Les politiques se plaignent constamment du manque d’intérêt des citoyens français pour la chose politique mais ils sont les premiers responsables de cette défiance.

Depuis des décennies, ils scient la branche sur laquelle ils se sont tous regroupées pour se gaver des fruits dont elle regorgeait mais aujourd’hui, ils arrivent en bout de taille et les fruits sont tous pourris.

Vivement que tous ces faisans se ramassent les becs par terre et que l’on fasse une belle brochette !

Projet Affiche-B def-PG

Dissolution linguistique

Pour une fois que dans un périodique du camp du bien, je trouve un article plutôt correctcouvVM294_web qui reste simplement dans le constat malheureux d’une transformation, bientôt irrémédiable, de notre patrie française, à de nombreux niveaux tant linguistique que social et culturel.

Quelle ne fut pas ma surprise ! Je peux vous dire que j’ai été saisi !

Dans le dernier numéro de Valeurs mutualistes n°294 de Janvier/Février 2015, le magazine des adhérents MGEN (hé oui, ma femme est professeur des écoles…) et des lieux de commodités où il est consulté lorsqu’il n’y a rien d’autres à lire, je suis tombé par hasard sur un article concernant l’usage de notre si belle langue : le français. Je le précise pour ceux qui auraient des doutes…

Entre les sempiternelles campagnes de propagande du multiculturalisme et du vivre-ensemble (ce dernier n’étant pas forcément une mauvaise idée mais tout dépend avec qui !…), j’ai découvert ce titre « Du français, à tort… et à travers« , accompagné d’une courte mais alléchante introduction : « Anglicismes, pléonasmes,apocopes… maltraitée au quotidien et dans les médias, la langue française reflète notre rapport à la règle. Et notre conception du monde. ».

Comment une revue aussi représentative de la bien-pensance gauchiste, à l’image de ce détestable « je suis Charlie » et à son évidente adhésion obligatoire sous-entendue,  puisse aborder un thème aussi réactionnaire que l’identité linguistique, et au travers de cet immonde sujet, l’identité nationale qu’il sous-tend ??!!…

Assisterions-nous à une alarmante et désastreuse lepénisation de la rédaction de Valeurs mutualistes face à laquelle un front républicain devient une nécessité absolue ???….

montage dissolutionFinalement, et plus sérieusement, là aussi, faut-il y voir un signe d’une certaine prise de conscience du milieu bobo-gaucho quant à la dérive, très accentuée ces dernières années mais effective depuis la fin de la seconde guerre mondiale, vers un abandon total de ce qui fait France, ses frontières, ses traditions et surtout sa langue ?…

Une soumission linguistique avant la grande dissolution dans un monde globalisé anglophone…

Toujours est-il que la brève mais pertinente analyse de cette revue, faite quant à un emploi à tord et à travers de notre outil de communication oral, nous indique :

« Mot de l’année 2013, selon l’Oxford English Dictionnary : « selfie ». Dérivé de l’anglais « self » (signifiant « soi »), il désigne un autoportrait, seul ou accompagné, réalisé à l’aide d’un téléphone mobile ou d’une tablette. Entré l’an dernier dans les dictionnaires, ce terme très à la mode illustre notre recours croissant aux anglicismes.

« En matière de lexicographie, le français a toujours vécu d’emprunts, explique Bruno Dewaele, professeur agrégé de lettres modernes. Le problème est que ceux-ci proviennent exclusivement de l’anglais. » Pour ce champion du monde d’orthographe, nous employons par snobisme des mots dont nous n’avons pas besoin. Mots parfois considérés à tort… comme anglais : « par exemple, le mot « challenge », français à l’origine, est désormais prononcé à l’anglaise. » Si certains anglicisme, liés à des inventions anglo-saxonnes (scanner, bulldozer…) comblent des lacunes, nombres d’emprunts signent, un appauvrissement de la langue.

Selon Jean Maillet, grammairien et lexicographe, « ils viennent remplacer des mots français plus précis. Pourquoi employer « booster » à la place de stimuler, dynamiser ou revivifier ? » Une suprématie tenant peut-être au fait que l’anglais sied davantage à notre quotidien car plus concret que le français, pour sa part, davantage adapté à l’expression des idées philosophiques, des concepts et des sentiments…

Apocopes : point trop n’en faut ! Infos, actes, déco… jamais les mots n’ont également été autant raccourcis. « Cette tendance à retrancher des phonèmes à la fin des mots est le signe d’une paresse linguistique, s’indigne Jean Maillet. On se contente d’utiliser le préfixe qui, en lui-même, n’a pas de sens. » Une évolution potentiellement dommageable, d’après lui, dès l’instant où elle aboutit à une possible confusion : « Quand on parle d’un micro, fait-on allusion à un ordinateur, un microphone, un microscope…? » Tout comme l’élimination de la négation « ne » à l’oral ou l’omniprésence du présent de narration dans les écrits, cette simplification de notre outil de communication à tout va pourrait « compromettre la compréhension », estime Bruno Dewaele. ».

Je rajouterai que l’abandon des liaisons entre les mots, sorte le petit livre des liaisons de prolongement oral à l’abandon des liens entre les composantes d’un peuple, est aussi révélateur de cette simplification, de cette paresse et ce manque de discipline généralisé de la société française.

Même les tenants d’un certain savoir passent outre les négations et les liaisons, qu’ils soient journalistes ou politiques : l’exemplarité n’a plus court…

Par extension, ne plus faire l’effort de respecter des règles linguistiques évoluées, bien qu’héritées du passé (donc rétrogrades dans l’esprit tordu des progressistes), est devenue une habitude dont le prolongement se constate aussi dans le non respect des règles de bienséance, de courtoisie élémentaire, de la même manière que l’on méprise ses engagements faits lors du mariage ou ceux pris dans le club de sport fréquenté (assiduité des licenciés dans un club de sport collectif),… ou tout simplement comme dans l’abandon de l’importance donnée à la parole donnée : la décadence de Cordicopolis.