Auteur : Lebuchard courroucé
100% caucasienne ! (2)
Le ventre mou ripoublikain
Promis, juré… c’est toujours du feu !
« When I turn on the radio
It all sounds the same
What have these people done to music
They just don’t care anymore« …
Sallie Ford & The Sound Outside – I swear – 2011 [album Dirty Radio]
Loué soit le seigneur !
Un sacré ramdam!
On ne plaisante pas avec le ramadan. Moi, je dois vous l’avouer, quand j’étais petit j’ignorais totalement de quoi il pouvait s’agir, je connaissais, bien sûr, l’expression « faire du ramdam » mais n’en tirais aucune conclusion sérieuse sur le sujet en question. Sachant qu’il s’agissait de tapage je ne cherchais pas à en savoir plus, sans quoi j’aurais appris bien avant l’invasion de notre pays, le sens étymologique du terme. Et c’est bien du ramadan qu’il s’agit, le ramdam désignant, depuis la colonisation tant honnie des pays du Maghreb, le chambard qui accompagne après le coucher du soleil les libations joyeuses de nos amis les musulmans. Ce sont des choses que l’on apprend par la suite, n’est-ce pas, et surtout, hélas, lorsque l’expérience vient nourrir d’une réalité vécue et bien concrète, l’appréhension du phénomène. Ayant la chance, encore aujourd’hui, d’habiter un lieu préservé des influences ultramarines, je dors paisiblement la nuit…
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Le concept d’Honneur disparaît…

« Le sens de l’honneur, c’est le refus de pactiser avec ce qui est laid, bas, vulgaire, intéressé, non gratuit ; un refus de s’incliner devant la force parce qu’elle est la force ; devant la paix parce qu’elle est la paix, devant le bonheur parce qu’il est le bonheur. L’honneur implique, chez celui qui le porte en soi, un sens hautain et résolu du risque, du jeu où l’on risque de perdre sa vie ou de gagner l’estime de ses pairs, un sens du tragique de la destinée et aussi de la dignité du malheur ».
Lucien Febvre
Spéciale dédicace aux féministes !
« Madame n’aime pas la guitare du tout
Madame n’aime pas mais pas de problème
On jouera d’la guitare quand même
C’est pas Madame qui commande après tout« …
Francis Cabrel – Madame n’aime pas – 2008 [album Des roses et des orties]
Ça ne date pas d’hier – Vu des collines

Cet article, ramenant à ma mémoire une expérience ancienne, m’a été inspiré par le dernier billet de l’excellent Nouratin qui évoquait les angoisses d’un « petit blanc » face à la détérioration des conditions de vie dans sa résidence HLM au début des années soixante-dix. Je tiens à rendre hommage à l’auteur de ce texte émouvant.
En septembre 1972 , de retour du Sénégal où j’avais 18 mois durant effectué mon Service National dans la coopération, j’eus l’honneur et l’avantage d’être nommé instituteur en classe de 3e Terminale Pratique au collège Pierre et Marie Curie de Dreux. Ce collège se trouvait dans le quartier des Chamards qui connut quelques années plus tard sinon son heure de gloire du moins la célébrité nationale en tant que quartier à problèmes au point que sa réputation lui valut par la suite d’être débaptisé . Au début des années1960, on y construisit une première tranche de 400 logements d’un certain standing pour y loger employés et cadres moyens…
En cet automne 1972, les choses avaient déjà commencé à changer. Je n’habitais pas les tours, m’étant vu offrir un petit logement au sein même du collège mais certains de mes collègues y logeaient. La répartition des logements y était organisée d’une main de fer par un homme dont les sympathies envers les « nouveaux venus » étaient plus que tièdes : les immigrés dans les petites tours, les Français dans les grandes. « Pour vivre heureux, vivons séparés », telle était sa devise. Moyennant quoi, la vie y était encore assez paisible. Il y avait même, en bas des grandes tours de petits commerces.
Qui étaient ces immigrés ? En plus des Portugais on y trouvait une large majorité de Marocains qu’on était allé chercher dans leur pays afin d’approvisionner en main d’œuvre bon marché les usines automobiles et électroniques locales ou plus ou moins proches. N’oublions pas qu’alors le plein emploi faisait rage. Bien que le regroupement familial n’ait pas encore été promulgué, les petites tours abritaient des familles. Ça se ressentait dans les effectifs scolaires.
La classe qui m’était confiée était disparate, n’ayant pour commun dénominateur que l’échec scolaire. Les Marocains y constituaient le groupe le plus important. Souvent débarqués du bled de fraîche date en ignorant tout du français, il n’y avait là rien d’étonnant. Venaient s’ajouter à eux deux portugais, un fils de harki (méprisé des autres pour son ignorance de l’arabe et sa traîtrise héritée), et quelques français dont un Juif à qui les musulmans n’oubliaient pas de rappeler sa religion.
Dire qu’encadrer ma petite équipe était une sinécure serait exagéré. J’y jouissais d’une liberté quasi-totale, vu que les programmes pour ce genre de classes-dépotoirs, totalement hétérogènes étaient pour le moins flous. Partisan que j’étais des techniques Freinet, j’organisai la classe sur le modèle coopératif, nous avions un journal qui regroupait textes libres et rubriques diverses que les élèves vendaient pour alimenter les fonds de la coopérative et nous permettaient d’acheter des fournitures pour les travaux manuels, chacun définissait son programme. La grande majorité des élèves, en dehors de leur retard scolaire, ne posaient aucun problème. Toutefois il arrivait que se produisent des incidents.
Un beau jour, suite à un échange en arabe, une Marocaine, élève d’ordinaire calme et docile , fut prise d’une rage folle envers un de ses compatriotes. S’emparant du compas de tableau, instrument en bois d’une bonne trentaine de centimètre et muni d’une pointe métallique, elle le projeta vers ce dernier, avant de commencer à lui lancer tout ce qui lui tombait sous la main. Pour mettre fin à ce déluge de projectiles je dus m’emparer d’une table et la plaquer contre un mur jusqu’à ce que sa rage se transforme en pleurs puis qu’elle se calme. Je ne réussis jamais à savoir ce qui avait pu engendré cette violence.
Parmi mes ouailles, il s’en trouvait un dont le comportement violent et l’indiscipline perturbaient souvent l’ambiance. Il provoquait des bagarres que je parvenais à calmer par des interventions musclées. Il avait un père que son comportement général inquiétait. Comme bien des immigrés de l’époque, il n’avait pas quitté son pays pour la France afin que ses enfants y devinssent des voyous. Aussi venait-il régulièrement s’enquérir de la conduite de son fils. Le problème était que ce père avait une conception de la discipline un peu, disons, archaïque : il était arrivé que pour punir son fils de son inconduite, il le batte jusqu’à ce qu’il reste sur le carreau. L’ayant appris, j’hésitais à signaler ses incartades au père.
Un autre cas était celui d’un autre élève marocain qui lui était à la limite de l’incontrôlable. Seul le fait qu’il me craignait (j’étais alors jeune et vigoureux) l’empêchait de sortir de la classe pour aller semer le trouble dans l’établissement. Il réussissait parfois à tromper ma vigilance et alors s’amusait, entre autres facéties à jeter les seaux d’eau des femmes de ménage dans les escaliers ou à perturber les cours d’autres classes. Un jour que nous revenions avec des collègues de prendre un café en ville après le déjeuner, il s’amusa à nous foncer dessus au guidon d’un cyclomoteur probablement « emprunté ». Notre chauffeur dut faire un écart pour éviter qu’il ne nous percute. Quelques années plus tard, j’appris qu’il se trouvait en prison pour avoir assommé à coup de poings avant de lui voler son portefeuille un automobiliste naïf qui lui avait demandé son chemin et auquel ce brave garçon avait proposé de l’accompagner jusqu’à bon port.
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La barbarie préférée des Français
Je vous parle du début des années 70. Et même, pour être précis, de 1971, ça nous remet loin pas vrai? Un demi-siècle bien sonné, une paille! Et à cette époque bénie, pure merveille, chacun faisait plus ou moins ce qu’il voulait, sauf empoisonner l’existence de ses contemporains -auquel cas on pouvait encore recourir à l’assistance de la force-publique- bref la vie se montrait douce, plaisante, accommodante et distrayante, pas tout à fait le paradis mais encore mieux, peut être, les contraintes bondieusardes en moins, pour tout vous dire, et les filles totalement désinhibées en plus. Vous trouvez que j’en rajoute, que j’enjolive, que je radote sur des souvenirs si anciens qu’on ne garde que les bons côtés, lesquels, à vingt-cinq ans, foisonnent évidemment…peut être, je ne sais pas… Et puis, à vrai dire, tout le monde n’en profitait pas forcément autant que votre serviteur, en cherchant bien on parvenait…
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