Comicus miserabilis

« Il fut un temps où l’esprit caustique se payait d’inconfort, de marginalité, voire d’exclusion. Lorsque Léon Bloy incendiait les tièdes, attendait « les cosaques et le saint Esprit », c’était du fond d’un clapier mal chauffé, le ventre souvent vide et les tripes à vif. La passe d’armes avait des enjeux cosmiques, il s’agissait de briser la « conspiration du silence », de faire valoir les droits du sacré.

L’animalcule gondolant, celui qui aujourd’hui prospère, est du genre dérisoire.

Il fait son trou dans le conformisme et l’assurance tous risques. Il cherche à réussir, à se faire une place au soleil médiatique. Il veut un emploi et des prestations sociales garanties. Il discute le contrat, c’est son bout de gras, il fréquente le monde et le fait savoir.

« Ni rire ni pleurer, mais comprendre », disait Spinoza. Notre propos est motivé par l’agacement de voir parader sans vergogne une cohorte de bouffons que leur petit talent destinait plutôt à l’animation de noces et banquets, mais devenus par une sorte de déficit culturel, ou « critique », les impertinents du moment, les nouveaux maîtres-penseurs. »

François L’YvonnetHomo comicus ou l’intégrisme de la rigolade (Éd. Mille et une nuits, p.22 et 23) – 2012

Surtout, pas d’amalgames !

En me baladant du côté du torchon gauchiste Huffington Post appartenant au groupe Le Monde (tiens… comme c’est étrange…) alors que je réalisais quelques recherches pour mon billet « Convictions solubles » àvenir, je suis tombé par hasard sur un article concernant un rassemblement de néo-nazis vers Perpignan.

Bizarrement, juste après l’article, une petite vidéo est proposée sur la « nébuleuse de l’extrême-droite » avec comme image fixe celle de Marine Le Pen et son père. Je ne suis pas un adepte de ce dernier et je ne suis pas encarté au front mais force est de constater qu’ils ne disent pas que des inepties !

HuffingtonPost Nazis FN

Je trouve vraiment curieux que les chantres du combat contre la stigmatisation et les amalgames soient les premiers à user des méthodes qu’ils condamnent en associant sur une même page du net « néo-nazis » et « front national » !

Pour de nombreux sujets, les gauchistes hurleront « surtout, pas d’amalgames !! » mais là, pour le parti honni… il n’y a aucun problème, le rapprochement est évident lorsque l’on est des adeptes inconditionnels des points Godwin comme Pierre Bergé (multimillionnaire pas forcément emballé par les 75% d’imposition pourtant a priori dans un logique égalitaire, principal actionnaire du Monde avec Xavier Niel de Free et Matthieu Pigasse des Inrockuptibles qui fut accessoirement patron d’Audrey Pulvar  et puissant soutien de Hollande et du PS durant la campagne présidentielles avec à la clé un mandat de conseil polémique, ancien propriétaire du magazine inverti Têtu racheté par un proche de Hollande, Jean-Jacques Augier, inverti notoire… comme quoi, la nébuleuse n’est pas toujours là où on la croit ou, en tous les cas, les liens sibyllins sont bien fortement ancrés à gauche !!) qui a déclaré vendredi 25 janvier 2016 sur BFM TV chez Ruth Elkrief que les opposants à la dénaturation du mariage et au droit à l’enfant représentaient « un humus antisémite, antigay » et d’enchaîner sans sourciller :« 
chacun a son bon pédé comme chacun a son bon juif »… (à partir de 2:04 sur la vidéo d’Alain Soral)

ou Christian Assaf (député PS) à propos des « triangles roses » lors d’une intervention à l’assemblée nationale le 30 janvier 2013 en faveur du mariage guignol (point Godwin sous-entendu avec cet antisémitisme nous rappelant nos HLPSDNH…)

« Plus on prendra de soin pour ravir aux hommes la liberté de la parole, plus obstinément ils résisteront, non pas les avides, les flatteurs et les autres hommes sans force morale, pour qui le salut suprême consiste à contempler des écus dans une cassette et à avoir le ventre trop rempli, mais ceux à qui une bonne éducation, la pureté des moeurs et la vertu donnent un peu de liberté.

Les hommes sont ainsi faits qu’ils ne supportent rien plus malaisément que de voir les opinions qu’ils croient vraies tenues pour criminelles (…) ; par où il arrive qu’ils en viennent à détester les lois, à tout oser contre les magistrats, à juger non pas honteux, mais très beau, d’émouvoir des séditions pour une telle cause et de tenter quelle entreprise violente que ce soit. Puis donc que telle est la nature humaine, il est évident que les lois concernant les opinions menacent non les criminels mais les hommes de caractère indépendant, qu’elles sont faites moins pour contenir les méchants que pour irriter les plus honnêtes, et qu’elles ne peuvent être maintenues en conséquence sans grand danger pour l’État. »

SpinozaTraité théologico-politique (1670)