Objectifs citadins

« Chacune de ces trop grandes et trop vivantes cités, créations de l’inquiétude, de l’avidité, de la volonté, combinées avec la figure locale du sol et la situation géographique, se conserve et s’accroît en attirant à soi ce qu’il y a de plus ambitieux, de plus remuant, de plus libre d’esprit, de plus raffiné dans les goûts, de plus vaniteux, de plus luxurieux et de plus lâche quant aux moeurs.

On vient aux grands centres pour avancer, pour triompher, pour s’élever; pour jouir, pour s’y consumer; pour s’y fondre et s’y métamorphoser; et en somme pour jouer, pour se trouver à la portée du plus grand nombre possible de chances et de proies, de femmes, places, clartés, relations, facilités diverses; pour attendre ou provoquer l’évènement favorable dans un milieu dense et chargé d’occasions, de circonstances, et comme riche d’imprévu, qui engendre à l’imagination toutes les promesses de l’incertain.

Chaque grande ville est une immense maison de jeux. »

Paul ValéryRegards sur le monde actuel (Éd. Gallimard, Coll. nrf, Paris, p. 120) – 1945 [1961]

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Hommage à Suzon

Bon, je ne la connaissais pas mais j’ai pensé à elle cette semaine plusieurs fois en entendant cette chanson, après avoir appris sa disparition le week-end dernier.

J’ai appris qu’elle s’appelait Suzon et qu’elle était la maman de Corto.

Et même si je n’ai rencontré Corto qu’une fois, nos très nombreux points d’accord sur nos visions de la France, du monde et de la vie font que je l’apprécie et donc que je partage sa tristesse actuelle.

Cette interprétation d’une vieille chanson populaire m’accompagne très régulièrement et j’ai trouvé qu’elle seyait bien en cette funeste occasion.

 

« Till the end of time
Long as stars are in the blue
Long as there’s a spring, a bird to sing
I’ll go on loving you… »

Perry Como – Till the end of time – 1945