Vaine utopie idiote

« La race humaine est une fois pour toutes et par nature vouée à la souffrance et à la ruine; quand bien même par le secoue de l’État et de l’histoire on pourrait remédier à l’injustice et à la misère au point que la terre devienne une sorte de pays de cocagne , les hommes en arriveraient à s’entre-quereller par ennui, à se précipiter les uns sur les autres, ou bien l’excès de la population amènerait la famine et celle-ci les détruirait. »

Arthur SchopenhauerDouleurs du monde, Pensées et fragments (Petite Bibliothèque Rivages, p. 199) – 1990 [1880, Éd. Félix Alcan]

Despotisme éclairé

« La seule solution du problème politique et social serait le despotisme des sages et des nobles, d’une aristocratie pure et vraie, obtenue au moyen de la génération par l’union des hommes aux sentiments les plus généreux avec les femmes les plus intelligentes et les plus fines.

Cette proposition est mon utopie et ma république de Platon »

Arthur SchopenhauerDouleurs du monde, Pensées et fragments (Petite Bibliothèque Rivages, p. 200 et 201) – 1990 [1880, Éd. Félix Alcan]

Singularité cordicole

« L’homme n’a qu’un désir absolu, conserver son existence, s’affranchir de toute douleur, même de toute privation; ce qu’il veut, c’est la plus grande somme possible de bien-être, c’est la possession de toutes les jouissances qu’il est capable d’imaginer, et qu’il s’ingénie à varier et à développer sans cesse. Tout obstacle qui se dresse entre son égoïsme et ses convoitises excite son humeur, sa colère, sa haine : c’est un ennemi qu’il faut écraser. »

Arthur SchopenhauerDouleurs du monde (Pensées et fragments, Petite Bibliothèque Rivages, p. 158 et 159) – 1990 [1885]

« La tolérance que l’on remarque et que l’on loue souvent chez les grands hommes n’est toujours que le résultat du plus grand mépris pour les autres hommes : un grand esprit tout à fait pénétré de ce mépris cesse de considérer les hommes comme ses semblables, et d’exiger d’eux ce que l’on exige de ses semblables. Il est aussi tolérant à leur égard qu’à l’égard des animaux… »

Arthur Schopenhauer – Douleurs du monde (Pensées et fragments, Petite Bibliothèque Rivages) – 1990 [1885]