Fatalité scientifique

 » Plongeons plus avant dans l’avenir. Un jour viendra, tout semble le dire, où, de progrès en progrès, l’homme succombera, tué par l’excès de ce qu’il appelle la civilisation. Trop ardent à faire le dieu, il ne peut espérer la placide longévité de la bête; […].  »

Jean-Henri FabreSouvenirs entomologiques, études sur l’instinct et les moeurs des insectes (Éd. Delagrave, Paris, Série VI, p.203) – 1900

Dissolution progressiste

« Notre siècle ne croit plus à l’individu, au citoyen isolé, à l’homme, en un mot. Il ne croit plus qu’aux forces ou masses collectives, qu’elles soient nationales, militaires, industrielles, financières ou électives.

La force de l’antiquité, suivant la remarque profonde de Michelet, tenait à cette croyance que l’homme fait son destin lui-même; aujourd’hui l’homme diminue et s’efface n’ayant pas de force et d’action que par le groupe, l’association auxquels il appartient et dont il n’est plus qu’un rouage ou un atome.

Le progrès organise ainsi lentement, mais sûrement, des despotismes d’un nouveau genre, dont l’avenir seul pourra mesurer l’étendue et connaître la pesanteur. »

Achille TournierPensées d’automne (Éd. Paul Ollendorff Paris, p.197 et 198) – 1896