Névrose cordicole

« L’acte homosexuel n’est pas un acte sexuel. Il se fonde sur le reniement de la sexualité réelle et constitue le déjouement symbolique d’un besoin d’amour par le moyen du sexe. Une personne vraiment sexuelle est hétérosexuelle. (…) sans son partenaire,  il (l’homosexuel) est plongé dans la souffrance qui est toujours présente mais qui est drainée par l’activité sexuelle. Le but recherché n’est cependant pas le sexe, c’est l’amour.

En règle générale, l’homosexuel est le plus tendu de tous les névrosés, car c’est lui qui a été obligé de se séparer le plus profondément de son moi réel. La tension peut le pousser à boire, à se droguer, ou à une activité sexuelle compulsive, sans que ces exutoires lui suffisent.

(…) Je qualifierai d’homosexualité tout acte qui est vécu comme s’il était pratiqué par deux personnes du même sexe. Si  un homme fait l’amour avec une femme tout en étant complètement absorbé par des fantasmes concernant des hommes, il vit d’après moi une expérience homosexuelle.

(…) Beaucoup d’homosexuels semblent ne pas comprendre quelque chose qui est pourtant évident : le fait qu’ils sont en quête de substituts. Beaucoup font l’apologie de l’amour homosexuel et le considèrent comme le seul amour véritable, en citant l’exemple des Grecs pour appuyer leur théorie. Mais c’est un amour irréel fait par des personnes irréelles. Si l’homosexuel poursuit sa quête sexuelle avec un acharnement si intense, c’est qu’il a besoin de se sentir enfin aimé et de mettre un terme à la tension qui le ronge.

(…) des amants homosexuels se satisfont de façon symbolique et non réelle. Généralement, ils cherchent à obtenir l’un de l’autre, l’amour du père.

(…) Je crois qu’il est essentiel de considérer les déviations sexuelles comme faisant partie d’une névrose totale, et non comme un comportement spécial et bizarre, détaché de la personnalité dans son ensemble. Mais je ne crois pas que l’on ait besoin d’un spécialiste de l’homosexualité pour soigner le sujet, pas plus que l’on a besoin d’un spécialiste pour traiter les autres fuites devant la souffrance.

Il ne s’agit pas, pour soigner l’homosexualité, de donner au sujet un comportement d’homme ou de femme. Il s’agit, à mon avis, de provoquer un comportement réel.

(…) Pour ma part, je ne considère pas que l’homosexualité soit différente de n’importe qu’elle autre forme de névrose, sauf par le degré pathologique. Ce qui veut dire que si l’on est capable de guérir une névrose, on devrait être capable de les guérir toutes. »

 

Dr Arthur JanovLe cri primal (Champs, éd. Flammarion) – 1970