Absurdité cordicole

Montage Larguons les DOM TOM

Depuis longtemps, le sort des DOM-TOM m’a toujours interpelé. Déjà, lors des évènements de la prise d’otages d’Ouvéa en 1988 par les indépendantistes kanak du FLNKS, je m’interrogeais sur notre légitimité à posséder une terre d’Océanie à plus de 17 000 km de chez nous alors qu’en juillet 1962, nous avions cédé  à juste titre l’Algérie à son destin autonome. Comment peut-on considérer comme français ou occidental un peuple bien plus proche des Papous de Nouvelle-Guinée (chasseurs-cueilleurs, étuis péniens,…) que de notre peuple européen ?

Bien entendu, les intérêts stratégiques (base militaire dans le pacifique) et économiques (ressources minières et agricoles) sont nombreux pour expliquer la persistance de ce rattachement mais n’est-il pas totalement absurde de voir les habitants de cette lointaine contrée voter pour les élections européennes 2014 ??!!!…

La Réunion qui est à 9300 km au Sud-Est de la France, dans l’océans Indien, ou Mayotte (récemment 101ème département français !!…), juste au-dessus de Madagascar, où l’on parle plus le bantoue ou le malgache que le français, peuvent-elles légitimement être considérées comme européennes ??…

Tout comme les îles des Caraïbes et la Guyane, ces peuples furent certes colonisés mais ils n’ont rien d’européens, ni de français.

Soyons sérieux !

Il n’y a aucun repli sur soi mais juste un constat du réel et, au contraire, un formidable élan pour une reconnaissance de la diversité du monde, pour l’indépendance des nations et des peuples, et un éloge des frontières et des cultures d’ailleurs !

Il faut être logique, cohérent avec notre combat contre le grand remplacement (la diversité raciale n’est pas un problème tant qu’un seuil raisonnable en terme de quantité des minorités n’est pas dépassé et tant que ces minorités adoptent les us et coutumes de leurs hôtes !).

Nous ne pouvons pas être soucieux de lutter contre ce remplacement de populations si, en même temps, nous considérons les populations des DOM-TOM comme françaises et européennes alors qu’elles sont identiques à celles qui arrivent en masse sur nos terres.

Bref, je suis tombé là-dessus.

J’ai du mal à saisir la position de certains patriotes comme ceux du FN qui veulent conserver ces territoires… mais là n’est pas le sujet de l’article ci-après.

Il s’agit d’un point de vue intéressant sur une question qui mérite une réponse rapide et efficace, notamment lorsque l’on constate les dépendances financières de ces régions à la France et leurs impressionnants taux de chômage (chômeurs à notre charge).

 

Larguons les Dom-Tom !

par Alfred MONTROSE, Réfléchir & Agir n°16 – Hiver 2003

Tout aurait dû faire de moi un de ces post-colonialistes plus ou moins honteux à la Le Pen ou à la Chevènement qui, sous couvert de préférence nationale pour l’un, d’intégration républicaine pour l’autre, sont les plus fidèles propagandistes du maintien abusif de la France dans ces terres non européennes.

La France doit, le plus vite possible, et à n’importe quel prix, larguer les DOM TOM.

Face à un monde asiatique en expansion démographique galopante, face à une Amérique qui a cessé, de fait, et depuis longtemps, d’appartenir à la même sphère ethno-culturelle que l’Europe (même si les apparences des USA et du Canada peuvent faire croire aux racistes primaires qu’il s’agit encore du « monde blanc »), la seule chance pour le peuple français d’exister encore en tant que peuple dans quelques décennies est de recentrer son énergie, toute son énergie, sur l’unique combat digne de son grand passé : la construction d’une Europe des peuples européens de Reykjavik à Vladivostok.

Et cela au lieu de perdre son temps et son argent à vouloir demeurer là où elle n’a que faire désormais. Il pouvait être admissible d’être présent sur les cinq continents il y a un siècle ou deux, quand l’Europe dominait le monde sans conteste et que les rivalités entre les nations européennes guidaient la politique internationale. Pourtant, dès cette époque, les esprits les plus lucides ont toujours vu dans les entreprises coloniales une dangereuse perdition des forces européennes. Le Prince Impérial tombant face aux Zoulous sans aucun profit pour la France ni pour l’Europe n’en est que la triste image d’Epinal. Il est intolérable aujourd’hui où l’Europe ne représente même plus 10 % de la population mondiale d’entretenir une politique post-coloniale qui n’a même pas pour excuse le messianisme de nos valeurs.

Larguons les Dom-Tom ! Qu’avons-nous à y perdre ? Pas grand-chose.

Sans doute une présence française régulière sur les podiums du 100 mètres des championnats d’Europe en pâtira-t-elle. Sans les Antillais, l’équipe de France risque, si j’ose dire, de faire pâle figure. Mais à ce compte, la Grande-Bretagne aurait pu faire du Kenya un comté de l’Angleterre au lieu de lui accorder l’indépendance, et elle serait régulièrement championne d’Europe de marathon ! Ca ne serait pas plus bouffon.

Et nos vacances, y pensez-vous ? Où bronzer idiot si les Antilles françaises font sécession ? Là où l’on va déjà : le capitalisme apatride sous sa forme hôtelière a bien compris que les DOM sont dorénavant trop des destinations trop chères (du fait, par exemple, des lois sociales françaises) ou trop risquées (du fait des mouvements indépendantistes capables de paralyser une île entière avec 25 militants) : le groupe Accor quitte la Guadeloupe. Mais rassurons-nous : d’autres paradis cocotiers exotiques existent non loin, où il est plus facile pour la canaille capitaliste d’exploiter sans vergogne la main d’œuvre locale, la République Dominicaine, par exemple, très à la mode ces temps ci chez les tour operators.

Plus sérieusement, il ne s’agit pas de faire le procès des Antillais, souvent fort sympathiques, mais seulement de constater que ces non Européens doivent trouver d’autres voies de développement que le soutien à bout de bras d’une Métropole qui n’a pas besoin d’eux.

Il en va de même pour la Réunion, modèle, si l’on peut dire, de juxtaposition ou de confusion ethniques. Mais après tout, les Mauriciens leurs voisins ne se débrouillent pas si mal que ça. Les deux îles principales des Mascareignes sont très différentes, et pas seulement du fait de leurs héritages coloniaux respectifs. Mais pourquoi croire que les Réunionais seraient moins capables que leurs voisins ?

Le cas de la Guyane est le plus intéressant. Certes, Choiseul à la Vème République, la France a durablement montré son incapacité a remplir le « département » vide, grand comme le Portugal mais cent fois moins peuplé que lui, et où les clandestins son maintenant aussi nombreux que les habitants réguliers. Aujourd’hui la base de Kourou est le seul apport incontestable, non seulement à la France, mais à travers elle à l’Europe spatiale toute entière, de notre outre-mer. Cela veut-il dire pour autant qu’il faille garder l’actuel statut départemental ? Pas forcément. Contre toute logique, du fait du (scandaleux) respect par Eltsine des (ineptes) frontières intérieures de l’URSS (tracées par Staline) lors de l’éclatement de celle-ci, les Russes ont bien abandonné au Kazakhstan la base de Baïkonour qu’ils ont pourtant construite de toutes pièces. Bien sûr, il leur faut aujourd’hui payer pour l’utiliser, mais ils l’utilisent comme bon leur semble, et demain si nous savons faire la grande Europe, il faudra bien remettre en question la délimitation territoriale du Kazakhstan et récupérer Baïkonour, non point pour la Russie, mais pour l’Europe entière. En attendant, trouvons des solutions pratiques pour conserver le contrôle de Kourou et poursuivons les recherches sur les lancements à partir de plates formes maritimes…

L’article dans son intégralité ici.

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