Bétail égocentrique abâtardi

« Cette adultération de nos peuples a produit, comme il a été expliqué plus haut, un double résultat : elle a atteint la vie et la pensée de nos nations, elle a atteint aussi notre vie et notre pensée en tant qu’individus.

Nos nations, en tant que nations, sont frappées de paralysie et d’impuissance; mais individuellement, chacun de nous est soumis à un déracinement, à un abâtardissement, à un métissage moral qui a pour but de faire de nous un bétail docile tenu par ses vices, ses besoins, ses habitudes, ses rêves.

La pensée étrangère a fait sur nous en tant que nation ce que l’invasion n’avait jamais réussi; l’infiltration est en train de faire de nous un peuple sans visage, une race nouvelle interchangeable, incolore, insipide, matière première idéale pour un gouvernement mondial de conquérants sans gloire, sans nom et sans patrie. »

Maurice BardècheLes Temps modernes (Éd. des Sept Couleurs, p. 177 et 178) – 1956