Décadence et régression apparente

« Aujourd’hui, beaucoup d’Intellectuels trouvent avantageux pour leurs intérêts de présenter des apologies de la démocratie; ils ont été habitués, grâce à leur éducation classique, à regarder l’histoire comme une sorte d’épopée; ils s’ingénient, en conséquence, à imaginer des sophismes propres à démontrer que la médiocrité démocratique engendre la grandeur sociale.

Nous avons rencontré au cours de cette étude, un des plus effrontés de ces sophismes, celui de la loi de régression apparente; on prétend, grâce à elle, transformer les plongeons dans la décadence en un vol hardi vers les sommets les plus élevés que peut désirer l’esprit. »

Georges SorelLes Illusions du Progrès, études sur le devenir social (Librairie Marcel Rivière et Cie, Paris, p.334) – 1947

Réalisme réac

« La démocratie repose sur l’existence d’une solide hiérarchie; il faut à l’oligarchie de gros arrivistes, une troupe ardente de bas-officiers qui ne cesse de travailler dans l’intérêt de ses chefs et qui retire peu de profit matériel de son activité; il faut tenir en haleine cette sorte de petite noblesse, en lui prodiguant des marques de sympathie, en excitant chez elle des sentiments d’honneur, en lui parlant un langage idéaliste. La grandeur du pays, la domination des forces naturelles par la science, la marche de l’humanité vers la lumière, voilà les balivernes qui se retrouvent à tout instant chez nous, dans les discours des orateurs démocratiques. »

Georges SorelLes illusions du progrès (Études sur le devenir social, Librairie Marcel Rivière et Cie, Paris, 5e édition, p.265) – 1947 [1908]