Le code

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Un petit coup de projecteur sur un de mes regrets de jeunesse lorsqu’au lieu de tenter une aventure de 5 ans (ce qui n’est rien dans une vie !) afin de vivre une expérience que je souhaitais tester (j’ai toujours été très sportif, à la recherche du défi physique, du combat ce que je retrouvais dans la boxe et le rugby), j’ai plutôt suivi les injonctions de mes parents qui, à l’époque, m’avaient tout simplement interdit de me rendre à Aubagne, en me demandant de choisir entre eux ou la Légion (mon père m’envoyant les clés de la maison en pleine figure !)… mon choix fut vite fait.

En même temps, après mon échec au concours de médecine, cette menace parentale entraîna mon inscription à l’université et me permit d’être diplômé de la faculté des sciences de Montpellier où j’eus la chance de rencontrer ma future femme et mère de mes trois trésors.

Mais trêve de confidences, bien qu’elles expliquent la genèse de ce billet, et passons à l’objet réel de celui-ci.

Il y a quelques semaines, je me trouvais dans le bureau d’un collègue fraîchement débarqué en Lozère et quelle ne fut pas ma surprise, agréable bien entendu, de constater la présence d’un képi blanc sur le bureau ainsi qu’un sapeur miniature (le même que celui qui veille sur moi sur une étagère de mon bureau, aux côté de l’icône russe de Saint-Mickaël).

Il y avait aussi accroché au mur un cadre avec le code d’honneur du légionnaire que je pris en photo sur le champ (le bureau du collègue se reflète en bas en droite…).

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Quel code !

Une succession de règles qui me vont comme un gant si vous remplacer légionnaire par joueur de rugby. Par contre, en mettant patriote à sa place, l’article 2 a besoin d’un cadre plus restrictif car alors, on ne parle plus d’une simple troupe de soldats ou d’une quelconque équipe de rugby, on évoque la notion de peuple, d’individus inféodés à un territoire, à une culture typique or tout cela est étroitement lié à des spécificités raciales, religieuses historiques et culturelles locales.

Mis à part cela, tous ces articles résonnent fortement en moi car ils soulignent des principes qui sont devenus miens au fur et à mesure que le temps est passé, notamment les articles 3, 4 et 6.

C’est ce dernier qui fut un bref sujet de discussion lorsque mon collègue m’apprit que l’article 6 avait été modifié au début des années 2000 pour être politiquement plus correct, « plus au goût du jour » (cf. l’article ci-après de Libération du 11 novembre 2000 de Jean-Dominique Merchet).

Pour moi, cet article qui fait immédiatement référence à la notion de sacrifice ne méritait absolument pas de retouche.

article Libé 11-11-2000

Pour le journaliste gauchiste, modifier ce code a été source a priori de grande satisfaction puisque la Tradition a pu être secouée, transformée mais, avec regret, il constatait tout de même que « les gardiens de la tradition » avaient réussi à conserver (assurément un gros mot ce « conserver »…) l’idée principale de l’article 6 : « et, si besoin, au péril de ta vie ».

Finalement, lorsque l’on va sur le site de la Légion étrangère aujourd’hui, on se rend compte que cet article a de nouveau subi une modification, le rendant moins conforme aux exigences du camp du bien (cf. capture d’écran ci-dessous).

Code d'honneur Légion actuel.jpg

Pour terminer et pour en revenir à la figurine dont je parlais en début de billet, voici le fameux pionnier du 6ème régiment défilant au pas le 14 juillet que je me suis procuré en achetant le premier numéro de la collection Hachette ci-dessous il y a douze ans, en 2004.

Ce sapeur, depuis, n’a plus quitté mon bureau.legion-revue

IMG_6889

10 réflexions sur “Le code

  1. Bonjour,
    Croire à ne pas croire, c’est toujours croire, alors autant se choisir une croyance et la suivre jusqu’au bout pour ne pas se poser de question. des questions du genre, est-ce que la France existe encore ? qu’il ne reste plus qu’un attroupement dirigé par des politiques corrompus détruisant ames et biens ? est-ce que la recherche existe encore ? qu’il reste plus qu’une bande de rentiers, s’autoproclamant en famille ? …
    Cordialement

    1. Bonjour temps qui passe…
      des questions, il faut s’en poser même si l’on a de nombreuses convictions (ce qui exaspèrerait ce cher Cioran…).
      D’ailleurs, les questions que vous énoncez sont excellentes et bien tournées !
      Elles ont une réponse : le populisme patriote et réactionnaire défendant la civilisation européenne.
      Cordialement.

  2. Je ne suis pas d’accord avec vous sur l’article 2. La Grandeur de la Légion, son Honneur, c’est justement d’unir sous un même drapeau, le drapeau Français, des gens venus d’horizons parfois très différent qui se retrouvent, se réunissent et s’unissent pour défendre la France et les Français en dehors de considérations raciales, ethniques ou religieuses.

    Contrairement à ce que vous dites, la notion de peuple n’est pas évoquée et c’est justement la que c’est intéressant et Grand : les légionnaires, dont certains ne sont pas français, ni de culture, ni de papier, s’unissent et risquent leur vie pour défendre le peuple français.

    Ce que je trouve immensément respectable c’est que des gens qui ne soient pas de « mon peuple » soient près à mourir pour lui.

    1. Soit vous m’avez mal compris, soit je me suis mal exprimé… je suis entièrement d’accord avec tout ce que vous venez d’écrire mais mes réserves sur ce second article ne concernaient pas la Légion !
      J’écris que si je veux transposer ce code au niveau d’un peuple, en remplaçant dans le texte « légionnaire » par « patriote » alors, pour moi, cet article doit être quelque peu modifié, au contraire de tous les autres qui font toujours sens malgré le changement de sujet.
      Je vais me relire mais il me semblait avoir été explicite… vous me faites douter…

  3. Le livre sur lequel repose la statuette du légionnaire n’est pas de bon aloi. La culture de l’égoïsme cadre mal avec la camaraderie légendaire de ces militaires. Attention aux photos trompeuses.

    1. Bonjour Martin et bienvenu chez moi.
      Tout d’abord, le livre sur lequel repose le soldat miniature est « Aveuglantes Lumières » de Régis Debray dans lequel l’auteur reproche aux philosophes de cette époque d’avoir évacué le « nous » au profit d’une conscience individuelle (cf. John Locke) ouvrant la voie à l’individualisme.
      Cet ouvrage va donc dans « l’esprit de la Légion »…
      Celui qui est juste en dessous, et auquel vous faites référence, « La culture de l’égoïsme » est justement une critique de la modernité et de la perte des liens de communauté et de la réduction de chaque individu « au noyau vide de leur être privé ».
      Cet ouvrage va lui aussi dans le sens de « l’esprit de la légion ».
      Donc mon cher, avant de vouloir tenter de prendre à revers ou de coincer le tenancier de cet établissement, essayer de vous renseigner sur les oeuvres que vous désignez comme étant « trompeuses » car elles sont loin de l’être (à l’occasion tourner 7 fois votre cortex sur lui-même avant de taper sur le clavier une telle erreur de jugement…).
      Et même, s’il y avait un ouvrage en contradiction avec le symbole de ce sapeur… et alors ? le propre d’une bibliothèque n’est-il pas de contenir des ouvrages divers et variés qui ne vont pas forcément dans le sens de pensée de son propriétaire ??!!!… (j’ai du Badiou, de l’Attali, du Val,… que je déteste).
      Enfin, le trophée qui est derrière suffit à lui seul pour illustrer ce que représente cette statuette.
      Ayant croiser quelques fois et bu des bières avec ces combattants, je suis bien au fait de leur légendaire camaraderie, aussi légendaire que celle des rugbymen (après 20 ans de Languedoc, je sais de quoi il en retourne sans idéaliser quoi que ce soit).

      p.s. : cette photo est un véritable instantané d’une partie de ma bibliothèque à gauche de mon bureau.
      Sous « La culture de l’égoïsme », il y a « La décomposition des nations européennes » de Pierre Hillard que je vous conseille vivement.

      1. Ne soyez pas courroucé il s’agissait d’un clin d’œil mal compris je constate. Bonne lecture et merci pour les propositions de lecture.

      2. C’est finalement ce que je déteste avec internet et les messages virtuels impersonnels !
        Rien ne vaut le contact réel d’une discussion ou d’échanges moqueurs en direct afin de voir les expressions de son interlocuteur et ainsi apprécier s’il s’agit de lard ou de cochon.
        Ceci dit ma mise au point profitera aux quelques égarés qui viennent se perdre ici…

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