Éloge de l’autorité

Sur Atlantico, le 19 mars 2014,  Michel Erman évoque, à propos de cette stupidité de « présidence normale », le dernier ouvrage du professeur émérite de philosophie (Paris X) Robert Damien, « Éloge de l’autorité : Généalogie d’une (dé) raison politique », paru chez Armand Colin.

couverture Éloge de l'autorité

« La notion d’autorité serait-elle devenue un archaïsme dans nos catégories politiques d’individus postmodernes ?

Quand on se rappelle un de Gaulle incarnant le chef avec ses qualités de prudence et d’audace ou un Mitterrand ne négligeant pas la posture de père de la Nation, comment ne pas broncher sur le « président normal » – oxymore calamiteux destiné à amoindrir la notion de pouvoir – et se demander si, en politique, la figure de l’autorité n’est pas passée de la volonté de servir en commandant à la nécessité de diriger en (com) plaisant. Ou comment faire croire qu’entre gouvernants et gouvernés règnerait une innocente égalité plutôt qu’une altérité médiatisée par les institutions !

Sans compter que l’Europe des marchés et la mondialisation dépouillent en partie ladite autorité de ce qui fait ses vertus : l’action sur le réel et l’exercice de la puissance. Soyons un rien irrévérencieux, aujourd’hui celle-ci ne se manifesterait-elle pas plus souvent dans le pouvoir de nomination que dans le pouvoir de décision… » Dans son Éloge de l’autorité, le philosophe Robert Damien rappelle que cette dernière s’autorise moins de la force que du symbolique et de l’éthique.

L’autorité permet l’exercice d’un pouvoir qu’elle transcende, lui donnant ainsi sa légitimité dans la société démocratique où il s’agit non d’ordonner mais de convaincre. Avec cette réserve qu’elle risque toujours de paraître soit excessive soit insuffisante. C’est précisément cette légitimité et ses nombreuses défiances que le livre interroge en relisant Machiavel, Tocqueville ou Bachelard. La démocratie est indissociable d’un idéal antiautoritaire, mais les citoyens manifestent toujours peu ou prou le besoin d’être « conduits », comme le disait Tocqueville. Ils attendent d’un chef de l’exécutif qu’il soit un meneur, et ils font parfois de lui leur idéal du moi.

Comment concilier ces idéaux sans y voir le culte du désordre et celui de la servitude ? Certains répondront qu’il faut substituer à la verticalité du pouvoir et au spectre de la loi une horizontalité des délibérations et des décisions, il s’agit plus ou moins de la fameuse démocratie participative.

En contrepoint, Robert Damien réhabilite le conflit en démocratie : en suivant Machiavel, il soutient que les individus entrent en compétition pour échapper à la domination et, dans le même temps, se perfectionner, de là naît une hiérarchie juste. Si la thèse est classique, ce qui l’est moins est de faire de la règle du jeu et de l’esprit d’équipe le modèle du contrat social puis de l’entraîneur sportif celui du chef politique incarnant l’autorité. On lira à ce propos les belles pages que l’auteur consacre au rugby et dans lesquelles il rend à l’autorité acceptée son sens étymologique d’augmentation de soi. Entre la méditation et le traité, cet ouvrage, exigeant, peut se lire comme un miroir tout à la fois des princes et des citoyens. »

Baratin carnavalesque

Extrait du Figaro d’hier…

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En visite à Moscou, le premier ministre français a défendu, dans une interview, une réforme très critiquée par les dirigeants russes et fait valoir que «l’amitié» franco-russe «autorise aussi la franchise».

Quel baltringue ! La véritable franchise aurait été de tenir ces propos en face de Medvedev ou de Poutine ! Mais peut-on attendre autre chose d’un homme aussi charismatique et dégageant autant de force de caractère qu’un gloubiboulga raté dégoulinant du bol de casimir ??…

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Dans une interview au quotidien russe Kommersant parue ce jeudi, Ayrault évoque quelques-unes de ces «différences», objets de friction entre la France et la Russie. Il défend notamment une réforme très critiquée par les dirigeants russes, celle du mariage et de l’adoption par des couples homosexuels. Rappelant «les tensions» qu’avait suscités en leur temps la légalisation de l’avortement et l’abolition de la peine de mort, le chef du gouvernement français estime que «la France est un pays de débats où toutes les réformes de société sont âprement discutées».

Parlons-en du débat !!… Quel débat y a-t-il eu ??…

Entre les consultations trop peu nombreuses et trop brèves des représentants de ceux contre cette mascarade célébrant des paires d’invertiségalité pour tout, et la propagande incessante des média en grande majorité favorable à ce projet funeste pour la famille (comment en pourrait-il être autrement pour ce conglomérat de déviants, de déboussolés, de drogués,… aux vies souvent dissolues), si l’on peut parler de débat alors il a été tronqué et réduit à sa portion congrue.

Rappelons-nous l’anecdote de la censure du débat contradictoire prévu par Benoît Duquesne tellement révélatrice de cette volonté d’imposer une réforme inutile et scandaleusement décadente, véritable symbole de notre perte de repères, de limites au nom d’une tolérance défendue becs et ongles par tous les tordus souhaitant être tolérés.

«Mais, ajoute-t-il, le génie de la France, c’est aussi d’être capable de surmonter ses propres divisions pour faire avancer les grandes causes, comme celle de l’égalité».

Il n’y a rien de génial à surmonter des divisions aussi marquées et durables, provoquées par ceux à l’origine de la polémique, en ayant la majorité au parlement et au sénat !!!…

Et si l’égalité est une grande cause, on comprend mieux les conséquences mortifères pour notre civilisation de toutes les gesticulations politiques des gauchistes. Cette obsession égalitariste est un cul-de-sac obscur où s’accumuleront et se bousculeront un relativisme destructeur et une imbécilité exponentielle.

Non, l’égalité n’est pas une grande cause, elle n’est qu’une volonté électoraliste afin de céder aux caprices des individualismes les plus exacerbés en nivelant la société vers le bas. L’effrayante horizontalité voulue par une élite décadente dénoncée par Richard Millet (et d’autres) : « Nous sommes entrés dans un monde post-démocratique, que j’appelle aussi monde horizontal, lequel se caractérise par le renoncement à toutes les valeurs de la verticalité. La fatigue du sens est un des attributs de l’horizontalité ; elle affecte l’ensemble des valeurs de l’Occident, élevant le plus souvent la non-valeur au rang de valeur nouvelle et définitive, au sein d’une lassitude générale qui est un aveuglement collectif et le triomphe d’un narcissisme qui, dans sa dilatation mondialisée, rencontre sans cesse la figure de l’autre, de l’étranger, de l’immigré devenu la figure même de l’innocence ».

Cette autosatisfaction niaise de cette triple buse de premier ministricule, à défaut de se battre pour le triple A français, est une nouvelle démonstration de l’état délabré de son cerveau, juste capable de restituer les éléments de langage fourni par les divers lobbies tirant les ficelles d’un pouvoir aux ordres.

À la tête d’un gouvernement de merde, on ne pouvait espérer mieux ! C’est pas moi qui le dit…

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L’égalité, une grande cause…. dire des conneries aussi monumentales paraît impensable… mais si, c’est possible avec l’Ayrault « in » ! (bon, il est tard, bonne nuit les petits…)

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Un grand merci à Ray Choquell pour son blog politiquement incorrect qui regorge de montages souvent très réussis comme celui ci-dessus ! Allez lui rendre visite, histoire de décoincer les zygomatiques en ces temps troublés…